CE17 - Recherche translationnelle en santé 2021

Du défaut de migration des leucocytes à la découverte de nouveaux traitements étiologiques de l'Ataxie-Télangiectasie – MOTILE-AT

Comprendre le déplacement des cellules immunitaires pour mieux traiter l’ataxie télangiectasie

En révélant un défaut inédit de déplacement des cellules immunitaires dans l’ataxie télangiectasie, MOTILE-AT propose un nouveau moyen de comprendre la maladie, d’en évaluer la sévérité et d’identifier des molécules capables de restaurer les défenses immunitaires.

Mieux comprendre l’ataxie télangiectasie pour identifier de nouvelles pistes de traitement

L’ataxie télangiectasie est une maladie génétique rare, sans traitement curatif à ce jour, qui associe une fragilité du système immunitaire, une atteinte neurologique progressive et un risque accru de cancers. Mieux comprendre les mécanismes responsables de ces manifestations reste un enjeu majeur pour améliorer la prise en charge des patients. Le projet MOTILE-AT part d’une observation nouvelle : les cellules immunitaires de patients atteints d’ataxie télangiectasie présentent un défaut de déplacement. Or, la mobilité des globules blancs est essentielle pour surveiller l’organisme, rejoindre les sites d’infection, coordonner la réponse immunitaire et contribuer à la prévention des tumeurs. L’objectif du projet est donc de comprendre pourquoi cette mobilité est altérée, d’identifier les mécanismes cellulaires et moléculaires impliqués, et d’évaluer si ce défaut peut servir d’indicateur de la sévérité de la maladie. Le projet vise également à tester des molécules déjà connues afin de repérer celles capables de restaurer le déplacement des cellules immunitaires. À terme, ces travaux pourraient ouvrir de nouvelles pistes thérapeutiques pour l’ataxie télangiectasie et, plus largement, pour d’autres maladies rares affectant l’immunité.

Le projet s’appuie sur une approche combinant technologies de pointe, modèles expérimentaux et ressources cliniques uniques. Nous utiliserons des dispositifs de microfluidique pour observer, à l’échelle de la cellule individuelle, la manière dont les globules blancs se déplacent dans des environnements qui reproduisent certaines contraintes physiques rencontrées dans les tissus. Cette approche nous permettra de mesurer précisément leur vitesse, leur orientation, leur capacité à se faufiler dans des espaces confinés et les défauts éventuels liés à la perte de fonction d’ATM.

Nous étudierons les mécanismes responsables de ces défauts grâce à l’imagerie cellulaire à haute résolution et à des analyses moléculaires. Nous examinerons notamment le rôle du cytosquelette, de la dynamique du noyau et des compartiments intracellulaires impliqués dans le déplacement des cellules. Des analyses comparatives nous permettront aussi d’identifier les voies de signalisation et les protéines dont l’activité est modifiée chez les patients atteints d’ataxie télangiectasie.

Nous analyserons une cohorte importante de lignées cellulaires issues de patients afin de relier les mutations du gène ATM, les défauts de mobilité des cellules immunitaires et les manifestations cliniques de la maladie. Enfin, nous réaliserons un criblage à haut débit de molécules déjà connues, notamment des composés approuvés pour un usage médical, afin d’identifier celles capables de restaurer la mobilité des cellules immunitaires. Les candidats les plus prometteurs seront ensuite validés dans des modèles expérimentaux adaptés.

 

L'ataxie télangiectasie (AT) est une maladie génétique récessive résultant de la perte de fonction de la kinase ATM. Cliniquement, l'AT se traduit par une forte susceptibilité aux infections et cancers. Sa compréhension a toutefois été ralentie par le vaste nombre de substrats de cette kinase. Récemment, au cours de l'exploration fonctionnelle des leucocytes AT via des outils microfluidiques, nous avons mis en évidence un défaut de motilité chez ces cellules tel qu'il pourrait compromettre leur capacité à effectuer l'immuno-surveillance. Dans ce projet, nous visons à identifier les mécanismes cellulaires en aval d'ATM sous-tendant le phénomène migratoire des leucocytes et à vérifier si ce dernier corrèle avec la sévérité de la présentation clinique. Enfin, nous réaliserons un criblage phénotypique pour dépister de molécules corrigeant ce défaut de motilité et amenant ainsi à de nouvelles stratégies thérapeutiques.

Coordination du projet

Pablo Vargas (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

INSERM - U 1151 INEM Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale
IMAGINE INSTITUT DES MALADIES GÉNÉTIQUES (IHU)
CHIP Cancer, Heterogeneity, Instability and Plasticity, U830

Aide de l'ANR 579 797 euros
Début et durée du projet scientifique : février 2022 - 48 Mois

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