BLANC - Blanc 2009

Filière de l'argent au haut Moyen Age – FAHMA

Résumé de soumission

FILIERE DE L?ARGENT AU HAUT MOYEN AGE L?originalité de ce projet est de s?intéresser à l?ensemble de la filière depuis les sources minérales dont est extrait l?argent jusqu?à son utilisation en tant que métal monétaire. Mais surtout, cette approche de la chaîne de production inclut également les sous-produits de cette filière, plomb et scories, trop longtemps négligés. Le cadre historique de cette étude est centré sur le haut Moyen Age (fin du VIIe siècle- XIIe siècle) avec des extensions jusqu?à la fin du XIIIe siècle. Le cadre géographique qui privilégie l?espace français sera nécessairement étendu en suivant les circuits commerciaux. La période considérée est particulièrement pauvre en sources écrites et le projet s?appuie sur la combinaison d?approches complémentaires, numismatiques, archéologiques et surtout analytiques. La démarche est pluridisciplinaire. La principale innovation est qu?en couplant l?analyse chimique (éléments traces) et l?analyse isotopique (isotopes du plomb) et en les appliquant à l?ensemble des produits et sous produits de cette filière on peut espérer des avancées sensibles. Le cas de Melle (Deux-Sèvres) sera le point de départ à notre étude. Cette exploitation a été l?un des plus importants centres de production de métal neuf de l?empire carolingien, et c?est la seule mine française qui ait jamais pu jouer un rôle central pour l?approvisionnement en métal précieux de l?économie européenne. Autre intérêt majeur de cette exploitation, elle a suscité l?installation sur place d?un atelier monétaire de première importance pour l?économie de l?empire carolingien. Les productions melloises suivent de près le passage au monnayage exclusif de l?argent dont la frappe reprend en Occident vers 675, ce qui rend leur trace d?autant plus lisible. Notre enquête doit permettre de suivre, à côté des monnaies de Melle, la diffusion du métal de Melle et sa dilution dans la masse monétaire plus loin et plus longtemps puisque les masses d?argent extraites ont continué à influencer l?économie régionale bien après l?abandon des mines. Elle peut même permettre, au mieux, de quantifier l?intensité de la circulation monétaire et, en tout cas, de mesurer les rythmes du renouvellement du stock monétaire et de mieux en comprendre les modalités. Dernier avantage, les résultats d?études récentes engagées par les partenaires du projet sont prometteurs sur les plombs et les verres comme sur les monnaies ou sur la chaîne opératoire de production du métal précieux où l?on voit apparaître plusieurs innovations, ce qui laisse bien augurer du développement d?un programme plus ambitieux. Il faudra parallèlement identifier les autres sources potentielles d?approvisionnement en métal et recenser le plus largement possible les gisements dont l?exploitaton est probable ou possible au haut Moyen Age. Cette période a été la moins étudiée par l?archéologie minière et nous privilégierons une approche géochimique des autres gisements de façon à pallier le manque d?information archéologique. En fonction du résultat, Melle pourra être défini comme un modèle? ou comme une exception. Pour autant, on ne peut passer sous silence les sous produits issus de cette chaîne, plomb et scorie vitreuse. Le cas de Melle a encore montré leur importance. Il n?est pas anodin qu?hormis les documents monétaires, le seul texte évoquant la métallurgie à Melle traite de la production du plomb. Rappelons qu?avec le minerai d?argent le plus commun ? la galène ? la production de 1 à 3 kg d?argent fin entraîne la production de près d?une tonne de plomb. Ce métal, sûrement à l?origine des premières métallurgies, est également celui qui a été le plus largement produit pour les périodes historiques. Or l?histoire du plomb reste à faire. Encore quasiment ignoré, le rôle de la scorie de première fusion comme matière première mérite d?être éclairé. Les retraitements dont elle fait l?objet pour récupérer le métal piégé dans cette matière vitreuse aboutissent à la formation d?un résidu sous forme de verre pilé. Un des emplois de cette matière première s?inscrit dans une valorisation vers l?industrie verrière. Les études effectuées à ce jour par les partenaires du projet ont en effet mis en évidence l?utilisation des scories produites à Melle pour fabriquer des galets de verre à l?époque carolingienne. C?est aussi au cours de cette période qu?apparaissent en Europe de nombreux types de verre renfermant des quantités plus ou moins importantes de plomb (verres à fondants mixtes alcalino-plombifères contenant quelques % de plomb jusqu?à des verres à fondant plombifère unique renfermant près de 80% d?oxyde de plomb pour certains éléments de parure). Il apparaît légitime de s?intéresser à la nature de ce plomb utilisé par l?industrie verrière (scorie, plomb d??uvre, litharge?), à son origine ainsi qu?aux rapports qui existent entre les centres de production d?argent et les ateliers d?élaboration de ces types de verres particuliers.

Coordination du projet

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

Aide de l'ANR 220 000 euros
Début et durée du projet scientifique : - 0 Mois

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