JCJC SVSE 1 - JCJC - SVSE 1 - Physiologie, physiopathologie, santé publique

Impact du paludisme précoce au cours de la grossesse sur la croissance fœtale au Bénin – RECIPAL

Résumé de soumission

En Afrique sub-Saharienne, les mesures médicamenteuses de prévention du paludisme gestationnel sont recommandées à partir du 2nd trimestre de grossesse. Pourtant, la survenue d’infections palustres au cours du 1er trimestre pourrait être particulièrement délétère pour le fœtus, dans la mesure où les parasites séquestrent dans un placenta en plein développement. A ce jour, peu d’études ont évalué les conséquences du paludisme en début de grossesse. Si ces études ont suggéré que la survenue d’infections palustres avant 4 mois de grossesse était de mauvais pronostic pour la mère et l’enfant, de probables biais de sélection et biais de confusion liés à ces études ne peuvent être écartés. Le présent projet apportera des conclusions plus pertinentes à ce sujet, pour les raisons suivantes : (i) recrutement des femmes avant conception (permettant la détection des premières infections palustres au cours de la grossesse), (ii) étude de l’effet du paludisme sur le retard de croissance intra-utérin (RCIU), (iii) évaluation et prise en compte du statut nutritionnel de la femme avant et pendant la grossesse, ainsi que la survenue d’une hypertension artérielle gravidique, (iv) dépistage des infections palustres submicroscopiques et évaluation de leur effet sur la mère et le fœtus.

L’objectif principal de ce projet est d’évaluer les conséquences du paludisme survenant précocement au cours de la grossesse pour la mère et le fœtus, en répondant aux questions suivantes :
1. Quels sont les effets du paludisme au cours du 1er trimestre de grossesse sur le RCIU, la prématurité, le poids de naissance et l’anémie maternelle ?
2. Quelle est la prévalence des infections submicroscopiques au cours de la grossesse, et plus particulièrement au 1er trimestre, et leurs conséquences pour la mère et le fœtus ?
3. Quelle est l’influence du statut nutritionnel des femmes sur le pronostic fœtal en cas de paludisme gestationnel précoce ?

Le projet durera 42 mois. Les trois premières tâches consisteront au recrutement et au suivi de 500 femmes enceintes. A cet effet, 2 000 femmes en âge de procréer vivant dans la zone d’Abomey-Calavi (Sud Bénin) seront suivies mensuellement jusqu’à ce qu’elles tombent enceintes. Les 500 premières femmes enceintes seront recrutées et suivies à l’hôpital chaque mois jusqu’à l’accouchement. Le suivi consistera notamment au dépistage des infections palustres (par microscopie et PCR), la recherche d’hypertension artérielle et l’évaluation du statut nutritionnel (mesures anthropométriques et pratiques alimentaires). Cinq échographies doppler seront programmées à partir de la 8ème-14ème semaine d’aménorrhée afin de dater précisément la grossesse. La quatrième tâche sera l’exploitation des données cliniques et biologiques colligées avant et pendant la grossesse, pour évaluer l’influence du paludisme précoce sur le devenir maternel et fœtal. L’analyse statistique sera réalisée à l’aide de modèles hiérarchiques mixtes et par analyse des chemins (« path analysis »). Le critère principal sera le RCIU, défini comme un petit-poids (fœtal ou à la naissance)-pour-l’âge gestationnel, ou une diminution de la croissance fœtale, selon les normes OMS. La cinquième tâche sera consacrée à la conduite du projet.

En termes de retombées, nos résultats contribueront à modifier les stratégies actuelles de prévention du paludisme gestationnel, dont l’efficacité à court terme est remise en question.

Valérie Briand (UMR216 IRD/UPD), coordinatrice du projet, conduit des programmes de recherche dans les domaines de l’épidémiologie et de la prévention du paludisme gestationnel depuis 8 ans, avec une expérience de terrain importante au Bénin. Le projet implique une équipe de plusieurs scientifiques spécialisés en épidémiologie, biostatistiques, anthropologie et biologie de l’UMR216, ainsi que deux collaborateurs français (UMR204/IRD et US953/Inserm) spécialistes en nutrition et santé périnatale, et deux collaborateurs béninois de l’Université d’Abomey-Calavi.

Coordinateur du projet

Mère et enfant face aux infections tropicales (Laboratoire public)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

Mère et enfant face aux infections tropicales

Aide de l'ANR 304 498 euros
Début et durée du projet scientifique : novembre 2013 - 42 Mois

Liens utiles