DS0803 - Éducation et apprentissages

Le design des politiques d'éducation : Résultats empiriques pour l'enseignement secondaire à Paris – DesignEdu

Le design des politiques d’éducation

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Études empiriques sur l'enseignement secondaire à Paris

<br />Ce projet de recherche vise à mieux comprendre et à améliorer le fonctionnement des procédures d’affectation des élèves aux établissements scolaires. En l’absence de transferts monétaires, cette affectation est généralement réalisée au moyen de mécanismes centralisés. La littérature théorique a montré que le mécanisme d’acceptation différée (DA) de Gale-Shapley avait des propriétés désirables, comme la stabilité et la non-manipulabilité, qui ont justifié son adoption dans plusieurs grandes villes (Boston, New York, Paris). L’analyse empirique de ces mécanismes et l’évaluation de leur contribution à l’efficacité et l’équité des politiques éducatives restent cependant limitées. Ce projet de recherche vise à combler ces lacunes, afin de déterminer les systèmes d’affectation les plus susceptibles de maximiser le bien-être social. Plus précisément, ce projet vise à répondre à trois questions : 1/ Comment estimer les préférences des élèves à partir de leurs choix d’école ? 2/ Quel est le mécanisme optimal d’allocation des élèves aux écoles ? 3/ Comment réduire les inégalités scolaires au moyen des mécanismes centralisés d’affectation ?<br /><br /><br /><br />

Cette recherche développe des méthodes économétriques pour estimer les préférences des étudiants à partir de leurs listes de classement qui sont soumises dans les systèmes de choix scolaire. Les approches empiriques utilisées dans la littérature sont généralement basées sur la forte hypothèse de la révélation véridique des préférences. Cependant, la plupart des mécanismes utilisés dans la pratique limitent le nombre d'écoles dans la liste des classements, ce qui peut amener les élèves à adopter un comportement stratégique. Nous utilisons une méthode de préférence révélée, en supposant que les choix observés faits par les familles reflètent leurs préférences d'une manière ou d'une autre. Nous proposons une nouvelle méthode pour estimer les préférences des élèves en fonction des choix d'élèves observés, sans supposer que ces choix sont vraisemblablement de véritables préférences. Au lieu de cela, ils supposent seulement que les élèves ne commettent pas d'erreurs importantes afin qu'ils ne manquent pas les écoles auxquelles ils ont de bonnes chances d'admission. Nous montrons théoriquement que cela est plausible même lorsque chaque élève connaît peu les préférences des autres. En utilisant les données des choix d'écoles en 2013 à Paris, nous montrons que la nouvelle méthode explique mieux le comportement des élèves que les approches économiques alternatives, qui reposent sur des hypothèses de vérité.

Nos approches scientifiques pour analyser les données sur les choix scolaires peuvent être utilisées dans de nombreux autres contextes, y compris les admissions centralisées des universités. Nous les utilisons pour analyser les données de choix scolaires de Paris et répondre de manière empirique à des questions telles que la façon dont les procédures de choix scolaire et les critères d'admission déterminent le tri fait par les élèves dans les écoles. De plus, notre méthodologie est actuellement utilisée par des chercheurs de Columbia, MIT, Princeton et Université de Melbourne pour étudier les admissions universitaires en Australie et au Chili, dans lesquelles le mécanisme de DA centralisé est également utilisé.

Notre méthodologie est actuellement utilisée par des chercheurs de Columbia, MIT, Princeton et Université de Melbourne pour étudier les admissions universitaires en Australie et au Chili, dans lesquelles le mécanisme de DA centralisé est également utilisé.

Nos résultats principaux sont résumés dans le working paper «Beyond Truth-telling: estimation de préférence avec un choix centralisé de l'école« par Gabrielle Fack, Julien Grenet et Yinghua He. Il est actuellement en révision pour publication à l'American Economic Review, l'un des meilleures revues académiques en économie. Le document résume nos outils analytiques et des résultats empiriques de l'enseignement secondaire à Paris.

Le projet DesignEdu est un projet de recherche fondamentale coordonné par Yinghua HE (Toulouse School of Economics). Il associe aussi Gabrielle FACK (Paris School of Econmics) et Julien GRENET (Paris School of Economics). Le projet a commencé en octobre 2014 et a duré 22 mois. Il a bénéficié d’une aide ANR de 56 686,24 € pour un coût global de l’ordre de 77 422,24 €

Ce projet de recherche vise à mieux comprendre et à améliorer le fonctionnement des procédures d’affectation des élèves aux établissements scolaires. En l’absence de transferts monétaires, cette affectation est généralement réalisée au moyen de mécanismes centralisés. La littérature théorique a montré que le mécanisme d’acceptation différée (DA) de Gale-Shapley avait des propriétés désirables, comme la stabilité et la non-manipulabilité, qui ont justifié son adoption dans plusieurs grandes villes (Boston, New York, Paris). L’analyse empirique de ces mécanismes et l’évaluation de leur contribution à l’efficacité et l’équité des politiques éducatives restent cependant limitées. Ce projet de recherche vise à combler ces lacunes, afin de déterminer les systèmes d’affectation les plus susceptibles de maximiser le bien-être social.

Plus précisément, ce projet vise à répondre à trois questions :
1/ Comment estimer les préférences des élèves à partir de leurs choix d’école ?
2/ Quel est le mécanisme optimal d’allocation des élèves aux écoles ?
3/ Comment réduire les inégalités scolaires au moyen des mécanismes centralisés d’affectation ?

Le premier axe du projet vise à apporter une contribution méthodologique générale en proposant des méthodes économétriques pour estimer les préférences scolaires des élèves à partir de leurs listes de vœux. Les méthodes empiriques actuellement mises en œuvre dans la littérature reposent sur l’hypothèse très forte de révélation sincère des préférences. Or, la plupart des mécanismes d’affectation aujourd’hui utilisés restreignent les listes de choix à un nombre limité de vœux, ce qui peut conduire les élèves à adopter des comportements stratégiques. Notre objectif est de proposer une méthode d’estimation qui repose sur des hypothèses moins restrictives, et qui soit compatible avec les fondements théoriques de l’analyse des comportements des familles. Les résultats seront illustrés par des simulations Monte Carlo et par une estimation empirique à partir d’une base de données inédite sur les vœux formulés par l’ensemble des élèves des académies d’Île-de-France dans le cadre de la procédure AFFELNET d’affectation au lycée.

L’estimation des préférences des élèves constitue le préalable indispensable à la réalisation du deuxième axe de ce projet, qui vise à identifier le mécanisme d’affectation optimal du point de vue de la satisfaction de ces préférences. L’efficacité relative et les propriétés distributives de mécanismes alternatifs d’affectation seront évaluées au moyen de simulations qui s’appuieront sur les données franciliennes. Il s’agira en particulier de comparer le mécanisme actuellement utilisé à celui qui permettrait aux élèves de classer autant d'écoles qu’ils le souhaitent (le DA non contraint). L’élargissement de la liste de vœux intervenue dans l’académie de Paris en 2013 (passage de 6 à 8 vœux) sera exploité pour valider nos simulations.

Le troisième axe du projet sera consacré à l’impact des mécanismes d’affectation sur les inégalités scolaires. Largement documentée par les travaux menés en économie, en sciences de l’éducation et en sociologie, la persistance des inégalités éducatives nécessite une réflexion nouvelle sur les moyens d’y remédier. La politique de discrimination positive mise en place à Paris pour le choix du lycée constitue une expérience récente, qui donne aux élèves boursiers sur critères sociaux un traitement préférentiel, leur permettant depuis 2008 de s’inscrire dans le lycée de leur choix. Nous proposons d’analyser l’impact de cette politique sur les résultats scolaires des élèves les plus défavorisés, ainsi que sur ceux des autres élèves, afin d’évaluer l’efficacité de cette forme de discrimination positive.

La réalisation de ce projet de recherche permettra non seulement de faire avancer la connaissance scientifique sur les mécanismes d’allocation, mais également de contribuer à l’amélioration des politiques éducatives.

Coordination du projet

Yinghua He (Fondation Jean-Jacques Laffont / TSE)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

TSE Fondation Jean-Jacques Laffont / TSE

Aide de l'ANR 188 708 euros
Début et durée du projet scientifique : septembre 2014 - 36 Mois

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