INEG - Métamorphoses des sociétés. Inégalité - Inégalités.

Étude Longitudinale sur les Adolescents Placés : Inégalités des conditions de vie et de sortie de l’Aide Sociale à l'Enfance – IN-ELAP

Résumé de soumission

Ce projet de recherche porte sur les conditions de vie et de sortie des jeunes de 17 à 21 ans placés dans le cadre de la protection de l’enfance en France. Il s’inscrit dans la lignée des études sur le « devenir adulte », c’est-à-dire le devenir à long terme des jeunes placés et plus spécifiquement sur la période de sortie du dispositif de protection de l’enfance. Il vise à combler un manque de connaissances sur la période de l’après-placement très mal renseignée par ces études qui démontrent toutefois qu’elle est vécue de manière brutale comme un « lâchage institutionnel ». Beaucoup de jeunes confrontés à des difficultés familiales, sociales et éducatives au moment de leur placement restent, en effet, toujours vulnérables une fois sortis du système de protection.
En population générale, la transition vers l’âge adulte a, au contraire, été largement étudiée par les sociologues de la jeunesse et les démographes. L’accès au logement autonome et à l’emploi, l’entrée en conjugalité et/ou en parentalité qui caractérisent le « passage à l’âge adulte » font l’objet de processus graduels et susceptibles d’aller-retour. Il s’agit d’une phase du cycle de vie où les politiques sociales et dispositifs d’aide sont, en France, particulièrement peu présents ; on s’en remet aux solidarités familiales. Cette transition vers l’âge adulte est alors une affaire de famille, y compris pour les populations plus défavorisées sorties du système scolaire précocement. En cas de chômage des jeunes, la famille est source d’aide résidentielle. Peu diplômés, avec un réseau familial faible ou inexistant, les jeunes sortants de protection cumulent les inégalités face à leurs pairs et vont devoir faire face, précocement dans l’urgence, à toutes les transitions vers l’âge adulte.
Le projet IN-ELAP dont les méthodes s’inspirent fortement de la sociologie et de la démographie, s’appuie sur une équipe pluridisciplinaire de chercheurs spécialisés dans le domaine de la protection de l’enfance ou des populations en difficultés, tant pour la conception de l’enquête que pour l’analyse des résultats. Elle répondra au manque de cadrage actuel sur la population des enfants protégés en France en fournissant des résultats représentatifs qui tiennent compte de leurs caractéristiques sociodémographiques et des différents modes d’interventions. Il s’agira de dépasser les représentations liées aux résultats d’études monographiques sur le devenir adulte des enfants placés et de prendre en compte toute la diversité des parcours de prise en charge et les types de placements dont les jeunes bénéficient à la veille de leur sortie du dispositif.
Les conséquences des inégalités territoriales des politiques départementalisées de protection et des politiques locales envers les jeunes en difficultés feront l’objet d’une attention particulière, notamment par le biais d’une étude comparative des populations protégées selon les politiques mises en œuvre dans 10 départements. Par ailleurs, une étude sur le temps de la sortie de prise en charge sera réalisée en deux vagues d’enquêtes, à un an d’intervalle, au sein des départements d’Ile-de-France et du Nord-Pas-De-Calais auprès de 1500 jeunes placés. Elle reposera sur un échantillon représentatif des jeunes placés et âgés de 17 à 21 ans rencontrés en face-à-face lors d’une première vague d’enquête. Cette étude sera prolongée par un suivi passif renseignant la fin de trajectoire de protection de l’enfance et par un suivi qualitatif d’environ 3 ans auprès de 100 à 150 jeunes. L’analyse portera alors autant sur le temps de la prise en charge (qui sont les jeunes protégés ? Comment sont-ils protégés ? Quel est leur parcours de protection ? Sur quelles compétences vont-ils s’appuyer au moment de la sortie (niveau scolaire, entourage, préparation à l’autonomie…) que sur la période qui succède le dernier placement en reprenant les grandes lignes de la transition du passage à l’âge adulte.

Coordinateur du projet

Madame ISABELLE FRECHON (Laboratoire Professions, Institutions, Temporalités) – frechon@ined.fr

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

Printemps Laboratoire Professions, Institutions, Temporalités
INED Institut National d'Etudes Démographiques

Aide de l'ANR 350 000 euros
Début et durée du projet scientifique : janvier 2013 - 36 Mois

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