Pottery production and consumption in Ptolemaic-Roman Egypt – CERAMEGYPT
CERAMEGYPT, Pottery production and consumption in Ptolemaic-Roman Egypt
Le projet CERAMEGYPT est un projet de recherche fondamentale franco-allemand, coordonné par Jean-Yves EMPEREUR (CNRS, membre de l’Institut) et Michael HEINZELMANN (Université de Cologne). Le projet a commencé le 1er janvier 2015 et a duré 48 mois. Il a bénéficié d’une aide ANR de 389.996,00 €.
Un programme de recherche franco-allemand destiné à étudier les céramiques d’époques ptolémaïque et romaine découvertes en Egypte
L’étude des céramiques constitue un enjeu important pour les archéologues, dans la mesure où elles permettent non seulement d’apporter des éléments précieux dans la datation des contextes de fouille (elles sont un marqueur chronologique des sites), mais aussi de participer à la compréhension de schémas économiques (importations et exportations des différentes céramiques suivant leurs origines géographiques, leur valeur, leurs modes de consommation…). <br />L’enjeu du projet est de permettre une meilleure étude des céramiques découvertes en Egypte, dans des contextes antiques des périodes ptolémaïques et romaines. Dans cette optique, le programme s’articule autour de plusieurs objectifs : <br />1) différencier les importations des productions locales ;<br />2) pour les céramiques importées, isoler des groupes aux caractéristiques similaires et, si possible, identifier leur provenance ;<br />3) à l’intérieur des groupes de production locale, différencier les fabriques alluviales (par exemple les céramiques produites aux abords du Nil) et les fabriques calcaires ;<br />4) à l’intérieur des deux types de fabriques, distinguer les différences de production<br />Chaque problématique englobe trois catégories de matériel céramique : la céramique dite fine, la céramique commune et les amphores.
En plus d’une étude typologique et, dans certain cas d’une étude pétrographique des pâtes, le point central du projet a résidé dans la caractérisation des matériaux grâce à un spectromètre à fluorescence X (XRF) portable.
L’étude typologique est une approche classique en archéologie : elle fournit des informations précieuses sur l’origine géographique et la période de fabrication des céramiques grâce à leur forme. La pétrographie permet quant à elle de caractériser la géologie de l’argile qui est utilisée, et donc d’apporter de précieuses information sur leur provenance.
Mais l’élément novateur de ce projet est l’emploi du XRF de manière systématique : en archéologie, l’analyse chimique est en général utilisée ponctuellement, ou bien sur de petites séries d’échantillons. Or le projet a permis de produire des séries très importantes de données : en comparant les résultats ainsi obtenus, nous avons pu constituer des groupes qui correspondent à des productions et à des ateliers différents. Nous avons ainsi pu croiser plusieurs sources d’information pour mener à bien l’étude des céramiques découvertes sur plusieurs sites.
Une réflexion commune, avec des essais de mesures répétées, a abouti à la définition d’un protocole de prise de mesures qui est appliqué de façon semblable par les deux équipes, ce qui donne des résultats qui sont échangeables sans aucune discrépance.
Résultats principaux
Ce projet a ainsi permis d’étudier la céramique découverte sur plusieurs types de sites archéologiques :
• les sites avérés de production céramique en Égypte, comme ceux de la rive sud du lac Mariout (Akademia) et aux alentours des limites méridionales du territoire alexandrin ; un atelier de production céramique à Bouto, à environ 60 km au sud-est d’Alexandrie ; plus loin dans le pays, Coptos avec un atelier avéré ainsi qu’un atelier supposé à Tell Basta, dans le Delta ;
• l’identification de sites de production à partir de l’analyse d’échantillons provenant de sites de consommation : elle concerne les amphores hellénistiques largement présentes (amphores de l’île de Cos et des villes côtières du continent anatolien ; amphores de la cité de Cnide) mais aussi les amphores romaines découvertes dans une épave le long des côtes alexandrines (amphores du type Lamboglia 2, produites en Adriatique et en Campanie) ;
• La troisième partie s’est attachée à une approche par groupes typochronologiques. Le premier dossier a concerné la définition d’un groupe d’amphores torpedo de Bahig, site situé à une cinquantaine de kilomètres au sud-est d’Alexandrie. Le deuxième dossier s’interroge sur une catégorie très spécifique de céramique peinte de la haute époque hellénistique dont l’origine est discutée. Enfin le troisième dossier procède à la caractérisation, époque par époque et spécialiste par spécialiste de la céramique locale découverte sur des sites de consommation dans la ville d’Alexandrie fouillées par le CEAlex.
La fin du programme CeramEgypt ne signifie pas son arrêt scientifique. Bien au contraire, il s’agit de profiter de cette base assurée pour continuer dans cette nouvelle approche des études céramiques et de l’élargir : au-delà de la collaboration franco-allemande qui continuera à être entretenue, des contacts ont été pris avec le Fitch Laboratory de l’Ecole Britannique d’Archéologie à Athènes (BSAA), avec le laboratoire grec Dimokritos à Athènes, avec le Cyprus Institute de Nicosie, avec le Céramopôle du Centre Camille Jullian d’Aix-en-Provence (UMR 7299) et avec le laboratoire Archéologie et Archéométrie (ArAr) de la Maison de l’Orient à Lyon.
Un kit de calibration est en cours de constitution, afin de partager entre les différents laboratoires utilisant les XRF portables des échantillons de référence calibrés sur la même machine, en respectant les mêmes protocoles de mesures, premier pas pour la mise en réseau des laboratoires européens, avec un élargissement à court terme vers un laboratoire turc et un laboratoire libanais.
Un second volet de ce développement sera la mise en ligne, en accès libre, des données de laboratoire, particulièrement des analyses chimiques et des descriptions pétrographiques des échantillons provenant d’échantillons de sites de production. Le programme ANR CeramEgypt débouchera sur un progrès d’une portée considérable dans l’approche méthodologiques des études céramiques, avec la multiplication des analyses non-destructives par pXRF, directement sur le terrain, et la mise en commun de ces nouvelles données de référence via un large réseau européen.
Ces travaux ont abouti à la publication de 16 articles, l’organisation d’une dizaine de tables rondes, 5 communications dans des colloques. Ils ont vu la réalisation de deux thèses de doctorat en lien avec le sujet du programme.
Coordination du projet
Jean-Yves EMPEREUR (Centre d'Etudes Alexandrines)
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
CEAlex Centre d'Etudes Alexandrines
Universitat Köln, Archäologisches Institut Universitat Köln, Archäologisches Institut
Aide de l'ANR 389 996 euros
Début et durée du projet scientifique :
novembre 2014
- 36 Mois