CE28 - Cognition, éducation, formation

Révéler et atténuer les effets néfastes de l'apprentissage social sur la découverte de solutions nouvelles – OPTILEARN

Résumé de soumission

Les plus grandes réalisations de notre espèce résultent d'un processus connu sous le nom de culture cumulative. Les ordinateurs, les navettes spatiales et les théories scientifiques n'ont pas été inventés par des individus isolés mais sont le résultat d'un processus collectif dans lequel les innovations s'ajoutent progressivement aux traits culturels existants sur plusieurs générations. Au fil du temps, l'incorporation progressive des innovations de chaque génération aboutit à l'émergence de solutions complexes qu'aucun individu n'aurait pu inventer seul. Les capacités d'apprentissage social des humains sont essentielles à ce processus. En effet, ce n'est que lorsque nous apprenons des réalisations d'autres individus que cette forme d'apprentissage collectif peut fonctionner.

Pourtant, des anecdotes historiques ainsi que des études expérimentales suggèrent que l'apprentissage social peut parfois limiter l'exploration des individus, favoriser la persistance de solutions arbitraires et entraver l'innovation. Cela suggère que l'apprentissage social est une arme à double tranchant. D'une part, il permet la diffusion de solutions utiles et potentialise les améliorations ultérieures. D'autre part, il restreint l'exploration des apprenants et diminue leur probabilité d'innover.

L'effet néfaste de l'apprentissage social sur l'exploration des individus n'a commencé à être étudié que récemment et la mesure dans laquelle, et les conditions dans lesquelles, il entrave l'innovation restent mal comprises. Ce projet vise à améliorer notre compréhension de la mesure dans laquelle l'apprentissage social entrave l'innovation avec le but ultime d'évaluer s'il est possible de bénéficier des avantages collectifs de l'apprentissage social (c'est-à-dire la culture cumulative et l'intelligence collective) sans payer les coûts qui y sont associés (c'est-à-dire l'exploration limitée et les effets de fixation). Pour ce faire, le projet s'appuiera sur l'utilisation de tâches expérimentales innovantes qui peuvent être résolues avec plus ou moins de succès et qui présentent un espace de possibilités discret. Cela permettra aux membres de l'équipe d’étudier rigoureusement les performances des individus et de mesurer méticuleusement l'exploration tant au niveau individuel que collectif.

Le projet s'articule autour de trois axes de recherche interdépendants. Le sous-projet 1 fournira un compte rendu détaillé de la mesure dans laquelle l'apprentissage social limite l'exploration des apprenants. Le sous-projet 2 évaluera si la persistance des solutions préexistantes est influencée par les propriétés des problèmes auxquels les gens sont confrontés. Enfin, le sous-projet 3 examinera si la structure du groupe peut être utilisée pour atténuer les effets néfastes de l'apprentissage social sur la découverte de solutions nouvelles.

Les résultats du projet auront des implications importantes tant au niveau scientifique que sociétal. Sur le plan scientifique, ils nous permettront de mieux comprendre les conditions dans lesquelles des groupes d'individus se retrouvent à exploiter des solutions sous-optimales, et apporteront des données quantitatives au débat sur la persistance à long terme de solutions culturelles arbitraires, une question qui a reçu beaucoup d'attention de la part des anthropologues évolutionnaires et des écologistes comportementaux. Sur le plan sociétal, les résultats auront des répercussions importantes sur les pratiques éducatives (par exemple, comment équilibrer l'enseignement direct et l'apprentissage par la découverte) et la gestion de l'innovation (par exemple, comment rendre les individus et les groupes plus innovants).

Coordination du projet

Maxime Derex (Fondation Jean-Jacques Laffont / IAST)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

IAST Fondation Jean-Jacques Laffont / IAST

Aide de l'ANR 346 763 euros
Début et durée du projet scientifique : mars 2022 - 48 Mois

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