CE22 - Mobilité et systèmes urbains durables

Retrouver son temps lors de la navigation dans le monde réel – WildTimes

Résumé de soumission

Le temps, l’espace et la durée sont imbriqués dans notre vie quotidienne, et pourtant ils ont rarement été étudiés ensemble dans des situations réelles. Le projet WildTimes initie une ligne de recherche ambitieuse reliant la cognition temporelle et la cognition spatiale chez les humains en situation de déplacement. Ce projet propose d’ouvrir une voie possible sur la façon dont le cerveau humain cartographie le temps lors de trajets complexes. WildTimes a pour ambition de contribuer à la recherche fondamentale en opposant, sur la base de données empiriques, des théories actuelles sur la manière dont le cerveau humain se représente le temps, mais contribuera également à des applications pratiques notamment par le développement ou l’amélioration d‘outils d’aide à la mobilité.

Dans ce projet, nous interrogerons l’impact des technologies actuelles de transport sur notre représentation du temps et en retour, la façon dont le temps ressenti peut influer sur le choix de nos modes de transports et de nos itinéraires. Le premier objectif visera à établir si les actuelles observations de laboratoire sur la perception du temps - et ses illusions – résisteront au test des observations de la vie réelle dans des milieux écologiques et technologiques. Nous mettrons à l'épreuve plusieurs paradigmes expérimentaux caractérisant la perception subjective du temps, en laboratoire et en situation de mobilité.
Notre second objectif doit son origine à la divergence qui, avec les progrès des modes de transport, a confronté notre cerveau à des informations divergentes entre les distances spatiales parcourues et le temps nécessaire pour les parcourir. Par exemple, si un pas en marche moyenne produit typiquement un déplacement spatial de 5 km par heure (~ 3,1 miles), nos moyens de transport actuels ont largement augmenté l'appréciation relativiste des distances par rapport au temps. Du point de vue des neurosciences cognitives, la notion de cartographie fonctionnelle est centrale pour la représentation spatiale et temporelle de l'environnement: les cartes cognitives sont un système de représentations permettant à un individu de déduire sa position dans l'environnement. Nous interrogerons ainsi comment le temps et l'espace interagissent lorsqu'ils ne sont pas totalement congruents avec le moi corporel.
Notre troisième objectif est d’approfondir notre compréhension des interactions entre temps et espace en situation de mobilité afin de caractériser la manière dont les individus choisissent leurs itinéraires dans les transports en commun, comment l’expérience subjective du temps et de l’espace contribuent à ce choix et vont éventuellement à l’encontre des distances et temps objectifs de parcours. Ces informations permettront d’optimiser les actuels processus et systèmes d’information voyageurs. Pour répondre à ces trois objectifs, nous nous appuyerons sur le recueil de données comportementales classiques et nous utiliserons une méthode de neuroimagerie mobile non-invasive lors des trajets afin de quantifier les réponses cérébrales à la perception du temps lors de voyages réels.

Le projet WildTimes contribuera à comprendre comment le cerveau humain se représente le temps dans des situations réelles. En caractérisant l'impact de différents contextes de mobilité sur la perception subjective du temps, nous initierons la compréhension de la part du subjectif dans la prise de décision concernant les itinéraires en transport en commun, et aiderons ainsi à élaborer de nouveaux outils d’aide à la navigation. Notre projet ouvrira de nouvelles voies empiriques pour étudier la perception du temps tout en offrant de nouvelles perspectives et de nouveaux outils permettant d’améliorer la mobilité quotidienne des voyageurs.
du temps tout en offrant de nouvelles idées et de nouveaux outils pour aider les voyageurs dans leurs choix de transport.

Coordinateur du projet

CEA SACLAY (Divers privé)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

CEA SACLAY
IFSTTAR
SNCF

Aide de l'ANR 610 686 euros
Début et durée du projet scientifique : janvier 2019 - 48 Mois

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