CULT - Emergences et évolutions des cultures et des phénomènes culturels

POuvoir politique et Conversion Religieuse de l'Antiquité à l'époque Moderne – POCRAM

Pouvoir politique et Conversion Religieuse, (Antiquité –période Moderne)

Les attitudes du pouvoir politique face au changement religieux que peuvent repre´senter les conversions sont un angle d'approche privile´gie´ pour mieux comprendre la place de la religion dans les socie´te´s. <br />Le programme Pocram (Pouvoir politique et conversion religieuse (Antiquité - période moderne, ANR 13-CULT-0008) analyse ces attitudes dans différentes configurations, depuis la fin de l'Antiquite´ jusqu’à la fin du XVIIe siècle.

Enjeux : penser le versant politique du changement religieux

Alors que de nombreux travaux sont consacrés aux itinéraires personnels de convertis, à l’activité missionnaire des institutions religieuses ou encore aux facteurs sociologiques de la conversion, Conversion/Pouvoir et religion s’intéresse de façon spécifique aux variations du regard et de l’attitude du pouvoir politique face aux conversions religieuses. <br />Notre constat de départ est que le versant proprement politique de la conversion religieuse se trouve souvent absorbé par d’autres objets connexes tels que la coexistence entre les grandes religions ou les identités confessionnelles. La conversion religieuse est ici appréhendée non pas comme une expérience personnelle de métamorphose intellectuelle ou spirituelle, mais comme un changement visible d’adhésion à un groupe ou à un mouvement se définissant comme une religion, que ce changement concerne un individu ou un groupe. On considérera les religions comme représentations du monde et comme systèmes normatifs portés par des structures d’organisation spécialisées. Par pouvoir politique, on entend ici toute expression d’autorité et d’organisation de la communauté civique, à des échelles diverses.

Approches :
- Mettre en œuvre une approche largement pluridisciplinaire à l’intérieur du champ historique (signes, droit, espaces, discours), ce qui implique de surmonter les cloisonnements entre périodes historiques, aires géographiques et domaines de spécialisation.
- Promouvoir une démarche d’histoire comparée en montrant la diversité des modèles à partir d’angles d’étude précisément définis.
étudier les objets dans leurs dynamiques et leur complexité, à partir de situations particulières, en évitant la staticité des notions ; par exemple la notion de minorité religieuse, qui suscite actuellement plusieurs travaux, ne fera pas ici l’objet d’une étude spécifique mais sera revisitée sous des angles différents ;
- Mettre en évidence des ruptures historiques dans la relation entre pouvoir politique et religion : il ne s’agit pas ici de produire un « grand récit » qui mettrait en scène des entreprises de conversion successives, mais de fournir des outils permettant de penser ces relations, au cœur de processus historiques majeurs.

- Les résultats du travail scientifique seront présentés au cours de quatre colloques thématiques (2015, 2016, 2017) et un colloque conclusif (2017) précédé de trois journées d'Ecole doctorale. Les colloques seront annoncés sur le carnet Conversion/Pouvoir et religion.
- Une base de données «Les signes de la conversion religieuse« doit répertorier des sources textuelles ou iconographiques concernant le changement de religion dans ses aspects visibles, de l’Antiquité à la période moderne incluse, que ce changement de religion concerne le passage au christianisme (ou d’une confession chrétienne à l’autre) ou le passage du christianisme à une autre religion. Cette collecte concerne l’ensemble des aires de contact entre christianisme et autres religions, dans une visée d’histoire globale. On produira ainsi un outil de travail à disposition de la communauté scientifique et du public.
- Le carnet de recherche Conversion/Pouvoir et religion, ouvert depuis janvier 2014, offre une information scientifique et bibliographique à destination du public intéressé par les thèmes liés aux changement religieux.

-

-

POCRAM propose de travailler sur les variations du regard et de l’attitude du pouvoir politique face aux conversions religieuses dans le cadre du sous-thème « Religions et système mythiques » de l’appel à projet, se rattachant aux questions des transferts de religion, et des relations entre religions et construction d’espaces nationaux.
La contrainte exercée par des États en matière religieuse est un thème d’actualité, alimentant des discours sommaires opposant tolérance et intolérance. Nous proposons ici une approche des relations entre pouvoir politique et religion à la fois ouverte et ciblée sur des études de situations historiquement contextualisées.
Les religions requièrent de leurs adeptes des signes d’adhésion socialement visibles, organisés selon des systèmes plus ou moins complexes et contraignants, codifiés de manière variable à travers l’histoire. Ces signes extérieurs permettent aux pouvoirs politiques de percevoir les faits de conversion et, éventuellement, d’agir sur eux.
Nous appréhendons la conversion religieuse à travers cette mise en signes, comme un changement visible d’adhésion à un groupe ou à un mouvement se définissant comme une religion (que ce changement concerne un individu ou un groupe), plus que comme une expérience personnelle de métamorphose intellectuelle ou spirituelle. Par religion, on entend des représentations du monde et des systèmes normatifs portés par des structures d’organisation spécialisées. Par pouvoir politique, on entend toute expression d’autorité et d’organisation de la communauté civique, à quelque échelle que ce soit.
La rencontre du pouvoir politique avec les conversions religieuses s’effectue selon des modalités très diverses : de l’identification ou de la coopération la plus étroite à la disqualification et à l’affrontement. Les attitudes du pouvoir politique varient selon des facteurs complexes, liés à la place de la religion dans la société, mais aussi à l’importance des flux de conversion ou au contexte politique et idéologique. Or, si les études consacrées à la conversion et aux convertis sont nombreuses, aucune réflexion spécifique sur les interventions du pouvoir politique n’a été encore menée en dehors de cadres monographiques liés à des conditions historiques très spécifiques.
Notre hypothèse est que les attitudes du pouvoir politique face au changement religieux que peuvent représenter les conversions sont un angle d’approche privilégié pour mieux comprendre la place de la religion dans les sociétés. Notre proposition a pour ambition d’analyser ces attitudes dans différentes configurations, depuis la fin de l’Antiquité jusqu’à la « crise de conscience européenne » de la fin du XVIIe siècle.
Notre point de départ est l’Europe occidentale et les relations entre le christianisme (dans ses diverses confessions) et les autres pratiques religieuses (judaïsme, religions civiques antiques, islam, mais aussi toutes les religions avec lesquelles le christianisme est entré en contact hors d’Europe) ainsi que les mouvements de conversion entre différentes acceptions du christianisme. Des spécialistes d’autres aires culturelles seront aussi invités pour mettre en perspective les résultats obtenus.
L’objectif est d’élaborer non seulement une typologie des comportements politiques face aux conversions religieuses, mais également des outils conceptuels qui permettent aux historiens d’aborder la question de la conversion comme un élément des transformations religieuses des sociétés. La méthodologie retenue est celle d’une démarche comparatiste portant sur l’étude d’objets précis. Si le projet est fondamentalement une entreprise historique se projetant dans une temporalité et une aire géographique très large, l’appel à des contributions de politologues, de sociologues et d’anthropologues pour dialoguer avec les historiens est une partie intégrante de l’entreprise.

Coordinateur du projet

Centre de recherche en histoire européenne comparée (Laboratoire public)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

Analyse comparée des pouvoirs
Centre National de la Recherche Scientifique délégation Provence et Corse_Temps, espaces, langages, Europe méridionale, Méditerranée
Centre de recherche en histoire européenne comparée
Centre de Recherches Historiques/ Centre d'anthropologie religieuse européenne
Laboratoire de médiévistique occidentale de Paris

Aide de l'ANR 184 954 euros
Début et durée du projet scientifique : décembre 2013 - 48 Mois

Liens utiles