Blanc SVSE 7 - Blanc - SVSE 7 - Biodiversité, évolution, écologie et agronomie

Contribution de la neurogenèse olfactive à la mise en place du comportement maternel chez les mammifères. – PLASTMATBEHAV

Résumé de soumission

La naissance des jeunes induit de profonds changements comportementaux chez la femelle. Outre l’allaitement, qui caractérise la classe des Mammifères, le comportement maternel est défini par la consommation des liquides placentaires, l’intérêt pour les nouveau-nés et leur nettoyage immédiat. Cependant, des différences existent en fonction de la maturité du nouveau-né à la naissance. La naissance de jeunes immatures (rongeurs) s’accompagne de la construction d’un nid. Chez les espèces pour lesquels le jeune présente un développement avancé (ongulés), le comportement maternel est caractérisé par une reconnaissance individuelle du jeune et l’établissement d’un lien exclusif avec celui-ci. Une plasticité au niveau du système nerveux central, en particulier au niveau des structures olfactives pourrait rendre compte de ces changements comportementaux.

L’objectif général de ce projet est de comprendre dans quelle mesure la neurogenèse olfactive, source de plasticité cérébrale, peut être un mécanisme par lequel l’olfaction contribue à la mise en place du comportement maternel et des apprentissages qui lui sont associés chez deux espèces de mammifères présentant des comportements de soins aux jeunes qui diffèrent.

Le premier objectif (tâche 2) évalue, chez la souris et la brebis, dans quelle mesure la neurogenèse olfactive est régulée par la parturition et les interactions avec les jeunes et l’importance relative de ces 2 facteurs sera considérée. A cette fin, le nombre de cellules Bromo-deoxyuridine positives (BrdU; un marqueur de division cellulaire) classées en fonction du type cellulaire (neuroblastes ou neurones matures) sera comparé entre des femelles parturientes avec ou sans contact avec leurs jeunes pendant 24 heures et des femelles non-gestantes.

Le second objectif (tâche 3) teste l’hypothèse que les nouveaux neurones olfactifs contribuent au traitement des odeurs qui sont impliquées dans l’attraction que manifeste la mère envers des nouveaux-nés (souris) ou dans la mémorisation des caractéristiques individuelles du jeune (brebis). Chez la souris nous examinerons si les odeurs des jeunes recrutent préférentiellement les nouveaux neurones du bulbe olfactif. Chez la brebis, nous testerons l’idée que la mémorisation de l’odeur du jeune implique préférentiellement les nouveaux neurones du bulbe olfactif principal. Pour cela, nous quantifierons par triple marquage immunohistochimique les cellules BrdU positives, marquées par une protéine spécifique des neurones (NeuN) et par une protéine d’expression précoce (Fos) qui signe les cellules activées, chez des mères qui ont été exposées à l'odeur de souriceaux ou qui ont appris ou non l’odeur de leur agneau .

Le troisième objectif (tâche 4) aura pour intention d'évaluer les effets du blocage de la neurogenèse sur la mise en place du comportement maternel à la parturition chez la souris et chez la brebis.Chez la souris une approche d'optogénétique sera utilisée pour inhiber les nouveaux neurones du bulbe olfactif à la parturition alors que chez la brebis un agent anti-mitotique sera injecté dans les ventricules cérébraux quelques mois avant la parturition pour réduire le nombre de nouveaux neurones pendant les premières interactions avec l'agneau.

Coordinateur du projet

UMR Physiologie de la reproduction et des comportements (Laboratoire public)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

UMR Physiologie de la reproduction et des comportements
Unité Perception et Mémoire

Aide de l'ANR 340 000 euros
Début et durée du projet scientifique : décembre 2012 - 36 Mois

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