DS10 - Défi des autres savoirs

Stratégies alimentaires et leurs changements enregistrés par les dents fossiles: considérer la séquence évolutive des homininés. – DIET-Scratches

Résumé de soumission

L'évolution des homininés dans l'Ancien Monde depuis 7 millions d'années fut influencée par les changements climatiques. Le climat est ce qui façonne les variations spatiales et temporelles de l'environnement et donc contrôle pour partie les ressources alimentaires. Évaluer comment les changements climatiques globaux ainsi que le contexte géomorphologique ont impacté l'évolution humaine nous obligent à considérer l'écologie des homininés.

Les espèces interagissent avec leur environnement notamment lorsqu'elles se nourrissent. Caractériser l'alimentation d'une espèce est donc essentiel. La base des reconstitutions alimentaires est la morphologie dentaire. Sur la base d'interprétations fonctionnelles, les paléontologues interprètent les habitudes alimentaires générales. Cependant, l'émail épais des molaires de l'homininé Paranthropus peut être interprété comme une adaptation à la consommation de graines dures ou comme une adaptation pour compenser l'usure intensive des dents due aux graminées riches en silice. Les interprétations concernant les effets des changements climatiques sur l'évolution humaine ne peuvent pas être soutenues si ces questions restent non résolues.

En outre, le rôle des aliments de recours, consommés lorsque les aliments préférés ne sont plus disponibles, pourraient être essentiel . En effet, lorsque les aliments préférés deviennent rares, une espèce peut soit élargir son spectre alimentaire localement ou maintenir les mêmes préférences en augmentant alors son espace vital. Comment détecter de tel comportement dans l'Ancien? Elucider ces points permettra de décrire le rôle des aliments préférés et de recours dans le partage écologique chez les homininés et les mécanismes évolutifs favorisant les phénotypes dentaires à émail épais. Le projet DIET-Scratches tentera de résoudre ces questions en testant quatre «hypothèses aliments de recours» grâce à une expérimentation d'alimentation contrôlée unique sur 180 porcs validée par un comité d'éthique et l'utilisation de d'indicateurs alimentaires différents:

1. L'hypothèse # 1 testera l'hypothèse que les homininés consommaient des végétaux coriaces en testant les effets sur les tissus dentaires des porcs d'un régime tendre complété avec des proportions mineures à modérées de végétation coriaces pendant 4 mois.
2. L'hypothèse # 2 testera l'hypothèse que les homininés se nourrissaient d'objets durs en testant les effets sur les tissus dentaires des porcs d'un régime tendre complété avec différentes proportions mineures ou modérées de graines dures pendant 4 mois.
3. L'hypothèse n ° 3 testera l'hypothèse que les homininés consommaient de la végétation en C4 en testant les effets sur les tissus dentaires des porcs d'un régime végétarien en C3 complété avec différentes proportions mineures ou modérées de plantes en C4 pendant 7 mois.
4. L'hypothèse n ° 4 testera l'hypothèse que les homininés consommaient de la matière animale en testant les effets sur les tissus dentaires des porcs d'un régime végétal complété avec différentes proportions mineures à modérées d'animaux (mammifères et insectes) pendant 7 mois.

Le projet DIET-Scratches a pour ambition d'étudier les habitudes alimentaires des homininés de la vallée d'Omo en Ethiopie à travers le prisme de ces expérimentations sur les porcs. Les homininés, Homo, Australopithecus et Paranthropus, et plus de 110 autres genres de mammifères dans le cadre chrono-stratigraphique bien contraint de l'Omo, ainsi que le signal du comportement humain observé par les artefacts lithiques permettent de tester des hypothèses en tenant compte de la diversité humaine car celles-ci réponde en partie au changements climatiques et environnementaux. Nous avons accès à l'ensemble du matériel fossile de l'Omo et notamment celui inédit mis au jour lors des activités de terrain menées par les membres du partenaire 1 du projet DIET-Scratches.

Coordination du projet

Gildas Merceron (Institut de Paléoprimatologie, Paléontologie Humaine : Evolution et Paléoenvirennements)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

IPHEP Institut de Paléoprimatologie, Paléontologie Humaine : Evolution et Paléoenvirennements
UE GENESI Génétique, Expérimentation et Système Innovants

Aide de l'ANR 343 513 euros
Début et durée du projet scientifique : décembre 2017 - 48 Mois

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