FRAL - Programme franco-allemand en Sciences humaines et sociales

Les effets de verbe second. Une typologie appuyée sur les interfaces. – UV2

Les effets de verbe second. Une typologie appuyée sur les interfaces (UV2)

Les langues germaniques, à l'exception de l'anglais moderne, sont caractérisées par l'occurrence régulière du verbe fini en deuxième position dans les propositions principales, une propriété connue sous le nom de « verbe second » (V2). Considérant que le V2 des langues germaniques fait partie d'un ensemble plus large d'effets V2, observés dans de nombreuses autres langues, le projet se propose d'étudier un ensemble typologiquement diversifié de langues affichant des effets V2.

Le but est d'analyser les effets de verbe-second (V2) dans les langues sans V2 (exact) et d’en développer une explication empirique et théorique.

Les langues germaniques, à l'exception de l'anglais moderne, sont caractérisées par l'occurrence régulière du verbe fini en deuxième position dans les propositions principales, une propriété connue sous le nom de « verbe second » (V2). Dans l'approche classique, cette configuration est supposée résulter de l'attraction du verbe fini vers la tête la plus élevée de la proposition (C), accompagnée d'un élément dans son bord extérieur. Avec le développement d'un modèle plus riche de la périphérie gauche de la phrase, cette vision devient problématique, car il n'y a pas de catégorie qui correspond uniquement à C. Cependant, ce développement a permis de regarder le V2 des langues germaniques comme faisant partie d’un ensemble plus large d'effets de V2 se produisant à travers de nombreuses autres langues. Les anciennes langues romanes, par exemple, ont été caractérisées comme obéissant à une modèle très similaire, où les verbes finis font généralement surface au moins en deuxième position.

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Toutes les langues germaniques excepté l’anglais moderne ont pour caractéristique commune la propriété de ‘verbe second’ (V2) : le verbe fini se situe obligatoirement en deuxième position de la phrase. Selon l’approche classique, cette configuration résulte de l’attraction du verbe fini vers la tête C, au plus haut de la structure, accompagné d’un syntagme à son bord extérieur. Ces dernières années ayant apporté un modèle plus complexe de la périphérie gauche, avec une série de projections fonctionnelles liées au discours, l’approche classique devient problématique, puisqu’il n’y a plus une catégorie unique qui correspondrait à C. Ces développements permettent par contre d’appréhender le V2 germanique comme étant une instanciation d’un ensemble plus large d’effets de V2, partagés avec de nombreuses autres langues. Les anciennes langues romanes sont par exemple soumises à une restriction proche du V2 germanique : le verbe fini ne peut pas être le premier élément de la phrase, il doit se trouver en seconde position au moins. Ce projet s’articule autour de trois objectifs principaux. D’une part, il vise à étendre le périmètre des langues associées au V2, en incluant des langues à ordre de base sujet-objet-verbe (SOV) au-delà des cas relativement rares tels que le kashmiri (langue indo-aryenne) ou l’ingouche (caucase), dont on sait qu’ils montrent des effets de V2. Plus concrètement, nous mènerons une réévaluation de la corrélation entre ordre SOV et syntagmes-qu et focus in situ, souvent établie dans la littérature typologique, et selon laquelle les effets de contiguïté entre verbe et syntagme-qu ou focus de certaines langues SOV correspondent à une configuration syntaxique où l’élément préverbal est dans le VP, c’est à dire in situ. Nous proposerons qu’en Basque, langue SOV, cette relation de contiguïté correspond plutôt à une configuration syntaxique proche de celle des langues romanes anciennes, c’est à dire qu’elle traduit des effets de V2. Nous explorerons aussi la validité de cette corrélation à partir des langues turques. Le kirghiz, le kazakh et l’ouzbek seront étudiés, en association avec la moins méconnue langue turque, et leur caractérisation comme langues à effet de V2 sera évaluée. Le second objectif est d’estimer si le contact de langues a pu jouer un rôle significatif dans le fait que les effets de V2 sont une propriété de l’aire linguistique du Sud-Ouest de l’Europe, où le basque, l’espagnol, le français et le gascon montrent des effets de V2 similaires. À cette étude sera accolée celle sur le V2 en Sorabe (langue slave) et en raeto-roman (langue romane), qui sont en situation de contact intense avec l’allemand. Enfin, le troisième objectif est d’explorer une approche non-uniforme au V2. Nous étudierons si le V2 se fonde sur un ensemble unique de mécanismes morpho-syntaxiques ou est plutôt une notion linéaire, en ce sens qu’il résulte de facteurs liés à différents domaines de la grammaire, donnant lieu à une riche typologie du V2.

Coordinateur du projet

Madame Maia Duguine (Centre de recherche sur la langue et les textes basques)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

UNIVERSITAET KONSTANZ
IKER UMR 5478 Centre de recherche sur la langue et les textes basques

Aide de l'ANR 254 090 euros
Début et durée du projet scientifique : février 2019 - 36 Mois

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