JCJC - Jeunes chercheuses et jeunes chercheurs

– MIGREN

Résumé de soumission

La dégradation de l?environnement, notamment suite à des changements globaux comme le changement climatique, a été identifiée comme une cause potentielle de futurs flux de migrations (UNFPA, 2001). L?expertise existante prévoit que les pays en voie de développement subiront la majeure partie des dommages du changement climatique (IPCC, 2007). Des projections démontrent comment l?impact du changement climatique sur la distribution de la ressource en eau pourrait changer les flux migratoires en Afrique (Le Blanc et Perez, 2008). Notre but est d?étudier les relations entre les politiques environnementales et la migration. Ce sujet a été beaucoup traité dans les sciences géographiques et politiques, mais il existe peu de modélisation sur les arbitrages économiques entre les réductions des émissions et les coûts des futurs flux de migration causés par des dommages environnementaux et on trouve peu d?études économiques sur l?environnement comme cause de la migration. Le projet propose donc de modéliser d?une façon théorique et empirique les interconnexions entre la migration et les politiques de l?environnement du point de vue économique, et ceci en trois parties. Le premier objectif est de formaliser un modèle économique des choix des gouvernements en deux régions avec l?existence des externalités environnementales transfrontalières (comme les émissions des gaz à effet de serre) qui pourraient induire une migration. Quelques rares modèles ont essayé de décrire le choix simultané des politiques environnementales et des politiques de migration avec mobilité des populations, cependant il n?existe pas de modèle sur les arbitrages en termes de politique environnementale entre réductions des émissions et futurs flux de migration, prenant en compte l?hétérogénéité des populations dans la désutilité du dommage environnemental et les différences de technologies pour réduire les émissions. Le deuxième objectif est d?étudier empiriquement des flux migratoires passés afin d?identifier l?importance relative du facteur environnemental parmi d?autres facteurs socio-économiques ou politiques. Nous souhaitons entreprendre des analyses empiriques sur des données d?Afrique, car la distribution inégale des dommages dus au changement climatique affectera surtout des pays sujets à une rareté de l?eau et où la capacité d?adaptation est tellement faible qu?elle peut induire une migration environnementale. Nous voudrions tout d?abord analyser des données panel au niveau ménage provenant de l?Ethiopie et qui contiennent des informations sur les choix individuels de migration rurale (rural-urbain, ou rural-rural). Cette analyse sur des données individuelles sera complétée par une analyse des données des migrations au niveau régional que nous allons confronter avec des données existantes du GIEC sur des facteurs climatologiques. Barrios et al. (2006) ont analysé les facteurs déterminants de l?urbanisation en Afrique et notamment la variabilité de la pluie par le biais d?une analyse économétrique au niveau régional, il s?agit d?une des rares études ayant pu lier le développement économique avec des conditions environnementales. Nous voudrions obtenir une analyse plus fine des flux migratoires en Afrique en les liant à une série plus large de facteurs environnementaux. Cette analyse sera une des premières études empiriques à déterminer l?importance des facteurs environnementaux et géographiques dans le résultat des migrations, notamment les changements dans la distribution de la population en Afrique pendant la deuxième moitié du 20ème siècle. La troisième partie du projet se propose d?étudier les liens entre l?environnement et une migration accrue du milieu rural au milieu urbain. En effet, une grande partie des flux migratoires internes des pays de développement se destine vers les villes, et ces migrants trouvent souvent du travail dans le secteur urbain informel, qui crée une forte pollution affectant les pauvres vivant à la proximité de ces petites unités de production. Ici nous revenons vers une étude plus complexe du lien entre l?environnement et la migration, car les migrants ruraux peuvent venir en ville à cause d?une dégradation environnementale, mais ils vont aussi contribuer à l?activité polluante du secteur urbain informel. L?étude de ce secteur et ses conséquences environnementales sera tout à fait originale, car hormis quelques études de cas sur les coûts sociaux de la pollution du secteur urbain informel, peu de modélisation a été faite sur les explications économiques et les politiques environnementales pour diminuer cette pollution. Nous chercherons ici à développer des modèles de choix endogène d?un migrant venant en ville avec le choix de travailler dans le secteur urbain soit formel soit informel, afin de mieux comprendre les mécanismes expliquant la taille du secteur urbain informel, le niveau de pollution et les politiques alternatives qui pourraient limiter ses effets environnementaux.

Coordination du projet

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

Aide de l'ANR 0 euros
Début et durée du projet scientifique : - 0 Mois

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