CE41 - Inégalités, discriminations, migrations

Participation politique des populations issues de l’immigration asiatique en France – PolAsie

PolAsie - Participation politique des populations issues de l’immigration asiatique en France

Le projet PolAsie prévoit d’analyser la spécificité de la participation politique en France des Asiatiques et Français d’origine asiatique : pratiques de vote, participation à des campagnes électorales, trajectoires d’élus, mobilisations politiques et actions collectives au niveau local, etc. Il vise aussi à analyser ces pratiques politiques en évaluant les processus de socialisation politique tels qu’ils interviennent avant la migration, après la migration et au sein des groupes diasporiques.

Tournant générationnel, modes d'engagement politique et rôle de la diaspora dans la politisation

Le projet de recherche portera une attention particulière aux divergences entre générations. À ce titre on peut noter que les citoyens qui se font le plus entendre sont les premières générations nées en France, qui ont actuellement entre 25 et 35 ans. Le projet s’intéressera aussi aux effets des mobilisations collectives apparues depuis 2010 et à la diffusion de nouveaux modes d’action collective. Enfin, l’attention portée sur les processus de socialisation permettra de questionner la continuité entre le pays d’origine et le pays de résidence, et l’influence des espaces sociaux diasporiques transnationaux.<br /><br />PolAsie vise à explorer les hypothèses suivantes :<br />• La population asiatique en France – les immigrés et leurs descendants – vit un tournant générationnel qui transforme sa participation politique et son sentiment d’appartenance (en tant que Français.es et Asiatiques).<br />• Des actions collectives récentes menées par des Asiatiques en France contre les violences et les discriminations encouragent des formes de participation politique plus classiques aux niveaux local et national (participation dans des conseils municipaux ou régionaux, pratiques électorales, adhésion à un parti, engagement dans des campagnes électorales, etc.)<br />• Ressource matérielle et symbolique, le pouvoir économique croissant de la Chine (et plus généralement, de la région asiatique) et sa stratégie de promotion d’un modèle alternatif à la démocratie libérale jouent un rôle dans le processus de socialisation politique des immigrés et de leurs descendants. Ces expériences n’excluent toutefois pas d’autres formes d’apprentissage et d’adhésion aux pratiques citoyennes propres aux pays de résidence.

Le projet est mené par une équipe de recherche composée de spécialistes de la participation politique, des migrations et des sociétés asiatiques.
Toutes les enquêtes, par questionnaires, archives, entretiens et observations, sont pensées collectivement. La plupart sont mise en place sur une sélection de 8 sites, des villes et quartiers en Ile de France ayant pour spécificité la présence d'une importante population d'origine asiatique.
Les enquêtes se répartissent selon 3 axes :

Axe 1. Les élus d’origine asiatique. L’étude des pratiques électorales et des carrières politiques documentera la réalité du « vote communautaire », de l’adhésion politique communautaire. Cet axe questionnera aussi le rôle des élus et leur capacité à représenter de manière substantive ce groupe minoritaire (les élus de la diversité).

Axe 2. Citoyenneté locale et politiques de la diversité. Cet axe de la recherche documentera les formes d’action collective de la société civile avec une attention particulière aux exemples récents de violence à l’encontre des populations asiatiques. Il explorera les initiatives de dialogue, de coopération et de confrontation avec les autorités locales ainsi qu’au sein même des communautés asiatiques (solidarité et compétition entre organisations, divisions sociales, générationnelles et de genre). Une attention sera également portée sur les interventions diplomatiques potentielles des pays d’origine et leur acceptation par les groupes diasporiques.

Axe 3. Cultures politiques et socialisation politique avant, après la migration et au sein de la diaspora. Cet axe étudiera les formes d’adhésion aux systèmes politiques (des démocraties libérales aux régimes autoritaires) en prenant en compte des processus complexes de socialisation politique : dans le pays d’origine avant le départ, dans le pays de résidence après l’immigration, ainsi qu’au sein des réseaux de la diaspora.

A venir

A venir

A venir

En France, la visibilité politique des migrants asiatiques et de leurs descendants est un phénomène émergent. Depuis la première manifestation de résidents chinois à Paris (dans le quartier de Belleville) en 2010 jusqu'au rassemblement organisé en septembre 2016 pour dénoncer les violences contre les Asiatiques, leur visibilité s'est accrue et ce processus de politisation est notable. Le projet PolAsie vise à étudier la spécificité de la participation politique des Asiatiques français sous ses différentes formes (pratiques de vote, participation aux campagnes politiques, trajectoires des élus asiatiques, mobilisations politiques et actions collectives au niveau local, etc.). Il vise également à analyser les pratiques politiques en évaluant les processus de socialisation politique pré-migratoire, post-migratoire et au sein des diasporas.

PolAsie a pour objectif d'explorer les trois hypothèses suivantes: 1) La population asiatique en France, les migrants et leurs descendants, connait une mutation générationnelle qui transforme la participation politique et le sentiment d'appartenance (français et asiatique). 2) Les récentes actions collectives des Asiatiques en France contre la violence et la discrimination favorisent des formes plus classiques de participation politique aux niveaux local et national (participation aux conseils locaux, pratiques de vote, appartenance à un parti et participation à des campagnes politiques, etc.) 3) En tant que ressource matérielle et symbolique, le pouvoir économique croissant de la Chine (et plus généralement des pays Asiatiques) et sa stratégie de promotion d'un modèle alternatif aux démocraties libérales jouent un rôle dans le processus de socialisation politique des immigrés. Cependant, ces expériences n’excluent pas d’autres formes d’apprentissage et de respect des pratiques citoyennes observées dans le pays de résidence.

Pour explorer ces hypothèses, le projet s’articule autour de trois objectifs. 1) Les électeurs et les élus : l'étude des pratiques de vote et des carrières politiques documentera la réalité d'un «vote communautaire», d'une orientation politique de la communauté. Il s'interrogera également sur le rôle des élus et sur leur contribution à une représentation substantielle de ce groupe minoritaire (les élus de la diversité). 2) Citoyenneté locale et dialogue avec les autorités locales : ce volet de recherche documentera les formes d’action collective locales en mettant l’accent sur les exemples récents de violence ciblant les Asiatiques. Il explorera des initiatives de dialogue, de coopération et de confrontation avec les autorités locales ainsi qu'au sein des communautés asiatiques (solidarité et concurrence entre organisations, divisions sociales, générationnelles et entre les sexes). Il sera également attentif aux interventions diplomatiques potentielles des pays d'origine et à leur acceptation par les groupes de la diaspora. 3) Socialisation politique avant la migration, après la migration et au sein des diasporas : le projet étudiera les formes d'adhésion aux systèmes politiques (des démocraties libérales aux régimes autoritaires) en tenant compte du processus complexe de socialisation politique dans le pays d'origine avant la migration, dans le pays de résidence après la migration, ainsi qu'au sein des résaux diasporiques.

L'équipe est composée de sociologues, démographes et politologues. Il repose sur la complémentarité entre chercheurs spécialisés dans l'étude des migrations et des mobilisations sociales asiatiques et chercheurs spécialisés dans les questions de discrimination et de participation politique en France. Le projet repose sur une enquête multi-sites et sur des méthodes mixtes : des enquêtes quantitatives et qualitatives seront conduites dans les mêmes sites sélectionnés de la région parisienne. L'unité des sites alimentera la coopération sur le terrain entre les chercheurs et permettra l'analyse croisée des données.

Coordination du projet

Helene Le Bail (Centre de recherches Internationales)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

CERI Centre de recherches Internationales
AGORA Université Cergy Pontoise AGORA - EA7392
CED CENTRE ÉMILE-DURKHEIM - SCIENCE POLITIQUE ET SOCIOLOGIE COMPARATIVES

Aide de l'ANR 377 853 euros
Début et durée du projet scientifique : décembre 2019 - 48 Mois

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