CE24 - Micro et nanotechnologies pour le traitement de l’information et la communication 2021

Spectroscopie d'absorption en cavité pour le contrôle des flux pendant la croissance des films minces – CEAS-OFM

Capteur large bande à cavité optique pour le contrôle des procédés de croissance

Le projet CEAS-OFM est un projet PRCE coordonné par Guillaume Saint-Girons (INL Lyon). Il associe aussi l’ILM Lyon et la société RIBER. Le projet a commencé en octobre 2021 et a duré 36 mois. Il a bénéficié d’une aide ANR de 376k€ pour un coût global de l’ordre de 816k€

Un capteur fiable et précis pour contrôler les procédés de dépôt de couches minces

Les procédés de dépôt de couches minces sont au cœur d'un grand nombre de technologies qui nécessitent une amélioration constante de leur précision, de leur fiabilité et de leur reproductibilité. Dans la plupart des cas pratiques, le contrôle de la vitesse de croissance de ces procédés est effectué à l'aide d'échantillons dédiés. La stabilité des sources est cependant limitée et les dérives des procédés de dépôt engendrent des coûts considérables. La gestion de ces dérives nécessite l'utilisation d'un capteur capable de mesurer la vitesse de croissance en temps réel, couplé à des boucles de rétroaction sur les sources, afin de compenser activement les variations de la vitesse de croissance. Malgré des efforts considérables, un tel capteur n'est pas encore disponible. Parmi les solutions existantes, les capteurs dits à contrôle optique du flux (OFM) présentent plusieurs avantages (insensibilité aux gaz ambiants, pas d'ombrage du substrat) mais souffrent d'une précision trop faible et d'une dérive importante. L'objectif du projet CEAS-OFM est de développer un nouveau concept de capteur OFM à source large bande et à cavité optique (BBCE-OFM) plus robuste face aux dérives et dont l'incertitude est meilleure que celle des capteurs OFM conventionnels.

Les capteurs OFM utilisent des lampes à cathode creuse (HCL) comme sources lumineuses, car le spectre de ces dernières est très proche des raies d'absorption à mesurer. Cela permet de résoudre le problème de la faible largeur spectrale de ces raies, qui est difficile à résoudre avec des monochromateurs standard. Cependant, les HCL sont très instables et introduisent une forte dérive des capteurs OFM. En outre, elles sont assez coûteuses et encombrantes, et donc complexes à intégrer dans les montages optiques. Notre capteur comprend un monochromateur échelle dont la résolution spectrale est proche de la largeur des raies d'absorption à mesurer. Cela permet de remplacer les HCL par des sources à large bande telles que des LED. Cette configuration donne accès à la forme spectrale du signal, ce qui confère à notre capteur un certain nombre d'avantages par rapport aux capteurs OFM conventionnels, notamment une forte amélioration de leur stabilité. En outre, une cavité optique, similaire à celle utilisée dans les capteurs de gaz à haute sensibilité, permet d'augmenter considérablement la longueur d'interaction entre les faisceaux atomiques et la lumière, ce qui accroît la sensibilité du capteur.

-Développement d’une architecture de capteur robuste aux dérives, avec un rapport signal sur bruit optimisé

-Intégration d’une cavité optique dans un réacteur de dépôt : développement d'une procédure d'alignement, démonstration de la stabilité mécanique et développement d’un outil CRDS pour la caractérisation fine de la cavité

-Développement d’une procédure d’acquisition et d’analyse du signal du capteur, et développement d’une interface logicielle pour l’acquisition du signal

-Démonstration d’un SNR jusqu’à près de 10 fois supérieur au SNR des capteurs OFM classiques, rendant accessibles des mesures précises même aux faibles vitesses de croissance

-Mise en place d’une démarche de valorisation (entre autres : dépôt d’un projet de prématuration CNRS)

Le projet a donné lieu au dépôt de 3 brevets en cours de revue, protégeant les différentes innovations implémentées dans le capteur (cavité optique, spectromètre échelle, utilisation d’une source large bande). Ces brevets maintenant déposés, les publications scientifiques vont suivre. Deux articles ont été soumis pour publication récemment : l’un concerne la caractérisation spectrale des raies d’absorption (Optics Express) et l’autre les performances d’un capteur BBCE-OFM pour le contrôle de la croissance de SrTiO3 (Journal of Applied Physics). Plusieurs autres articles vont suivre dont au moins un portant sur la calibration du spectromètre échelle, et un autre sur l’extraction de la vitesse de croissance. Par ailleurs, les résultats du projet ont donné lieu à une conférence invitée dans un workshop international, une présentation orale dans un autre workshop international, et la présentation de posters dans deux conférences internationales

 

Projet de prématuration : candidature en cours

Vers le développement d'un produit commercialisable

Le dépôt de couches minces est un process technologique clé, et le développement de capteurs permettant un contrôle in-situ en ligne de ce process est donc un besoin important, actuellement couvert par aucune solution satisfaisante. L’objectif du projet est de développer un tel capteur, présentant une précision et une reproductibilité au-delà de l’état de l’art. Notre solution, baptisée CEAS-OFM, fonctionne comme les capteurs par absorption existants, mais comprend une cavité optique (comme dans les systèmes de mesures de traces de polluants) permettant un gain considérable de sensibilité, et un système de correction des dérives du trajet optique pour une stabilité inégalée. Un brevet est en cours de dépôt par le CNRS et RIBER (leader mondial des réacteurs de croissance MBE et partenaire du projet), et l’objectif du projet est de créer un produit commercialisable, avec le soutien d’un troisième partenaire, l’ILM, spécialiste de la spectroscopie d’absorption en cavité.

Coordination du projet

Guillaume Saint-Girons (INSTITUT DES NANOTECHNOLOGIES DE LYON)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

INL INSTITUT DES NANOTECHNOLOGIES DE LYON
ILM INSTITUT LUMIERE MATIERE
RIBER / R&D

Aide de l'ANR 376 156 euros
Début et durée du projet scientifique : - 36 Mois

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