DS04 - Vie, santé et bien-être

Ivermectine et lutte contre le paludisme: approche one-health integrant le traitement des hommes et des animaux d’élevage tout en limitant la toxicité pour l’environnement – ANIVERMATE

Résumé de soumission

Le succès des outils de lutte actuels contre le paludisme, comme la pulvérisation intra-domiciliaire d'insecticide et la distribution massive de moustiquaires imprégnées, est aujourd’hui compromis, notamment par l’apparition de résistances physiologiques et comportementales qui permettent au moustique d'échapper à l'exposition aux insecticides. En particulier, l'exophagie et la zoophagie contribuent à l’élaboration et au maintien de réservoirs de populations de vecteurs responsables au moins en partie de la transmission résiduelle du paludisme. L'administration massive d’ivermectine aux humains comme outil complémentaire de lutte reçoit une attention croissante. L'humain traité délivre directement l'insecticide à tout vecteur venant le piquer au moins une fois, ciblant ainsi tous vecteurs de maladies humaines. Cependant, les vecteurs zoophages, que ce soit un caractère inné ou une plasticité phénotypique induite par la pression de sélection exercée par les outils de lutte, échappent à cette approche. Dans le projet ANIVERMATE, nous élargissons le concept de distribution massive d’ivermectine aux hommes en considérant que seule une stratégie qui inclura aussi le traitement des animaux d’élevage permettra le contrôle de la transmission résiduelle. Dans le projet ANIVERMATE, nous utiliserons des formulations injectables à libération lente d'ivermectine composées de polymères biodégradables libérant la molécule sur une durée pré-définie de 6 mois. Au laboratoire, en traitant des bovins à l’aide de ces formulations, nous mesurerons les effets toxiques générés sur les traits d’histoire de vie d'Anopheles coluzzii, vecteur majeur du paludisme en Afrique sub-saharienne. En soumettant les moustiques à une pression de sélection en les nourrissant artificiellement avec du sang contenant de l’ivermectine, nous testerons leur propension à devenir résistants à la molécule, et ce, notamment, en recherchant des marqueurs biochimiques mais aussi moléculaires de cette résistance. Nous évaluerons aussi la toxicité potentielle des traitements de masse des bovins à l’ivermectine pour la faune coprohage non cible en mesurant des paramètres éco-toxicologiques sur des colonies d’invertébrés modèles. Le dosage de l'ivermectine sera optimisé sur le plasma, les excréments et les moustiques gorgés sur les bovins. Ces données permettront d’appréhender les variations potentielles des effets des formulations et d'optimiser la concentration d’ivermectine afin d’induire une toxicité maximale. Pour la première fois, les concentrations directement absorbées par les moustiques seront connues, permettant une meilleure appréhension de la relation dose-réponse et les concentrations létales pour les moustiques. Enfin, nous adapterons des modèles de transmission disponibles en les alimentant avec nos données empiriques. Nous pourrons ainsi prédire les effets des formulations d’ivermectine à long terme sur les densités de vecteurs du paludisme en simulant leur tendance à la zoophagie et la proportion de bovins relative aux hommes. Sur le terrain, nous collecterons des données entomologiques et de sciences sociales, à l’aide desquelles nous pourrons produire des cartes d'efficacité géoréférencées qui seront mises à la disposition des acteurs de santé humaine et animale impliqués dans la lutte anti-vectorielle contre le paludisme. ANIVERMATE représente une étude préliminaire visant à tester la faisabilité d’une distribution intégrée d'IVM aux hommes et au bétail, encrée dans le concept «One-Health» pour un contrôle durable du paludisme. Cette approche pourrait être généralisée à virtuellement toutes les espèces de vecteurs de maladies humaines dans tous les contextes socio-environnementaux. Cette approche permettrait de plus de cibler tous les vecteurs de maladies humaines et animales dans un concept «One-health» de protection communautaire, et ce dans des zones où les hommes courent encore le risque de maladies zoonotiques, comme dans les zones rurales d'Afrique.

Coordinateur du projet

Madame Karine MOULINE (MIVEGEC)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

CIRDES Centre International de Recherche Développement sur l'élevage en Zone Sub-humide
IRSS-DRO Institut de Recherche en Sciences de la Santé-Délégation Régionale de l'Ouest
MIVEGEC

Aide de l'ANR 155 193 euros
Début et durée du projet scientifique : - 36 Mois

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