CE24 - Micro et nanotechnologies pour le traitement de l’information et la communication 2021

Peignes de fréquence hybride sur puce combinant laser à verouillage de modes à base de batonnets quantiques et microrésonateurs Si3N4 à fort facteur de qualité – HybridCombs

Vers des peignes de fréquences optiques compacts et sobres en énergie pour les infrastructures numériques de demain

Le projet HybridCombs vise à développer une nouvelle génération de peignes de fréquences optiques intégrés, alliant faible consommation énergétique, haute stabilité et forte capacité de transmission, grâce à l’hybridation de lasers semiconducteurs et de circuits photoniques en nitrure de silicium.

Vers des peignes de fréquences compacts, stables et sobres en énergie

Les infrastructures numériques de demain nécessitent des systèmes de communication toujours plus rapides tout en limitant leur consommation énergétique. Les peignes de fréquences optiques constituent une technologie clé pour répondre à ces besoins, car ils permettent de générer de nombreuses longueurs d’onde à partir d’une seule source. Deux technologies sont aujourd’hui particulièrement prometteuses. Les lasers à verrouillage de modes à batonnets quantiques sont compacts, alimentés électriquement et économes en énergie, mais leur stabilité spectrale reste limitée. À l’inverse, les micropeignes à effet Kerr réalisés dans des résonateurs en nitrure de silicium présentent une excellente pureté spectrale mais nécessitent des puissances optiques élevées. Le projet HybridCombs avait pour objectif de combiner les avantages de ces deux technologies afin de créer une nouvelle génération de peignes de fréquences intégrés. L’idée était d’associer des lasers semiconducteurs actifs à des circuits photoniques passifs en nitrure de silicium au sein d’une architecture hybride. Ce défi nécessitait des avancées simultanées en modélisation théorique, conception de lasers, photonique intégrée, assemblage hybride et validation expérimentale. À terme, ces travaux visent le développement de sources optiques compactes et économes en énergie pour les télécommunications, le LiDAR, les capteurs avancés et le traitement photonique du signal.

Le projet a réuni des équipes françaises et allemandes spécialisées en photonique, physique des lasers, modélisation numérique et photonique intégrée.

Des modèles théoriques ont d’abord été développés afin de décrire les interactions entre les lasers à batonnets quantiques et les microrésonateurs en nitrure de silicium. Ces outils ont permis d’identifier les conditions nécessaires à la synchronisation des différents composants.

Plusieurs générations de lasers à semiconducteur ont ensuite été conçues, fabriquées et caractérisées. Parallèlement, des circuits photoniques passifs à faibles pertes intégrant des microrésonateurs et des lignes à retard ont été développés.

Pour relier ces composants, le projet a utilisé des techniques avancées d’intégration photonique tridimensionnelle basées sur des guides optiques imprimés en 3D et des micro-lentilles. Ces technologies assurent un couplage efficace entre les puces tout en limitant les pertes optiques.

Enfin, les dispositifs hybrides obtenus ont été soumis à une validation expérimentale approfondie portant sur leur stabilité, leur bruit de phase et leurs performances en transmission optique.

 

HybridCombs a démontré la faisabilité de peignes de fréquences optiques hybrides associant lasers à semiconducteur et circuits photoniques en nitrure de silicium.

Le principal résultat est la réduction de la largeur de raie optique de plusieurs dizaines de mégahertz à seulement quelques kilohertz grâce à des mécanismes d’auto-injection optique. Cette amélioration représente plus de trois ordres de grandeur en stabilité fréquentielle.

Le projet a également permis d’établir des modèles théoriques précis décrivant les mécanismes de synchronisation de ces systèmes hybrides.

Plusieurs générations de lasers et de circuits photoniques ont été développées et validées expérimentalement. Les technologies d’intégration photonique hybride ont également été démontrées avec succès.

Les performances de ces sources ont été vérifiées dans une expérience de transmission optique cohérente portant sur 18 canaux de communication, pour un débit de transmission agrégé de 15,3 Tbit/s.

Même si la génération de solitons de Kerr n’a pas pu être démontrée dans le cadre du projet, les travaux ont permis d’identifier clairement les verrous à lever et les solutions technologiques pour les futurs développements.

 

HybridCombs ouvre la voie à une nouvelle génération de peignes de fréquences photoniques compacts, performants et économes en énergie.

Les prochaines étapes porteront sur l’augmentation de la puissance optique disponible, l’obtention d’un fonctionnement non linéaire entièrement synchronisé et la génération de solitons de Kerr intégrés.

Les technologies développées présentent un potentiel important pour les télécommunications optiques à très haut débit, les systèmes LiDAR, la photonique micro-onde, la métrologie optique et les capteurs avancés.

Le projet a également renforcé durablement la coopération franco-allemande dans le domaine de la photonique intégrée et contribué au développement d’expertises européennes dans un domaine stratégique pour les infrastructures numériques de demain.

 

Les générateurs de peignes de fréquences optiques à l'échelle de la puce peuvent révolutionner de nombreuses applications scientifiques et industrielles. On peut citer en particulier les communications optiques à très haut débit utilisant le multiplexage en longueur d’onde (WDM) massivement parallèle, la télémétrie optique ultra-rapide et le LiDAR, ainsi que le traitement des signaux photoniques-électroniques à très large bande. Toutefois, si les expériences en laboratoire ont montré l'extraordinaire potentiel de ces systèmes, leur viabilité pratique dans des applications réelles reste limitée en raison d’inconvénients majeurs des sources de peignes de fréquences actuellement disponibles. Plus précisément, il n'existe actuellement aucun générateur de peignes capable de fournir des spectres à large bande avec une largeur de raie optique et un bruit de phase faibles, tout en offrant un fonctionnement simple et un rendement énergétique relativement élevé dans un module à l'échelle de la puce.
Le projet HybridCombs vise à surmonter ce manque en explorant, concevant, mettant en œuvre et démontrant expérimentalement une nouvelle classe de sources de peignes de fréquences à l'échelle de la puce, qui associe les avantages distincts des peignes de Kerr à solitons avec ceux des lasers à verrouillage de mode à base de composés III-V de faible dimension. Sur le plan technologique, notre approche s'appuie sur des modules hybrides multi-puces qui combinent des diodes laser à verrouillage de modes à bâtonnets quantiques (QD-MLLD) ou des amplificateurs optiques à semi-conducteurs réflectifs à base de QD (QD-RSOA) avec des circuits photoniques linéaires et non linéaires spécifiquement co-conçus à base de Si3N4, tirant ainsi avantage des atouts complémentaires des deux plateformes d'intégration. Nous établirons un cadre théorique détaillé qui décrit quantitativement le verrouillage par injection multi-tons de QD-MLLD ou de QD-RSOA sur des circuits de rétroaction optique Si3N4 linéaires et non linéaires. Nous concevrons et réaliserons les dispositifs III-V et Si3N4 sous-jacents, et les combinerons au moyen d'éléments de couplage optique avancés imprimés en 3D. Sur la base de ces principes, nous réaliserons des sources hybrides de peignes de fréquences à l'échelle de la puce avec des performances sans précédent en termes de largeur de raie et de consommation énergétique. De même nous démontrerons expérimentalement leur viabilité pratique dans des applications sélectionnées telles que les communications optiques à bande ultra-large, la télémétrie optique ou le traitement du signal photonique-électronique.
Le consortium du projet est composé d'équipes françaises et allemandes de premier plan au niveau international, qui sont dans une position idéale pour aborder la recherche proposée, à la pointe de la science internationale. Nous sommes convaincus que la démonstration réussie de ces sources de peignes de fréquences aura un impact profond sur une série d'applications industrielles et scientifiques qui pourront être efficacement traitées par les partenaires du consortium.

Coordination du projet

Kamel Merghem (Télécom SudParis)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

TSP Télécom SudParis
Weierstrass Institute for Applied Analysis and Stochastics (WIAS) / Weierstrass Institute
KIT Karlsruher Institut fuer Technologie (KIT) / Instit. f. Photonik u. Quantenelektronik (IPQ)
C2N Centre de Nanosciences et de Nanotechnologies
INPHYNI Institut de Physique de Nice

Aide de l'ANR 448 981 euros
Début et durée du projet scientifique : - 36 Mois

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