CE26 - Innovation, travail

Effets de réputation dans les enchères et les mécanismes incitatifs : approches théoriques et expérimentales – SIGNAL

Résumé de soumission

Les économistes cherchent à comprendre pourquoi les investissements dans l’art sont systématiquement moins rentables que ceux réalisés sur les marchés des capitaux. Mandel (2009) propose une explication. Les amateurs d’art réaliseraient leurs achats pour trois raisons : à des fins d’investissement, de consommation ou de réputation. Dans ce dernier cas, le nouveau propriétaire profite bien entendu des qualités esthétiques de l’œuvre, mais aussi et surtout du prestige retiré par son acquisition. Ces effets de réputation sont aussi présents dans les enchères de charité, au cours desquels, un objet ayant appartenu à une personne célèbre est mis en vente à des fins caritatives. Les travaux récents sur ce type d’enchères (Carpenter et al., 2008) suggèrent en effet que les effets de réputation, et non pas l’altruisme des participants, seraient la première motivation pour participer à de tels évènements. L’achat d’un objet durant une enchère caritative rendue publique permet ainsi d’être perçu comme altruiste quand bien même il n’en serait rien. De même, le comportement d’une entreprise de taille importante est en permanence observé par les différents acteurs du marché. En conséquence, une entreprise sait bien qu’en participant à une enchère, peu importe l’issue de celle-ci, son comportement sera analysé pour évaluer sa valeur intrinsèque ou la qualité de ses dirigeants.

Dans ces trois type d’enchères, les participants ne sont pas uniquement soucieux d’obtenir l’objet mis en vente au prix le plus favorable, mais aussi de la qualité de l’information trahit par leurs comportements et transmise à autrui. L’appréciation des qualités des participants dépend bien entendu de l’information disponible et du format du mécanisme, à savoir les règles d’allocation et de paiement, ce qui n’est pas sans affecter les comportements stratégiques des participants et ainsi le résultat de l’enchère. Par exemple, les informations révélées dans les enchères dynamiques diffèrent significativement de celles d’enchères statiques (sou pli-scellé). C’est pourquoi les trois exemples ci-dessus nécessitent une analyse rigoureuse, et pour cela le recours aux jeux de signaux. Nous souhaitons développer et approfondir notre compréhension de l’ensemble des mécanismes d’allocation, au-delà des enchères, dans lesquels les participants sont soucieux des effets de réputation. Ces résultats apporteront de nouvelles perspectives sur des thèmes de recherche importants en théorie des mécanismes et en théorie des organisations : l’organisation des appels d’offres publics, mais aussi les mécanismes d’allocations utilisés par de nombreuses entités économiques (organismes caritatifs, sociétés de ventes aux enchères d’œuvres d’art).

Notre analyse sera double, théorique et expérimentale. Dans un premier temps, nous souhaitons comprendre comment la combinaison des effets de réputation et des enchères dynamiques modifie les comportements des enchérisseurs et les revenus associés. De façon surprenante, le seul résultat disponible sur cette question est l’analyse de l’enchère ascendante à information minimale (Bos et Truyts, 2018). Nos résultats viendront compléter les études précédentes sur les mécanismes d’enchères statiques. Par ailleurs, les travaux récents sur les mécanismes d’enchères en présence d’effets de réputation (Giovannoni et Makris 2014, Bos et Truyts 2018) comparent des formats d’enchères spécifiques mais demeurent entièrement silencieux quant au mécanisme optimal. Cela n’est pas sans soulever de nombreuses questions auxquelles nous souhaitons apporter des réponses. Quel est le mécanisme optimal en présence d’effets de réputation ? Est-ce toujours une enchère qui alloue l’objet à l’agent qui le valorise le plus ? Dans ce cas, quelle type d’enchère ? Est-il optimal, en terme de revenu, de ne pas allouer l’objet de façon efficace ?

Coordinateur du projet

Monsieur Olivier Bos (Laboratoire d'Economie Mathématique et de Micro'économie Appliquée)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

LEMMA Laboratoire d'Economie Mathématique et de Micro'économie Appliquée

Aide de l'ANR 112 320 euros
Début et durée du projet scientifique : janvier 2020 - 48 Mois

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