CE38 - La Révolution numérique : rapports au savoir et à la culture

Plateformes contributives culturelles : création, documentation et valorisations collaboratives des cultures et des patrimoines – COLLABORA

Plateformes contributives culturelles : création, documentation et valorisation collaboratives des cultures et des patrimoines

Ces dernières années, les institutions culturelles ont porté un intérêt croissant à la création de démarches participatives et au rôle qu’y pourrait jouer le numérique dans leurs activités de médiation et de valorisation. Le projet COLLABORA vise à développer une réflexion théorique, empirique et politique à propos de nouvelles plateformes numériques contributives de création, documentation et valorisation des cultures et des patrimoines.

Objectifs

Le projet COLLABORA vise à attendre les trois objectifs suivants : <br />1. Objectif théorique. Épistémologie des plateformes. Le projet vise à définir le cadre théorique de la gestion contributive en ligne, en posant l’accent sur le modèle épistémique sous-entendu. Nous conduirons un travail de réflexion autour trois axes majeurs : (i) le rôle de l’amateur au fil du temps en considérant les études historiques, sociologiques, anthropologiques, philosophiques et économiques ; (ii) les différentes définitions émergentes dans le cadre d’études sur la participation : participation, collaboration, coopération, contribution ; (iii) le rôle joué par les dispositifs numériques. <br /> <br />2. Objectif empirique. Usages des plateformes. Le projet vise à définir l’état des lieux des plateformes contributives culturelles en France et à l’international. Le projet COLLABORA permettra de : (i) conduire une analyse exhaustive à travers un questionnaire et des entretiens en considérant non seulement les plateformes pour la documentation, mais aussi celles de création et de diffusion ; (ii) aller au-delà d’un simple inventaire des plateformes pour ouvrir leurs « boîtes noires » et déchiffrer le modèle épistémique et le rapport politique établi entre institution et citoyen. À partir de l’état de lieux, des cas d’études seront identifiés qui seront étudiés en conduisant une analyse des pratiques et des usages liés à la plateforme. <br /> <br />3. Objectif politique. Plateformes en action. Le projet COLLABORA vise à construire un réseau de réflexion et de partage d’expériences entre institutions culturelles, monde de la recherche dédié à la gestion contributive numérique et groupes (ou associations) d’amateurs, en facilitant la construction de recommandations communes qui combinent réflexion politique, sociologique, épistémologique et technologique.

Le projet COLLABORA est organisé en trois actions majeures correspondant à ses trois objectifs :

Action théorique. Épistémologie des plateformes. Cette action permettra de définir le cadre théorique, historique et épistémologique de la gestion contributive en ligne, en posant l’accent sur les interactions entre institutions culturelles et amateurs.

Action empirique. Usages des plateformes. Le projet devra partir du constat de l’existant en proposant une analyse complète et interdisciplinaire des plateformes culturelles contributives déjà à l’œuvre. Pour ce faire, il sera nécessaire de conduire les deux sous-actions suivantes :
- L’existant : Inventaire des plateformes. Pendant cette phase, l’équipe du projet réalisera un état de lieux des plateformes contributives culturelles existant en France et à l’international. L’objectif de cette première analyse exploratoire est de reconstruire le scénario général du secteur.
- Grâce à l’inventaire des plateformes, il sera possible identifier un nombre plus restreint de cas d’études pour lesquels l’équipe du projet développera une méthodologie pour ouvrir la « boîte noire » de ces plateformes et déchiffrer le modèle épistémique et le rapport politique établi entre institution et citoyen.

Action politique. Plateformes en action. En tant que projet de recherche-action qui vise à répondre à une demande sociale urgente, le projet COLLABORA ne peut pas se satisfaire de conduire une étude théorique, s’appuyant sur une analyse empirique. En effet, les tâches théorique et empirique sont propédeutiques à l’action politique. L’organisation et la participation à plusieurs types d’événements (séminaires et conférences, séminaires pour les professionnels, ateliers avec les associations, rencontre et entretiens avec les amateurs) permettront de construire un réseau de réflexion et de partage d’expériences entre institutions culturelles, monde de la recherche et amateurs dédié à la gestion contributive numérique.

En cours

En cours

En cours

Ces dernières années, le développement des technologies numériques a donné un nouvel essor à la figure de l’amateur. Le web, d’abord avec les blogs et ensuite avec les réseaux sociaux et les plateformes collaboratives, a offert de nouveaux espaces dans lesquels le pro-amateur peut trouver un terrain ouvert et démocratique où il peut s’exprimer et obtenir une reconnaissance aux côtés de l’expert officiellement chargé de la construction de la connaissance.
Ce phénomène a touché particulièrement le domaine de la culture. Face à cette nouvelle donne, les institutions culturelles ont porté un intérêt croissant à la création de démarches participatives et au rôle qu’y pourrait jouer le numérique dans leurs activités de médiation et de valorisation. La préoccupation des institutions culturelles est, non seulement de mieux comprendre ces phénomènes de construction participative de savoirs, mais surtout d’orienter l’énergie et l’enthousiasme des amateurs vers l’enceinte des musées, archives, bibliothèques, théâtres, etc. Les plateformes contributives culturelles - tout dispositif numérique qui permet à des amateurs, ou plus généralement à des citoyens, de contribuer à la construction de savoirs liés à des objets culturels en interaction avec une ou plusieurs institutions culturelles - se sont affirmées comme une réponse à ce besoin.
Même si un certain nombre de plateformes contributives culturelles ont été lancées pour inviter les amateurs à participer à la définition des connaissances et savoirs culturels et patrimoniaux, les rapports entre institutions et amateurs qui s’instaurent à travers ces dispositifs ne sont pas toujours linéaires et transparents. Si l’institution voit le besoin d’interagir avec ces figures clés, elle a en même temps du mal à leur donner une place qui préserverait leur liberté d’expression. De même, les amateurs qui commencent leur activité en autonomie sont souvent attirés par le cadre institutionnel qui peut donner de la reconnaissance ou de la visibilité à leur action. Cependant, dans ce cadre institutionnel, ils ne sont pas toujours à l’aise.
Aujourd’hui, la recherche académique sur ce sujet, notamment en France, n’est pas encore assez développée pour apporter un support au monde associatif et institutionnel dans cette ouverture vers le citoyen. En particulier, il n’y a pas encore une expertise scientifique et technique qui permette la diffusion de plateformes numériques en tant que moyen de construction d’une approche collaborative des connaissances. En partant de ce constat, le projet COLLABORA vise à développer une réflexion théorique, empirique et politique à propos de nouvelles plateformes numériques contributives de création, documentation et valorisation des cultures et des patrimoines. Pour ce faire, la coordinatrice du projet fédérera dans une seule équipe interdisciplinaire les expertises nécessaires afin d’atteindre trois objectifs: un objectif théorique (épistémologie des plateformes) ; un objectif empirique (usages des plateformes) ; un troisième objectif politique (plateformes en action). Du point de vue théorique, en interrogeant les modèles épistémiques et politiques de ces plateformes, entre sciences participatives et pratiques amateur, ce projet a l’ambition de proposer une nouvelle approche privilégiant la relation entre amateurs et institutions et l’analyse des plateformes en tant que « cadre frontière » commun aux différents acteurs qu’y agissent. A partir de ce cadre théorique et de l’analyse des usages des plateformes existantes, ce projet prévoit comme étape ultime la co-création de recommandations et leur validation à travers la co-création d’une plateforme, en engageant dans cette démarche les principaux acteurs du projet : les institutions, les amateurs, les chercheurs et les ingénieurs.

Coordinateur du projet

Madame Marta Severo (DISPOSITIFS D'INFORMATION ET DE COMMUNICATION À L'ÈRE NUMÉRIQUE PARIS ILE DE FRANCE)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

DICEN IDF DISPOSITIFS D'INFORMATION ET DE COMMUNICATION À L'ÈRE NUMÉRIQUE PARIS ILE DE FRANCE

Aide de l'ANR 295 272 euros
Début et durée du projet scientifique : mars 2019 - 36 Mois

Liens utiles

Explorez notre base de projets financés

 

 

L’ANR met à disposition ses jeux de données sur les projets, cliquez ici pour en savoir plus.

Inscrivez-vous à notre newsletter
pour recevoir nos actualités
S'inscrire à notre newsletter