DS0601 - Systèmes urbains durables

Pôles URbains – PUR

PUR

Pôles URbains

Enjeux et objectifs :

Ce projet a pour objectif scientifique d’apporter de la connaissance sur la ville avec un angle original, celui de la ville arctique. En particulier, il conviendra de clarifier la question de savoir s’il est légitime de parler de villes arctiques sans plonger dans un déterminisme latitudinal. Autrement dit, peut-on identifier d’autres dénominateurs communs pour légitimer une appellation se référant d’abord aux contraintes zonales ? Ne convient-il pas d’apporter des nuances basées sur le processus d’urbanisation, la mobilité des populations et le degré d’appropriation territoriale ? La communauté scientifique internationale a commencé récemment à ressentir le besoin de recherches sur la ville boréale comme objet de recherche (2012, First International Conference on Urbanisation in the Arctic, Groenland). La population boréale est d’ores et déjà majoritairement urbaine. Le réchauffement climatique accentué aux hautes latitudes, et l’intégration économique des régions polaires, constituent de puissants facteurs d’urbanisation et de métropolisation, deux phénomènes déjà observés dans la zone circumpolaire. Actuellement, la tendance à l’urbanisation se confirme et devrait se poursuivre sous les effets conjugués de l’accroissement naturel, des migrations régionales et transnationales stimulées par le développement de l’exploitation des ressources naturelles et du trafic maritime. Cependant, le renouvellement du peuplement, dans un cadre essentiellement urbain, créée-t-il une identité nouvelle ? Un sentiment d’attachement à ces espaces pionniers ? Dans un contexte de faible densité, sommes-nous en présence de l’émergence de villes-îles, mieux reliées au centre national, souvent non polaire, ou, de vrais systèmes urbains avec des processus de polarisation régional ?

L’équipe est resserrée sur les méthodes d’analyse quantitative pour aborder deux réflexions transversales sur la ville durable et la mobilité et de l'identité. L'originalité du sujet est renforcée par l'originalité des méthodes. Cinq lots de travaux se complètent, fournissant une analyse multi-niveaux depuis l’échelle circumpolaire au niveau local. Les approches méthodologiques relèvent essentiellement de la géographie quantitative (SIG, analyse spatiale, télédétection, modélisation et simulation) pour fournir une vue de dessus, laquelle est nécessairement validée par une imprégnation des terrains parcourus, des résidents côtoyés. De plus, les travaux de terrains donneront l’occasion de conduire des enquêtes auprès des populations locales sur leur perception des risques et leur attachement à la localité de résidence. Cette approche plus qualitative fournira une vue de dedans basée sur des entrevues en profondeur.

Le projet vise à créer, analyser et diffuser une base de données sur le peuplement et sa dynamique, en particulier les migrations et les processus d'urbanisation dans le Nord circumpolaire afin de discuter des concepts de vulnérabilité et de durabilité dans un environnement sévère soumis au processus de la mondialisation. Le projet vise aussi à créer des modèles et simulation d'urbanisation afin de dessiner à l'échelle locale des zones à risques - par exemple, l'exposion au risque d'inondation.

Compte tenu des préoccupations mondiales, à savoir le réchauffement climatique et l'augmentation de la demande de matières premières, le Nord est devenu et restera pour longtemps de première importance pour le monde entier. C'est donc de l'intérêt du monde scientifique, technique et économique, de mieux connaître les évolutions de la géographie du peuplement et la géographie des réseaux sous les hautes latitudes. En particulier, de comprendre, ces évolutions et l'articulation avec celles, à l'échelle locale, des modes d'occupation du sol, afin de tenter de faire face, d'anticiper et d'accompagner les changements vers la voie du développement durable en Arctique.

Le projet répondra d’abord à la nécessaire diffusions scientifiques classiques par des articles scientifiques dans des revues d'évaluation par les pairs, en particulier les autorisations internationales de dépôt d'archives ouvertes. En plus de cela, parce

Selon Laurence Smith “by mid-century (...) the world (...) will have titled its political and economic axes radically to the north” (The New North – the world in 2050, 2010). Quoiqu’il advienne, 4 questions clés d'intérêt global sont d’ores et déjà identifiées en Arctique: la croissance démographique et les migrations, la demande de ressources naturelles, le changement climatique et la mondialisation. Il y a trois ans, les Nations Unies posaient la question en ces termes: «La croissance rapide de la population de l'Arctique ... et sa concentration croissante dans les agglomérations urbaines a des implications importantes pour les écosystèmes fragiles du Nord. Les pressions de l'urbanisation dans l'Arctique sont comparables à celles d'ailleurs, mais sont amplifiés par les défis du climat et de l'éloignement » (GEO-3: chap. Urban growth in the Arctic, 2012).

De fait, les régions circumpolaires connaissent une normalisation via la mondialisation. Les légendaires Passage du Nord-Ouest et du Nord-Est deviennent de nouvelles routes commerciales capables de réduire le temps et le coût du transit de marchandises entre l'Asie, l'Europe et l'Amérique du Nord. Le changement climatique (CC) constitue l'un des principaux facteurs de ce changement global transformant fondamentalement la zone boréale : ses écosystèmes, ses gouvernements, ses économies, son peuplement et ses cultures. En outre, le GEIC (2007) prévoit une accélération de ces transformations au cours du prochain siècle du fait que le réchauffement sous ces latitudes devrait être au moins 2-3 fois plus élevé qu'ailleurs. Les réponses directes (tempêtes, élévation du niveau de la mer, fonte du pergélisol…) auront des répercussions écologiques et sociétales plus grandes. Ainsi, le CC doit être replacé dans le cadre du développement économique (urbanisation, extraction des ressources) qui le renforcera dans une boucle de rétroaction positive.

Pourtant, on dispose de peu de connaissances sur l'urbanisation en cours en Arctique. Dans quelle mesure le Nord, hier une frontière pour l'économie de marché, aujourd'hui sa périphérie, peut devenir demain une nouvelle région centrale ? En dépit de cette question brûlante et émergente, cet objet est rarement représenté dans la recherche nationale et internationale. Par conséquent, le sujet est original avec un fort potentiel.

Ce projet vise à créer, analyser et diffuser une base de données sur le peuplement et sa dynamique en particulier les migrations et le processus d'urbanisation dans les régions boréales afin de discuter des concepts de vulnérabilité et durabilité dans un environnement extrême soumis à la mondialisation. En effet, les Pôles URbains (PUR) seront plus nombreux et plus peuplés (ex : des ports pourraient apparaître en réponse à l'augmentation de la navigation commerciale et touristique). Les PUR jouent un rôle clé dans ce développement attirant des populations souvent non-polaires. L'identité polaire de ces néo résidents est d'une grande importance tant pour les autorités locales que pour le développement durable.

L'originalité du sujet est renforcée par l'originalité des méthodes avec des sorties importantes. Cinq lots de travaux se complètent, fournissant une analyse multi-niveaux avec approches méthodologiques des approches essentiellement quantitatives de couplage (vue de dessus: SIG, analyse spatiale, télédétection) avec une approche qualitative basée sur la perception individuelle (vue de dessous: enquêtes sur le terrain avec entrevue en profondeur). Le projet comprend deux réflexions transversales sur la ville durable et la mobilité et de l'identité.

Loin de chercher un modèle uniforme, l'approche comparative conduit le projet en questionnant la notion de déterminisme. A la fin, le projet permettra de présenter la complexité des modèles géographiques de développement dans le Nord et de fournir une grille de lecture de la durabilité et de la vulnérabilité des communautés et des territoires du Nord.

Coordinateur du projet

Madame Yvette Vaguet (Identités et Différenciationsde l'Environnement des Espaces et des Sociétés (IDEES))

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

ESPACE - UMR 7300 Étude des Structures, des Processus d'Adaptation et des Changements de l'Espace (ESPACE)
LADYSS - UMR 7533 Laboratoire Dynamiques Sociales et recomposition des espaces (LADYSS)
IDEES - UMR 6266 Identités et Différenciationsde l'Environnement des Espaces et des Sociétés (IDEES)

Aide de l'ANR 459 925 euros
Début et durée du projet scientifique : septembre 2015 - 42 Mois

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