CE17 - Recherche translationnelle en santé 2021

Nouvelles modalités d'imagerie et de spectroscopie GABA pour localiser la zone épileptique – EPI-CATCHER

Améliorer la détection de la zone épileptogène

De nouvelles méthodes d'imagerie et d'intégration de ces données pour mieux détecter la zone épileptogène

Développer de nouvelles méthodes d'imagerie pour mieux détecter la zone épileptogène

Chez les patients souffrant d'épilepsie et qui résistent aux traitements pharmacologiques, certains peuvent bénéficier d'une chirurgie afin de retirer le foyer épileptogène, c'est à dire la région du cerveau à l'origine des crises épileptiques. Le contourage de la région du cerveau à retirer est particulièrement délicat : il s'agit de ne retirer que du tissus malade et de ne pas retirer de tissus sains. Les méthodes actuelles conduisent à des récidives dans 30 à 50% des chirurgies, et donc à une nouvelle chirurgie. L'objectif du projet EPICATCHER est de travailler à améliorer la détection du tissu malade - le foyer épileptogène - et donc le guidage de la chirurgie. Notre hypothèse est que des méthodes d'imagerie par IRM nouvelles, combinées à des méthodes d'analyse des données basées sur l'intelligence artificielle, pourrait permettre d'améliorer la détection du foyer épileptogène.

Sur des modèles animaux de l'épilepsie, nous avons montré que

- des images IRM quantitatives, combinées entre elles par des méthodes d'analyse statistique, permettait de mieux détecter le foyer épileptogène

- des images de spectroscopie quantitative par IRM permettaient de détecter de façon très sensible la zone épileptogène.

Sur la base de ces résultats, nous allons étudier :

- Sur des modèles précliniques, la sensibilité des méthodes que nous proposons aux effets des médicaments anti-épileptiques. En effet, tous les patients candidats à la chirurgie reçoivent des médicaments anti-épileptiques : même si leur efficacité n'est pas optimale, cette médication permet de réduire en partie les crises épileptiques.

- Chez l'homme, l'accord entre les méthodes que nous proposons et les méthodes de référence au niveau clinique (standard de soin). Notamment, nous évaluerons si les méthodes que nous proposons indiquent des foyers épileptogènes plus étendus que celui indiqué par les méthodes de référence.

 

Chez les patients épileptiques pharmaco-résistants qui peuvent bénéficier d’une résection chirurgicale, une mauvaise localisation du foyer épileptique (FE) peut conduire à des séquelles neurologiques. Nous avons récemment développé sur un modèle murin d’épilepsie focale deux nouvelles approches pour identifier le FE : la première est basée sur la spectroscopie RMN du GABA (GABA-MRS) et la seconde sur l’imagerie IRM quantitative multiparamétrique (mqMRI). Nous formulons l’hypothèse que l’une de ces méthodes ou l’intégration des deux pourrait aider à détecter le FE avec une plus grande précision et de façon plus fiable. Ainsi nous proposons : d’évaluer au niveau préclinique si les médicaments antiépileptiques altèrent les méthodes de localisation proposées, de développer des outils mathématiques intégrant les données à base faisant appel à l’intelligence artificielle, et de réaliser une évaluation clinique impliquant des volontaires sains et des patients atteints d’épilepsie mésio-temporale.
Le projet est structuré en deux programmes de travail :
- Le premier consistera à caractériser l'impact des drogues anti-épileptiques les plus utilisées dans un modèle d’épilepsie mésio-temporale chez la souris sur les biomarqueurs mqMRI et GABA-MRS proposés. Des enregistrements EEG et des analyses biologiques (histologie, biologie moléculaire) seront également réalisés.

- Le second développera des outils informatiques pour l'analyse des données et collectera des données de référence, chez des volontaires sains et chez des patients épileptiques candidats à une résection chirurgicale (épilepsie mésio-temporale focale). Des outils existants d'apprentissage machine seront adaptés aux données mqMRI et GABA-MRS pour mettre au point un outil capable de délimiter le FE.

A l'issue de ce projet, nous aurons développé des méthodes d'acquisition et d'analyse de données IRM permettant de mieux délimiter le FE et s'insérant dans le parcours des patients souffrant d'une épilepsie mésio-temporale et candidats à la chirurgie. Cette méthode pourra ensuite être évaluée dans d'autres formes d'épilepsie mais aussi d'autres maladies neurologiques.

Coordination du projet

Emmanuel BARBIER (GRENOBLE INSTITUT DES NEUROSCIENCES)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

GIN GRENOBLE INSTITUT DES NEUROSCIENCES
IGF Institut de génomique fonctionnelle

Aide de l'ANR 470 904 euros
Début et durée du projet scientifique : février 2022 - 48 Mois

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