CE41 - Inégalités, discriminations, migrations

La fabrication de l'opinion publique sondagière en France et en Allemagne – CosPo

CosPo

La fabrication de l'opinion publique sondagière en France et en Allemagne

Quel rôle jouent les préférences des citoyennes et citoyens dans l’élaboration des politiques publiques ?

Le projet CosPo appréhende cette question en étudiant la façon dont les gouvernements se saisissent des enquêtes d’opinion. <br />Un premier objectif important consiste à étudier les facteurs qui déterminent pourquoi un enjeu rentre dans l’agenda des sondages (gouvernementaux) à un moment précis, la manière dont il est repris par les gouvernants ainsi qu’à identifier qui est à l’origine de sa mise sur agenda. Est-ce que les sondages couvrent d’avantage les enjeux qui sont importants aux yeux de la population ? Ou plutôt ceux qui le sont aux yeux des gouvernants ? Y-a-t-il des domaines politiques qui sont surreprésentés dans les questions de sondage ? <br />Un deuxième objectif consiste à analyser la capacité de différents sous-groupes de la population d’informer le gouvernement de leurs besoins et préférences (à travers l’opinion sondagière). Il nous intéresse tout particulièrement de savoir si la capacité des différents groupes de la société d’introduire de telles propositions varie selon leur pouvoir et leur image dans la société. CosPo contribue ainsi au débat sur la représentation inégale, en se démarquant des études classiques de la réactivité démocratique qui ont tendance de traiter la population comme une entité homogène. <br />Le troisième et dernier objectif du projet est de dépasser les analyses au niveau macro, pour mieux identifier les mécanismes qui déterminent si un gouvernement se montre réactif sur un enjeux politique donné. Nos entretiens qualitatifs apporteront un éclairage sur la manière dont les dirigeants politiques prennent connaissance des résultats des sondages. <br />Grace à cet agenda de recherche et ce parti pris méthodologique pluraliste, le projet CosPo contribuera parallèlement à la création d’un réseau scientifique ainsi qu’à un corpus transversal de données quantitatives et qualitatives venant de plusieurs projets de recherche. <br />De manière générale, les résultats de ce projet de recherche aideront à mieux comprendre la manière dont fonctionne la démocratie représentative contemporaine en France et en Allemagne. En outre, cette étude montre des stratégies de recherches innovantes pour mieux explorer scientifiquement les interactions entre opinion publique et politiques publiques.

Afin d’étudier la façon dont les dirigeants prennent en compte les préférences des citoyennes et citoyens, CosPo a mis en place un protocole de recherche basé sur une méthodologie pluraliste (qualitative et quantitative).
Dans un premier temps, l’équipe scientifique de CosPo a constitué et analysé un grand corpus de données, composé de questions de sondages (et non les réponses des enquêtés).
L’attribution des codes thématiques (suivant la grille de codage du Comparative Agendas Project) permet la comparaison dans le temps et entre différents agendas politiques ainsi que la construction d’un indicateur inédit des grandes questions de société.
L’intégration des sondages commandés par les gouvernements en plus des sondages scientifiques ou publiques classiques, représente une stratégie de recherche innovante dans l’étude de l’opinion publique et de la représentation politique. Il s’agit là d’un moyen direct d’observer ce que le commanditaire sait et veut savoir sur les préférences des citoyens.
Dans un deuxième temps, des entretiens avec des experts et des élites politiques apporteront un éclairage supplémentaire voire plus approfondie sur la manière dont les acteurs de politique publique traitent ces informations et comment celles-ci influencent leurs activités.

Enquête en cours.

Le projet CosPo continuera d’étudier la fabrication de l’opinion publique sondagière en France et en Allemagne en gardant la focale sur les enquêtes commandées directement par les gouvernements. La France et l’Allemagne offrent un terrain d’étude privilégié pour penser la question de la fabrication de l’opinion publique. Tout en étant confrontés à des influences communes (comme l’intégration européenne, la crise économique, etc.), ces deux pays présentent des différences institutionnelles (comme leur caractère fédéral ou centraliste), susceptibles d’influencer la place qu’occupe l’opinion publique sondagière dans les deux pays. La constitution d’un réseau scientifique d’experts français et internationaux à même d’explorer les liens entre opinion publique sondagière et élaboration de politiques publiques, nous permettra d’élargir cette étude à d’autres systèmes politiques et à d’autres échelles de temps. Ainsi, au vu du travail empirique inédit du projet CosPo et les contributions théoriques à venir de son équipe scientifique, les résultats de ce projet alimenteront les futurs débats scientifiques sur la réactivité politique des démocraties représentatives et la représentation politique inégale.

Enquête en cours.

La réactivité des représentants envers les préférences des citoyens est généralement considérée comme un impératif des démocraties parlementaires. Le climat de l’opinion est-il un paramètre important des choix de politiques publiques, ou bien est-il négligeable par rapport à d’autres facteurs? Malgré l’importance de cette relation pour l’exercice démocratique, des réponses contradictoires coexistent dans le débat public ainsi que dans la littérature scientifique. CosPo propose une étude systématique de l’agenda politique de l’opinion sondagière. Nous étudierons pourquoi un enjeu entre l’agenda des sondages à un moment précis, la manière dont il est repris par les sondages, qui est à l’origine de sa mise sur agenda et la manière dont les dirigeants politiques prennent connaissance des résultats des sondages. Une attention spécifique sera apportée à la capacité des groups sous-représentés d’informer le gouvernement de leurs besoins et préférences (à travers l’opinion sondagière). CosPo contribuera ainsi au débat sur la représentation inégale, en se démarquant des études classiques de la réactivité démocratique qui ont la tendance de traiter la population comme une entité. Pour atteindre cet objectif, nous mettrons en place cinq stratégies de recherche innovantes : 1) La combinaison des connaissances de la littérature sur la mise sur agenda des enjeux politiques, sur la réactivité démocratique et de la littérature critique sur les sondages permettra de développer des hypothèses sur les mécanismes qui déterminent le fait qu’un enjeu entre l’agenda des sondages à un moment donné. 2) L’intégration des sondages commandés par les gouvernements dans l’étude, en plus des sondages classiques, représente une stratégie de recherche innovante. Ils constituent un moyen direct d’observer ce que le commanditaire sait et veut savoir sur les préférences des citoyens. 3) Une étude méticuleuse (à l’aide de la méthode du process-tracing) permettra d’identifier les origines des propositions politiques présentes dans les questions de sondage. Il nous intéresse tout particulièrement de savoir si la capacité de différents groupes de la société d’introduire de telles propositions varie selon leur pouvoir et leur image dans la société. 4) Étudier le rôle des acteurs dans la fabrication de l’opinion sondagière permettra a) de lever le voile sur les conditions de sélection des enjeux couverts par les sondages et b) livrer des éléments de compréhension sur la manière dont les informations obtenues à travers ces sondages sont réceptionnées. 5) Nous contribuerons en même temps à la création d’un réseau interdisciplinaire ainsi que d’un corpus transversal de données quantitatives et qualitatives entre plusieurs projets de recherche. L’attribution des codes thématiques permettra la comparaison dans le temps et entre différents agendas, créant en même temps un indicateur inédit des grandes questions de société. Des entretiens avec des conseillers de gouvernement, des employés d’instituts de sondage, des représentants des Services d’Information des deux gouvernements, etc. apporteront un éclairage supplémentaire sur la manière dont les acteurs de la politique publique traitent ces informations et comment celles-ci influencent leurs activités. La France et l’Allemagne offrent un terrain d’étude privilégié pour penser la question de la fabrication de l’opinion publique. Tout en étant confrontés à des influences communes (comme l’intégration européenne, la crise économique, etc.) ces deux pays présentent des différences institutionnelles (comme leur caractère fédéral ou centraliste), susceptibles d’influencer la place qu’occupe l’opinion publique sondagière dans les deux pays. Cette étude approfondie permettra ainsi de mieux comprendre la manière dont fonctionne la démocratie en France et en Allemagne et contribuera également à surmonter des défis importants en lien avec l’étude de l’interaction entre opinion publique et politique publique.

Coordinateur du projet

Madame Tinette Schnatterer (CENTRE ÉMILE-DURKHEIM - SCIENCE POLITIQUE ET SOCIOLOGIE COMPARATIVES)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

CED CENTRE ÉMILE-DURKHEIM - SCIENCE POLITIQUE ET SOCIOLOGIE COMPARATIVES
CEE Centre d'études européennes et de politique comparée
CRJ - Grenoble Centre de Recherches Juridiques
PACTE Pacte - Laboratoire de sciences sociales

Aide de l'ANR 195 498 euros
Début et durée du projet scientifique : mars 2020 - 36 Mois

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