CE22 - Mobilité et systèmes urbains durables

Ville et cohésion sociale : Infrastructures et aménités urbaines pour une société durable – SOCOCITY

Ville et cohésion sociale : Infrastructures et aménités urbaines pour une société durable

En 2050, 86,7% de la population des pays les plus riches vivra dans une zone urbaine. Il est donc essentiel de comprendre comment faire des villes des lieux socialement intégrés et des communautés cohésives, prometteuses de sécurité et de stabilité économiques. En particulier, l’organisation de l’espace urbain (logements, transport, espaces verts…) pourrait influencer la nature des interactions entre individus, jouant ainsi un rôle dans la sphère sociale et économique.

Quelle relation y a-t-il entre cohésion sociale et sphère économique ? Et quel rôle joue le contexte (les aménités locales, les infrastructures, mais également les institutions) dans cette relation ?

L'objectif est de comprendre ce qui détermine la capacité des individus à vivre ensemble, condition nécessaire à l’existence de sociétés durables. Ce projet s'intéresse ainsi aux liens entre la cohésion sociale (que l’on peut définir comme la capacité d’une communauté à vivre ensemble), les conditions économiques locales (notamment l’emploi), et l’environnement dans lequel les interactions sociales et économiques ont lieu : non seulement l'environnement «physique« urbain (équipements et infrastructures publics, composition du parc de logements, biens et services publics locaux), mais aussi l'environnement institutionnel. Les travaux menés s’articulent autour de deux axes principaux. <br /> <br />1. Quel est le rôle des aménités et des infrastructures sur les conditions économiques et les interactions sociales locales ? Si certains types d’infrastructures, telles que les espaces publics ou les transports peuvent favoriser les interactions sociales, cela ne se traduit pas toujours par davantage de cohésion sociale : des travaux issus d’autres sciences sociales suggèrent que si ces interactions entre groupes distincts restent superficielles, elles peuvent renforcer les clivages plutôt que les effacer. <br /> <br />2. Quels sont les liens entre cohésion sociale, contexte économique et institutionnel, et conditions économiques locales ? Et quels sont les facteurs (équipements, infrastructures, institutions) qui influencent cette relation ? Les communautés socialement cohésives, caractérisées par des niveaux de confiance et de coopération plus élevés et des normes communes plus fortes, sont plus susceptibles de développer ou de maintenir des institutions locales efficaces, ce qui conduit à de meilleurs résultats économiques. Inversement, les conditions économiques (par exemple, l'inégalité ou le chômage) peuvent influencer la cohésion sociale.

Dans ce projet, nous nous attachons à établir des liens de causalité entre les éléments étudiés : effet de la rénovation urbaine sur la délinquance, effet du chômage local sur la criminalité, effet des institutions sur les comportements criminels et l'attachement au marché du travail, effet des normes sociales de confiance sur le fonctionnement des marchés fonciers...

Une des difficultés principales rencontrées est alors de réussir à estimer des relations de causalité qui ne soient pas biaisées par divers problèmes inhérents aux contextes étudiés. Par exemple, dans le cas des travaux sur la rénovation urbaine, la difficulté vient du fait que les quartiers concernés par ce type de politique présentent des caractéristiques qui peuvent justement avoir une influence sur les résultats étudiés (ici, la délinquance) : il s’agit de quartiers d’habitat dégradés, avec des taux de chômage et de pauvreté élevés. Si on ne prend pas cela en compte, on risque de sous-estimer l’effet d’une politique de rénovation urbaine, du fait des conditions économiques et sociales initiales particulièrement défavorables dans ces quartiers. Idéalement, il faudrait pouvoir observer ce qu’il serait advenu de la délinquance dans les quartiers de la rénovation urbaine s’ils n’avaient pas été rénovés, ce qui n’est bien sûr pas possible.

Diverses méthodes développées par les économètres peuvent permettre de contourner ce type de problème. Pour reprendre l’exemple de la rénovation urbaine, nous pouvons considérer que certains quartiers, également très défavorisés mais n’ayant pas été rénovés, constituent un groupe de comparaison (ou groupe « contrôle ») satisfaisant, sous certaines hypothèses. En considérant que l’évolution de la délinquance dans les quartiers rénovés aurait dû être la même que dans les quartiers du groupe de contrôle, si la politique de rénovation n’avait pas eu lieu, on peut alors déduire le rôle de la rénovation sur la délinquance dans les zones traitées par la politique.

En cours.

A venir.

En cours.

En 2050, 86,7% de la population des pays les plus riches vivra dans une zone urbaine selon l’ONU. Il est donc essentiel de comprendre comment faire des villes des lieux socialement intégrés et des communautés cohésives, prometteuses de sécurité et de stabilité économiques. En particulier, l’organisation de l’espace urbain (localisation et qualité du bâti, infrastructures de transport, espaces verts…) pourrait influencer la nature des interactions entre individus, jouant ainsi un rôle dans la sphère sociale et économique. Le but de ce projet est précisément d'étudier dans quelle mesure les infrastructures et les aménités urbaines peuvent favoriser la cohésion sociale et conduire à des villes durables d’un point de vue économique et social, dans le contexte français. Afin d'étudier cette relation encore méconnue, le projet s'appuiera sur des données locales très riches, permettant ainsi de mieux appréhender les mécanismes sous-jacents.

Il est crucial de comprendre les facteurs déterminants la volonté et la capacité des individus à vivre à proximité les uns des autres. En effet, des quartiers peu attrayants seront plus susceptibles d’être caractérisés par un fort taux de rotation résidentiel accompagné d’une sur-représentation de ménages défavorisés, limitant alors la mise en place de normes sociales fortes et conduisant ainsi à des communautés fragmentées. En revanche, certains aménagements reflétant une qualité de vie élevée peuvent être à même de contrecarrer les forces de dispersion liées à la congestion, et rendre les villes plus attractives. Les villes proposant de telles aménités pourraient donc au contraire être caractérisées par davantage de stabilité résidentielle, et ainsi être le berceau de sociétés plus cohésives via la création et le respect de normes sociales communes.

Le premier objectif du projet visera à comprendre dans quelle mesure les aménités et les infrastructures urbaines affectent la cohésion sociale. Pour ce faire, nous nous appuierons sur le Programme National de Rénovation Urbaine pour mesurer l'effet de différents types d'aménagements sur la cohésion sociale. Depuis 2004, le gouvernement français a investi plus de 47 milliards d'euros dans 571 quartiers défavorisés afin de réduire la ségrégation sociale et d'améliorer le cadre de vie. Ce programme a notamment financé la démolition et la reconstruction ou la rénovation du stock de logements existant, mais également l’amélioration des espaces publics ou l'implantation d'espaces verts. Il offre donc un cadre idéal pour étudier l’effet causal de différents types d’aménités sur divers indicateurs de cohésion sociale tels que le crime et l’insécurité, la participation aux élections ou aux associations locales, ou encore la mobilité résidentielle. Nous nous intéresserons ensuite aux effets des infrastructures de transport (transports en commun et vélos en libre-service notamment) sur ces indicateurs de cohésion sociale, à l’aide d’estimations par variables instrumentales.

Le deuxième objectif consistera à comprendre la relation à double sens entre la cohésion sociale et les conditions économiques. Nous chercherons dans un premier temps à évaluer si davantage de cohésion sociale se traduit par de meilleures conditions économiques, et en particulier par un taux de chômage plus faible. À l'aide des données de l'enquête emploi, nous proposons d’estimer dans quelle mesure le niveau de cohésion sociale d’un quartier influence la probabilité de trouver un emploi dans le même établissement que son voisin. Nous étudierons ensuite la relation inverse, à savoir l'influence des conditions économiques sur la cohésion sociale. En gardant à l'esprit le cadre de ce projet, nous nous demanderons plus précisément si les aménités et les infrastructures urbaines peuvent atténuer l’effet local des chocs économiques sur les indicateurs de cohésion sociale. Pour chacun de ces objectifs, une attention particulière sera accordée à l’identification d’effets causaux sans biais.

Coordinateur du projet

Madame Camille HEMET (ECOLE D´ ECONOMIE DE PARIS)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

EEP ECOLE D´ ECONOMIE DE PARIS

Aide de l'ANR 165 063 euros
Début et durée du projet scientifique : octobre 2018 - 36 Mois

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