CE41 - Inégalités, discriminations, migrations

Fragmentation financière et inégalités dans la zone euro – FFIE

Résumé de soumission

La zone euro connaît une croissance des inégalités économiques depuis plusieurs décennies, au sein et entre les pays qui la composent, qui risquent de s’aggraver avec la crise du Covid19. La segmentation financière et bancaire qui crée une différenciation dans les opportunités de financement entre les pays, et parmi les ménages et les entreprises contribue à cette dynamique. L'objectif principal de cette proposition est donc d'étudier les liens entre la fragmentation bancaire et financière et la distribution des revenus et de la richesse dans la zone euro en tenant compte des politiques menées par la Banque Centrale Européenne. La prise en compte de l’hétérogénéité des agents et de la granularité des marchés financiers permet non seulement de reconsidérer et de décomposer les canaux de transmission des chocs monétaires et financiers, mais aussi de prendre en compte l’accès différencié aux financements, sous l’angle de la distribution des revenus et des richesses. Pour cela, un intérêt particulier doit être accordé aux agents situés à l’extrémité basse de la distribution des revenus tout en distinguant les financements indirects, via le système bancaire, et les financements directs sur les marchés financiers.
Dans un premier temps, il s’agira d’évaluer dans quelle mesure la fragmentation bancaire contribue à l’aggravation des inégalités de revenu par le jeu de la différenciation touchant la dynamique de l'offre de crédit, des taux d'intérêt et des prises de risque. L’objectif est de définir les conditions nécessaires, à court-terme, permettant aux politiques monétaires « non conventionnelles » de promouvoir une distribution du crédit moins inégalitaire. Il en sera de même avec les politiques macro-prudentielles, à plus long terme, ce qui permettra de réexaminer le débat sur l’incomplétude de l’union bancaire, non plus seulement en termes de stabilité financière mais en considérant aussi les conditions d’accès au crédit des plus pauvres. Sur un plan normatif, cette analyse sera complétée par une reconsidération des objectifs de la BCE. Nous verrons que la prise en compte des inégalités peut non seulement permettre la résorption de l’output gap et la réduction des écarts de revenus et de richesse mais aussi de stabiliser le cycle financier.
Dans un second temps, la responsabilité de la dynamique des marchés d’obligations et d’actions dans la distribution des revenus et des richesses sera examinée. Après une redéfinition théorique des canaux de transmission sur l’investissement et les structures de portefeuilles, le rôle du « canal de la liquidité » sera reconsidéré en tenant compte de l’hétérogénéité des agents. L’impact redistributif de la politique de « quantitative easing » sera confronté à la réalité d’un marché obligataire européen fragmenté pouvant contrarier les effets positifs attendus. On testera également l’hypothèse selon laquelle le degré de granularité des marchés boursiers et le degré de concentration de la richesse, au sein de quelques sociétés cotées ou dans certains sous-segments du marché, influencent les opportunités d'accès aux financements directs. Cela reviendra à évaluer le lien entre le coût du capital, inégal entre les pays et les entreprises, et la dispersion des revenus et des richesses. L’objectif sera alors de fournir de nouvelles conclusions au sujet des principaux déterminants d'un cercle vertueux entre les marchés financiers et la réduction des inégalités.
Ainsi, ce projet de recherche vise à montrer qu’une intégration financière et bancaire régionale complète peut contribuer à une Europe plus juste et que la BCE peut jouer un rôle déterminant, au-delà de la stabilité monétaire et financière, dans la réduction des inégalités.

Coordination du projet

Céline Gimet (Aix-Marseille School of Economics)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

Département de finance, assurance et immobilier, Université Laval
AMSE Aix-Marseille School of Economics

Aide de l'ANR 346 441 euros
Début et durée du projet scientifique : janvier 2022 - 48 Mois

Liens utiles

Explorez notre base de projets financés

 

 

L’ANR met à disposition ses jeux de données sur les projets, cliquez ici pour en savoir plus.

Inscrivez-vous à notre newsletter
pour recevoir nos actualités
S'inscrire à notre newsletter