Grands tremblements de terre du Chili et aléa sismique – SubChile
La zone de subduction du Chili a une forte activité sismique avec, en moyenne, un séisme de magnitude 8 tous les dix ans et un tremblement de terre de M>8.7 au moins une fois par siècle. Il est possible de capturer et étudier en détail un de ces séismes si nous collaborons étroitement avec nos collègues chiliens. Nous proposons d'étudier en temps semi-réel la déformation qui précède l'un des grands futurs séismes du Chili, en suivant la déformation avec des stations GPS permanentes, des inclinomètres et de l'interférométrie radar. Nous proposons aussi d'étudier l'évolution temporelle de la sismicité avec des stations sismologiques permanentes et temporaires et, finalement, d'intégrer ces données dans un modèle des séismes de subduction. A partir des projets précédents nous avons identifié trois lacunes sismiques au Nord et au Centre du Chili qui nous semblent être proche de la rupture. Dans deux de ces lacunes il n'y a pas eu de tremblement de terre majeur depuis 130 ans. Nous proposons d'instrumenter ces lacunes avec des GPS permanent, d'utiliser l'interférométrie pour étudier la déformation, détecter des changements dans la sismicité et l'inclinaison et déterminer la signature tectonique de séismes historiques de la région.
Du point de vue de l'étude de la subduction, le Chili possède certaines avantages uniques, la plus important étant naturellement la facilité d'accès à la zone sismogène qui est situé en grand partie sous terre ou très proche du bord de la mer. Le climat semi-désertique du Chili Nord-central est aussi très approprié pour des études d'interférométrie radar sur des vastes zones à l'intérieur des terres. Le Chili est pour nous le terrain d'apprentissage de l'étude de la subduction. Les méthodes développées dans ce projet peuvent être appliquées aux zones d'arc insulaire de difficile accès comme les Caraïbes.
Ce projet est construit sur la base d'une longue collaboration avec des sismologues universitaires chiliens coordonnés par le département de géophysique de l'Université du Chili. Entre autres réalisations coopératives nous avons déjà installé deux stations très large bande Géoscope, une douzaine de stations GPS permanentes. Les nombreuses études de la sismicité, la déformation et la tectonique de failles actives du Chili montrent la vivacité de la collaboration. Ces activités ont été financées par plusieurs projets de l'INSU-CNRS, le programme ECOS-Sud et, récemment, par un PICS entre la DRI du CNRS et le CONICYT du Chili.
Parmi nos activités dans la dernière décennie, nous avons fait une étude complète du séisme d'Antofagasta, Mw=8, de 1995, du tremblement de terre de compression intra-plaque m=7.3 à Punitaqui en 1997 et du récent séisme intraplaque m=7.8 du 13 juin 2005 de 100 km de profondeur dans la région de Tarapacá au Nord du Chili, à coté de l'une des plus dangereuses lacunes sismique du Chili.
Le projet SubChile déposé en 2005 a été évalué positivement par l'ANR mais partiellement financé. Cela a permis de démarrer l'extension du réseau GPS permanent dans les régions Centrale et Nord Chili, ainsi que le début d'un réseau large bande permanent au Nord Chili (4 stations).
Depuis, une collaboration étroite avec le GFZ Potsdam sur le Nord Chili a été officialisée grâce à la signature d'un MOU entre l'INSU et le GFZ en 2006. Dans le cadre de cette collaboration, un réseau large bande permanent GFZ/INSU de 15 stations est en cours d'installation au Nord Chili, avec une participation française de 5 stations. Ce réseau sera opérationnel d'ici la fin novembre 2006. Par ailleurs dans ce cadre, le GFZ ajoutera 6 stations GPS permanentes et un réseau de 11 stations courtes périodes au Nord Chili dans la région d'Iquique, figurant ainsi l'amorce d'un European Plate Boundary Observatory.
En 2006, la convention INSU/Université du Chili (Santiago) a été réactualisée et un projet de Laboratoire International Associé devrait être officialisé en Novembre lors du congrès Montessus de Ballore pour le centième anniversaire du séisme de Valparaiso à Santiago.
La présente demande, en continuation directe avec le projet SubChile 2005, prend en compte l'évolution des projets et collaborations aux Chile. Elle a pour but d'assurer un financement complémentaire du précédent projet SubChile : en priorité le financement de 3 ans de CDD indispensable à la réalisation des objectifs scientifiques et instrumentaux dans le cadre de la nouvelle collaboration INSU/GFZ/DGF ; le coût d'installation des sites des sismologiques permanentes dans le cadre du réseau INSU/GFZ ; enfin des missions pour le inclinométrique/extensométrique qui sera réalisé conjointement avec le GFZ Potsdam.
Coordination du projet
Université
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
Aide de l'ANR 200 000 euros
Début et durée du projet scientifique :
- 36 Mois