Blanc SVSE 7 - Sciences de la vie, de la santé et des écosystèmes : Biodiversité, évolution des écosystèmes, écosystèmes productifs, agronomie 2010

Bases comportementales de l’Ajustement à Moins de BIodiversité : oublier la peur, un mécanisme pour s’adapter à la surexploitation de son milieu? – BAMBI

Résumé de soumission

En l’absence de prédateurs la densité des populations de grands herbivores augmente très fréquemment à des niveaux entrainant une perte de biodiversité et une homogénéisation de l’environnement. Bien qu’il soit prédit que ces populations d’herbivore devraient décliner du fait de phénomènes de densité dépendance liés à l’appauvrissement de leur ressources, elles se maintiennent souvent à des densités relativement élevées et suffisantes pour empêcher la restauration des habitats. L’objectif du projet est d’évaluer la contribution et la nature des ajustements comportementaux qu’autorise l’absence de prédation et comment ils contribuent contribution au maintien de ces fortes densités d’herbivores.
Le partenaire principal du projet (CEFE) a précédemment utilisé la situation exceptionnelle résultant de l’introduction de cerfs à queue noire (Odocoileus hemionus) sur Haida Gwaii (îles de la Reine Charlotte, Colombie Britannique, Canada), un archipel de la superficie de la Corse, originellement dépourvu de cerfs et de leurs prédateurs. Les recherches réalisées ont montré qu’après 50 ans la grande majorité des plantes avait disparu du sous-bois. Bénéficiant de ces acquis, nous proposons la première étude cherchant à lier l’écologie de la peur d’une espèce clé de l’écosystème (le cerf) à sa réponse au déclin des ressources et à la perte de biodiversité. Nous proposons une approche basée et sur l’observation et sur l’expérimentation, s’appuyant sur le contexte remarquable de ce « laboratoire naturel ». La diversité des îles présentant des histoires de colonisation différentes, et la présence d’îles où nous avons expérimentalement réduit les populations de cerfs et restauré la végétation depuis 12 ans fournissent en effet une situation unique pour un tel projet.
Nous étudierons la vigilance, le régime alimentaire, les interactions sociales, les déplacements, la sélection de l’habitat et la démographie des cerfs dans des situations de risque et de ressource contrastées, avec des approches basées sur des données acquises à l’échelle de l’individu par observation directe d’individus marqués et d’individus équipés de colliers GPS enregistreurs d’activité. Le projet réuni des experts reconnus internationalement dans l’étude de ces problématiques (CEFE : sélection alimentaire, déplacements, démographie ; CEFS : sélection alimentaire, déplacements ; EDB : comportement de vigilance et approvisionnement ; partenaires canadiens : comportement et écologie générale du cerf à queue noire, manipulation). Les niveaux de risque et de ressources étant par nature négativement corrélés de par l’exploitation du milieu par les cerfs, nous ne nous limiterons pas à la description des comportements le long de gradients de risque et de ressource, mais nous manipulerons l’environnement des cerfs par la translocation et des chasses régulières de faible intensité. Nous pourrons ainsi évaluer les ajustements comportementaux induits par l’absence de prédation et leurs effets sur les performances individuelles des herbivores. Les résultats du projet seront largement discutés dans le contexte de la capacité du risque de prédation à limiter les populations d’herbivores et leurs impacts. A ce jour, ce projet représente l’une des tentatives les plus complètes d’étudier le rôle des effets non-létaux de la prédation dans le contexte du fonctionnement des écosystèmes et la conservation de la biodiversité.

Coordination du projet

Jean-Louis MARTIN (CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE - DELEGATION REGIONALE LANGUEDOC-ROUSSILLON)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

EDB Evolution et Diversité Biologique
CEN Centre d'Etudes Nordiques
NRESI Natural Resources and Environmental Studies Institute
CEFE CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE - DELEGATION REGIONALE LANGUEDOC-ROUSSILLON
CEFS INSTITUT NATIONAL DE LA RECHERCHE AGRONOMIQUE -CENTRE DE RECHERCHE DE TOULOUSE

Aide de l'ANR 589 906 euros
Début et durée du projet scientifique : - 48 Mois

Liens utiles

Explorez notre base de projets financés

 

 

L’ANR met à disposition ses jeux de données sur les projets, cliquez ici pour en savoir plus.

Inscrivez-vous à notre newsletter
pour recevoir nos actualités
S'inscrire à notre newsletter