CE27 - Culture, créations, patrimoine

Discours agronomique et pratiques agricoles : le cas de la culture des céréales et des légumineuses chez Columelle et dans la littérature agronomique antique – AgroCCoL

L’agriculture dans l’Antiquité : du manuscrit à Internet

AgroCCol: une édition de sources textuelles pour étudier l’élaboration et la transmission du savoir agronomique dans l’Antiquité gréco-romaine.

Éditer et commenter les textes d’agriculture grecs et latins : le cas de la culture des céréales et des légumineuses

Le projet AgroCCol a pour objet d’étudier l’élaboration et la circulation du savoir agronomique antique à partir des textes grecs et latins traitant d’agriculture (ouvrages techniques, poésie didactique, textes scientifiques), en centrant l’analyse sur les plantes de grande culture (céréales et légumineuses) et sur un auteur majeur, Columelle (Ier s. ap. J.-C.). L’objectif est à la fois de construire une analyse pluridisciplinaire de ce corpus et de favoriser sa diffusion auprès du grand public, en particulier via un site Internet dédié. De fait, malgré leur importance pour l’histoire des sciences et des techniques, ces textes sont aujourd’hui peu lus, étudiés et édités. Ainsi, en France, le livre II du traité de Columelle n’a pas fait l’objet de nouvelle édition scientifique ou de traduction depuis le milieu du XIXe siècle, alors même qu’il constitue, sur ces pratiques culturales, l’une des sources les plus développées et les plus influentes. Par ailleurs, ces textes de l’Antiquité, qui reflètent un rapport ancien à la nature, à la terre et à sa culture, ne peuvent que susciter l’intérêt des lecteurs qui, scientifiques, praticiens, artistes, ou simples curieux, s’intéressent aux pratiques agricoles antérieures aux bouleversements qu’a connus l’agriculture européenne aux XIXe et XXe siècles.

Comprendre les enjeux techniques, philosophiques et esthétiques du corpus agronomique antique exige un travail d’équipe convoquant plusieurs disciplines : littérature, linguistique, anthropologie, histoire, archéologie, botanique. L’analyse des textes se fonde ainsi sur une interaction pluridisciplinaire et sur une approche comparative qui intègre des prolongements jusqu’à l’époque moderne. En outre, le projet AgroCCol repose sur un double travail éditorial associant philologie classique et humanités numériques : l’édition scientifique du livre II de Columelle, consacré aux cultures de plein champ, et la publication en ligne, sur un site Web dédié, d’une anthologie thématique sur le sujet. Ce corpus numérique comprend l’ensemble des textes techniques de l’antiquité gréco-romaine consacrés à la culture des céréales et des légumineuses (traités d’agriculture, littérature scientifique et encyclopédique, poésie didactique). L’édition de ce recueil utilise plusieurs outils spécifiques aux humanités numériques, comme l’encodage des textes en format XML ou l’utilisation d’un gestionnaire de thésaurus multilingue (Opentheso).

Le projet AgroCCol a permis de réaliser de nombreuses publications, mais aussi des actions de vulgarisation, de formation à la recherche ou encore de diffusion auprès du grand public. Un colloque international organisé à Lyon en 2022 a donné lieu à un ouvrage collectif pluridisciplinaire réalisé par 33 contributeurs : "Le texte et la pratique. Dialogues interdisciplinaires sur le statut du traité d’agriculture", M. Blandenet, M. Bretin-Chabrol et P. Luccioni (éd.), Lyon, CEROR, 2024. Car les ouvrages sur l’agriculture écrits entre l’Antiquité et l’époque moderne se souciaient-ils véritablement de transmettre un enseignement utile à des hommes de terrain ? Ce livre permet de jauger la pertinence technique des traités des Anciens tout en soulignant à quel point l’élaboration de notre propre savoir sur les pratiques d’autrefois à la fois dépend de ces textes et éclaire la nature de ces écrits. Les échanges pluridisciplinaires au sein de l’équipe ont également nourri l’édition des textes latins et grecs d’agriculture, non seulement pour enrichir les notes ou améliorer la traduction, mais aussi pour guider l’établissement du texte, dans le cas en particulier du livre II de Columelle. Ce dernier fait l’objet d’une édition scientifique dont la parution est prévue aux Belles Lettres. Il est également édité, en format numérique, sous forme d’extraits sur le site "Cultiver dans l'Antiquité" (https://agriculture-antiquite.huma-num.fr). Ce site constitue la création majeure du projet, et permet de diffuser sous une forme interactive l’édition numérique d’une anthologie thématique autour de la culture des céréales et des légumineuses. Les textes de dix auteurs grecs et latins sont accompagnés de notes et de traductions nouvelles, mais aussi de pop-up fournissant des aides à la lecture, d’un fléchage de 46 thématiques et d’un dictionnaire technique indexant près d’un millier de termes. Ils sont complétés par une bibliographie, un mode de cherche plein texte et des notices scientifiques, conçues comme des articles pluridisciplinaires de synthèse sur la botanique, l’agrologie ou les travaux agricoles. Dans le but de rendre le corpus agronomique grec et latin visible et accessible à un large public, d’autres actions de vulgarisation ou de médiation scientifique complètent les réalisations du projet, comme par exemple la mise en place d’un blog (https://agroccol.hypotheses.org/), des interventions régulières à la Fête de la science ou aux Rendez-vous aux Jardins, et surtout une exposition virtuelle réalisée en partenariat avec la Bibliothèque municipale de Lyon (https://www.bm-lyon.fr/expositions-en-ligne/agriculture_antique_renaissance/). Consacrée à la transmission des savoirs agricoles anciens et à leur mise en livre à la Renaissance, elle met à la disposition du public plus de 220 documents (manuscrits, imprimés ou extraits vidéo), et permet de visionner la table-ronde « Savoirs agricoles anciens : quels usages pour aujourd'hui ? ».

Le projet a pour ambition de montrer comment se constitue un savoir agronomique dans l’Antiquité et comment ce savoir agronomique a évolué au cours de sa transmission. Il offre ainsi une base de discussion scientifique solide, novatrice et utile à d’autres spécialités ou aux recherches consacrées à d’autres aires culturelles. Le site internet « Cultiver dans l’Antiquité », l’exposition virtuelle « Le ménage des champs » ainsi que diverses actions de vulgarisation et de communication (table-ronde, ateliers…) permettent également de rendre accessible le corpus agronomique grec et latin au plus grand nombre et de sensibiliser le grand public sur l’intérêt des savoirs agricoles anciens dans le monde contemporain.

Dans le domaine des Humanités numériques, le projet AgroCCol s’intègre à une réflexion plus globale portant sur la normalisation des protocoles d’encodage pour les éditions en XML-TEI et la création de référentiels communs, portée par l’ÉquipEx Biblissima+ (https://projet.biblissima.fr/fr). Des prolongements sont également prévus grâce à l’élargissement du corpus numérique actuellement diffusé sur le site Internet « Cultiver dans l’Antiquité » et à l’ajout de notices scientifiques associant notamment de nouvelles disciplines, comme l’histoire de l’art.

Enfin, le projet AgroCCol a permis de créer une synergie internationale autour des textes d’agriculture grecs et latins. Cette dernière a donné lieu à de nouveaux partenariats scientifiques, notamment avec l’Italie (projet « Hortus » de Francesca Boldrer, Université de Macerata), ou encore à des projets de rencontres scientifiques (avec Ian Goh, Swansea University).

 

Les résultats des analyses seront synthétisés sous la forme de publications scientifiques (articles, ouvrage collectif, édition du livre II) ainsi que de notices thématiques transversales, diffusées sur le site Internet. Fruits d’un travail collectif et pluridisciplinaire, les notices mettront les textes en perspective en les confrontant aux apports des travaux linguistiques, aux acquis récents de l’archéologie agraire de l’Antiquité et aux savoirs, usages et pratiques contemporains.

Le projet AgroCCol a pour ambition d’analyser les modes d’élaboration et de transmission du savoir agronomique antique à partir du deuxième livre du De re rustica de Columelle (Ier siècle après J.-C.) et de la thématique de la culture des céréales et des légumineuses. Grâce à l’édition scientifique du livre II de Columelle, grâce à une collaboration pluridisciplinaire et grâce à l’élaboration et à l’analyse d’un corpus numérique élargi aux autres œuvres agronomiques de l’Antiquité, ce projet mettra en valeur des textes qui, malgré leur importance pour l’histoire des sciences et des techniques, sont aujourd’hui peu lus, étudiés et édités. Ainsi, en France, le livre II n’a pas fait l’objet de nouvelle édition scientifique ou de traduction depuis le XIXe siècle.

Le premier objectif de ce projet est de produire une approche théorique renouvelée d’un corpus agronomique peu étudié en fondant les commentaires sur une approche comparative et une réelle interaction pluridisciplinaire. Les textes agronomiques seront analysés selon deux axes de recherche : la compréhension et l’évaluation technique des pratiques culturales ; les enjeux esthétiques, anthropologiques et idéologiques. Le second objectif est d’associer le travail philologique d’édition scientifique sous forme imprimée avec la constitution d’un corpus large, encodé en XML, destiné à servir à la fois d’outil de travail pour l’analyse des textes et de moyen de diffusion et de valorisation par sa publication en open access.

Le corpus numérique sera un recueil de textes agronomiques grecs et latins consacrés à la culture des céréales et des légumineuses, et accompagnés d’une traduction. Il comprendra, outre le livre II de Columelle, les passages pertinents des autres livres du De re rustica, mais aussi des trois autres traités latins d’agronomie conservés (ceux de Caton, de Varron et de Palladius), du livre XVIII de l’Histoire Naturelle de Pline l’Ancien, de la littérature scientifique grecque (Théophraste, le traité de Galien Sur les facultés des aliments), de la compilation grecque des Géoponiques et de la poésie didactique (Hésiode, Virgile). Il sera encodé en XML et indexé selon les normes de la TEI en suivant un protocole unifié, de façon à servir un double objectif : soutenir d’une part l’analyse littéraire, anthropologique et idéologique du corpus, et d’autre part mettre en place un glossaire botanique et un glossaire technique référençant les termes grecs et latins employés pour désigner les espèces ou les variétés, les instrumenta et les techniques culturales. Les résultats des analyses seront synthétisés sous la forme de notices thématiques transversales. Fruits d’un travail collectif et pluridisciplinaire, les notices mettront les textes en perspective en les confrontant aux apports des travaux linguistiques, aux acquis récents de l’archéologie agraire de l’Antiquité et aux savoirs, usages et pratiques contemporains. Ces notices auront pour ambition de montrer comment se constitue un savoir agronomique dans l’Antiquité, et comment ce savoir agronomique a évolué au cours de sa transmission. Elles offriront ainsi une base de discussion scientifique solide, novatrice et utile à d’autres spécialités ou aux recherches consacrées à d’autres aires culturelles.

Ce programme de recherche permettra de rendre le corpus agronomique grec et latin visible et accessible à un large public. S’inscrivent dans cette démarche non seulement le site Internet et l’édition du livre II de Columelle, mais aussi une palette variée d’actions de diffusion et de valorisation, en particulier la création d’un carnet de recherche, la publication des actes du colloque final, la parution d’une anthologie de textes agronomiques dans une collection grand public, et la mise en place, en collaboration avec la Bibliothèque Municipale de Lyon, d’une exposition virtuelle consacrée à l’édition, à la traduction et à la réception du corpus agronomique antique à l’époque moderne.

Coordination du projet

Maëlys Blandenet (UMR 5189 - HISTOIRE ET SOURCES DES MONDES ANTIQUES)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

HiSoMa UMR 5189 - HISTOIRE ET SOURCES DES MONDES ANTIQUES

Aide de l'ANR 146 958 euros
Début et durée du projet scientifique : novembre 2018 - 36 Mois

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