Le développement neuro-cognitif de la fluence arithmétique : Des mécanismes de reconstruction ou de reproduction ? – NEAR
La fluence en arithmétique, c'est-à-dire la capacité de résoudre rapidement et sans effort des problèmes arithmétiques simples (p. ex., 2 + 3), est à la base de l'apprentissage des mathématiques chez les enfants. Pourtant, le type de mécanisme qui soutient son développement fait toujours l'objet d'un débat. D'une part, on a longtemps supposé que le développement de la fluence en arithmétique impliquait un transfert de stratégies de reconstruction (par exemple, des procédures telles que le comptage) à des stratégies de reproduction (par exemple, la récupération des réponses en mémoire à long terme) au cours de l'apprentissage. D'autre part, des données récentes indiquent que les adultes experts peuvent encore s'appuyer sur des processus de reconstruction rapide pour résoudre des problèmes arithmétiques simples. Par exemple, des études ont montré que la présentation anticipée d'un opérateur arithmétique (p. ex. un signe " + ") peut faciliter la résolution de problèmes simples chez les adultes, ce qui suggère que les opérateurs peuvent évoquer des connaissances procédurales. Des études ont également montré que le temps nécessaire pour résoudre des problèmes d'addition simples avec des opérandes de 1 à 4 augmente linéairement avec la taille du problème chez les adultes experts, conformément à l'utilisation d'une procédure de comptage automatisée. Cela soulève la possibilité que la fluence en arithmétique ne soit pas nécessairement obtenue en s'appuyant de plus en plus sur la récupération en mémoire. Elle pourrait plutôt être obtenue par l'automatisation de procédures qui ont été pratiquées de façon répétée pendant l'apprentissage, comme le comptage. Toutefois, cette hypothèse est contestée. Certains ont notamment fait valoir que l'effet de la taille du problème sur les très petits problèmes d'addition est compatible avec des processus basés sur la mémoire. Ainsi, le débat sur la question de savoir si la fluence en arithmétique est obtenue par l'automatisation des procédures ou par la récupération en mémoire n'est pas résolu. L'objectif de ce projet est de faire la lumière sur ce débat en identifiant les mécanismes neuro-cognitifs qui sous-tendent le développement de la fluence en arithmétique chez les enfants. Notamment, nous mesurerons les corrélats comportementaux et neuronaux de l'effet de la taille du problème pour de très petits problèmes d'addition chez les enfants au fur et à mesure qu'ils s'améliorent dans la résolution de problèmes d'addition.
Coordination du projet
Jérôme Prado (Institut des Sciences Cognitive Martc Jeannerod - UMR 5304)
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Partenariat
ISCMJ - CNRS Institut des Sciences Cognitive Martc Jeannerod - UMR 5304
UNIL Université de Lausanne
Aide de l'ANR 297 820 euros
Début et durée du projet scientifique :
mars 2019
- 36 Mois