Systèmes de Production en Grandes Cultures, Environnement Politiques Pulbiques – POPSY
Popsy
Vers des systèmes de production de grande culture économes en intrants ?
Les Systèmes de production de grande culture face aux enjeux environnementaux et à l’évolution des politiques publiques
Le secteur des grandes cultures couvre une grande partie du territoire cultivé, il est fortement utilisateur d’intrants chimiques, engrais et pesticides et la qualité des eaux potables dépend largement des pratiques de production agricole. La réduction des intrants chimiques est un objectif d’importance majeure qui s’est traduit ces dernières années dans la mise en place de politiques publiques aussi bien au niveau européen avec la directive cadre sur l’eau que français à travers notamment le plan Ecophyto. C’est dans ce contexte que le projet POPSY s’est donné comme objectif d’analyser dans le secteur des grandes cultures, les conditions d’un changement vers des pratiques plus favorables à l’environnement. Le travail a porté à la fois sur la compréhension des pratiques actuelles des agriculteurs et sur l’analyse des possibilités de changement vers des pratiques plus économes en intrants. Les questions traitées ont portées sur l’existence de méthodes de production alternatives pouvant permettre aux agriculteurs d’atteindre cet objectif, sur les références et les dispositifs de conseil, les trajectoires de changement et les apprentissages mis en oeuvre, et enfin sur les instruments de politiques pouvant les accompagner dans ce changement
Les méthodes employées ont visé : d’une part à comprendre les déterminants de l’évolution vers des pratiques plus favorables à l’environnement et d’autre part à contribuer à concevoir des approches permettant de favoriser le changement (aussi bien sur le plan agronomique que de celui du conseil ou de des politiques) . L’analyse de la diversité des pratiques des agriculteurs et la mesure de leurs performances a été réalisée en combinant des analyses agronomiques et économiques et en mobilisant des bases de données à l’échelle nationale ou départemental et des enquêtes directes auprès d’agriculteurs. Les aspects dynamiques du changement de pratiques ont été analysés par une approche sociologique et agronomique des trajectoires « socio-techniques » des agriculteurs et de leur différenciation en fonction de conditions sociales spécifiques (réseaux d’agriculteurs, offre de conseil, organisation des filières, rôles d’acteurs et d’institutions non agricoles). Elle s’est accompagnée d’une analyse de l’évolution des métiers de conseiller. Dans l’objectif de l’accompagnement du changement, la conception d’outils combinant à la fois des connaissances d’experts et des modèles a permis d’évaluer ex ante les performances des systèmes de cultures et d’en proposer de nouveaux en impliquant les acteurs qui portent les enjeux à satisfaire ou qui interviennent dans la prescription de ces systèmes. L’analyse des politiques publiques a permis d’identifier des améliorations possibles aux dispositifs incitatifs actuels.
Nous mettons en évidence la complexité et la lenteur du processus de transition vers des systèmes de production plus économes en intrants chimiques, l’importance de l’accompagnement des agriculteurs et la nécessité pour les organismes de conseils de redéfinir leurs rôles et leurs pratiques. Les politiques publiques actuelles ont des résultats mitigés qui conduisent à insister sur la nécessité de se préoccuper de la clarté des objectifs visés et de la simplification des procédures. La dimension territoriale et collective des dynamiques est essentielle dans la réussite du changement pour atteindre un impact environnemental réel et faciliter la construction de solutions techniques.
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Publications multipartenaires et communications: 28
Publications monopartenaires et communications: 55
Brevets nationaux obtenus: 3 outils informatiques - logiciels
Le contexte de l'agriculture française est actuellement porteur de contradictions avec, d'une part, des exigences accrues concernant l'amélioration de l'impact des activités de production sur l'environnement et, d'autre part, un accroissement de la demande en produits agricoles. Le secteur des grandes cultures est un secteur particulièrement concerné par cette situation, avec une forte augmentation de la demande et des prix, qui risque de perdurer dans les années à venir (demande des pays asiatiques, biocarburants) et parallèlement des engagements importants issus du Grenelle de l'environnement. Les systèmes aujourd'hui dominants en grandes cultures sont des systèmes intensifs et fortement consommateurs d'intrants chimiques. Ils utilisent, par exemple, 60 % des pesticides vendus en France, alors qu'ils couvrent environ 35 % de la SAU. Notre projet vise à produire des connaissances pour aider à la mise en place de politiques permettant d'améliorer l'effet des systèmes sur l'environnement et pour permettre aux agriculteurs de faire évoluer leurs systèmes. Notre hypothèse est que, bien qu'il soit difficile d'atteindre simultanément un rendement élevé et de faibles impacts sur l'environnement, certains systèmes de culture sont mieux à même de concilier ces objectifs. Nous pensons également que certains agriculteurs sont prêts à s'engager dans des transformations de leurs manières de produire, mais que les transformations requises supposent un changement radical des pratiques qui nécessite un apprentissage important. De ce point de vue le rôle des organismes de conseil agricole est stratégique. Dans cette perspective l'objectif du projet est d'aborder conjointement ces différentes dimensions du problème et de: 1) créer des méthodes pour concevoir des systèmes de cultures écologiquement performant. 2) analyser et étudier les conditions socio-économiques de l'émergence, du développement et de l'adoption de tels systèmes, en particulier le secteur du conseil. 3) évaluer l'impact des politiques actuelles et proposer des politiques publiques permettant de favoriser leur émergence et leur adoption. Le projet s'intéresse aux systèmes de production de grandes cultures de la moitié nord de la France (céréales, oléo protéagineux). Les disciplines scientifiques mobilisées sont d'une part des sciences sociales (économie, sociologie, ergonomie) et d'autre part des sciences agronomiques.
Coordination du projet
Organisme de recherche
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Partenariat
Aide de l'ANR 725 105 euros
Début et durée du projet scientifique :
- 48 Mois