DS02 - Energie, propre, sûre et efficace

Transition énergétique, territoires, hydrogène et société – TETHYS

TETHYS

Le projet de recherche TETHYS s’inscrit dans le champ de la démocratie technique et se proposant de répondre, en étroite collaboration avec les acteurs du territoire, à un ensemble de questions liées au processus de transition énergétique liée à l’hydrogène, allant du suivi des démonstrateurs à la « mise en démocratie » d’enjeux à la fois généraux et très pratiques, vise à dépasser les approches traditionnelles formulées en termes d’acceptabilité sociale des risques.

Produire une analyse sociétale, multidisciplinaire et comparative, de la mise en démocratie du vecteur énergétique hydrogène dans trois territoires français.

L’enjeu de cette recherche est de produire une analyse sociétale des enjeux de la transition énergétique sur la base d’un dispositif empirique et expérimental novateur, à l’intersection des sphères du savoir, de la gouvernance, de la recherche (innovation) et des pratiques (usages). Il s’appuie sur une structure dédiée nouvellement crée à Caen. Cette expérimentation sera complétée par un travail d’enquête sociologique auprès des acteurs de la filière. La vocation pluridisciplinaire (sociologie, épistémologie, psychologie, géographie, droit, philosophie) de l’équipe et le caractère innovant et appliqué au contexte industriel du projet justifie le recours à un financement ANR sur projet de recherche collaborative (PRC) associant trois Universités : Caen, Nantes (école polytechnique de l’université) et Bourgogne) ainsi qu’une structure associative dédiée à la recherche expérimentale (« Le Dôme » / Relais d’sciences).

LOT 2
Revue de Presse. Les 1500 articles de Presse ont donné lieu à une synthèse, réalisée par Esdras N. TAKAM, de l’ensemble des projets liés à l’hydrogène (60 projets Hydrogène en tout) déployés sur le territoire national entre 2015 et 2018).
LOT 3
Enquêtes sociologiques. Comme prévu un panel de 250 étudiants et 250 entrepreneurs pour chacun des trois sites retenus (Normandie, Bourgogne, Côte d’Azur), soit 1500 personnes en tout, a été constitué. Il a été jugé pertinent, avant la passation même du questionnaire (dont l’élaboration a pris un an), de soumettre les enquêtés à une conférence de présentation des enjeux de l’hydrogène, dans la mesure où très rares sont les initiés à cette technologie. La présentation, rigoureusement standard et basée sur un Power Point élaboré par A. Lalo, dure environ 20 mn.

LOT 1
Living lab. L’activité living lab s’est déroulée comme initialement prévue, organisée par le partenaire spécialisé du consortium TETHYS, Le Dôme. Au total 14 ateliers ayant accueilli en tout plus de mille participants se sont déroulés depuis 2018 : 1 soirée « le vrai, le faux et l’hydrogène », 2 ateliers Turfu « mobilité » et « habitat », 2 présentations de TETHYS dans le festival Turfu 2018, 3 ateliers de scénarios d’usage «agriculture », « ruralité » et « élus », 1 conférence « Grand témoins » et 4 ateliers de coprototypage « Mercredis de l’hydrogène » . Une chargée d’animation dédiée a été recrutée par le Dôme, souvent suppléée par d’autres animateur lors des ateliers, en la personne de Pauline Ducoulombier. Ces données sont en cours d’exploitation.

LOT 4. Veille juridique sur l’évolution du régime applicable (plan hydrogène du Gouvernement + publication d’un décret entré en vigueur le 1er janvier 2019) et la doctrine.

Pour le LOT living lab exclusivement :
Nous nous sommes posé la question suivante : les technologies du « vecteur énergétique » hydrogène sont-elles conviviales ? En l’état actuel des politiques, des connaissances techniques, des moyens d’investissement, peut-on réellement (même si on le voulait) les décentraliser ? Les électrolyseurs ont un rendement les rendant peu intéressants pour le marché de masse. Peut-être ne peut-on pas demander à l’hydrogène ce qu’il ne peut pas donner, ni surtout d’accomplir le miracle de remplacer le pétrole dans sa praticité, son coût et dans l’organisation sociale que ce système énergétique a produite. C’est une technologie complexe et coûteuse, assez dangereuse et qui nécessite un haut niveau de sécurité et de sureté des installations. Bref, il n’est pas certain qu’elle puisse être « convivialisée ». Dès lors, la mise en œuvre de la démarche living lab est fragilisée : elle ne peut plus faire des participants des « acteurs clefs dans le processus d’innovation » et restreint leur périmètre d’action à la seule question des usages. En s’éloignant de la confrontation avec la matière, du « faire » et de son éthique, la procédure living lab ne permet ni de développer l’esprit critique des participants (Crawford, 2010), ni de construire un commun d’ordre politique qui reposerait sur une activité pratique (Dardot & Laval, 2014). Finalement, à mi-parcours du projet, et contrairement aux attentes, il apparaît que la démarche initiée tend à favoriser une dépolitisation de la question de la transition énergétique et de l’hydrogène.

Les enquêtes sont en cours de passation. La totalité des questionnaires étudiants (répartis en quatre secteurs disciplinaires : sciences, gestion, économie/droit et humanités) a été passée. Les liens de l’équipe avec nos Universités respectives a grandement facilité le travail. Plus ardue en revanche est la tâche de mobiliser les entrepreneurs (par définition très occupés et sollicités). 14 conférences-débats participatifs ont été organisées en Région PACA et 292 questionnaires enregistrés par Anne Lalo. Des rencontres sont planifiées en Normandie et en Bourgogne, avec l’appui des l’Agence de Développement Régionale (ADN), de la Région et de clubs d’entreprises sollicités. Notons que la thématique de l’hydrogène suscite généralement l’intérêt du secteur entreprenariat et industriel (PME).

Un Jeu de rôle (serious game) sur l’énergie a été élaboré dans le cadre de l’activité living lab. Une spécialiste du jeu a été recrutée pour une durée de 20 jours par le Dôme afin de préparer le jeu, en partie avec l’équipe de recherche dédiée au Lot n°1.

Problématique :
Le présent projet de recherche s’inscrivant dans le champ de la démocratie technique et se proposant de répondre, en étroite collaboration avec les acteurs des territoires, à un ensemble de questions liées au processus de transition énergétique liée à l’hydrogène, allant du recensement des expérience territoriales à la « mise en démocratie » d’enjeux à la fois généraux et très pratiques, vise à dépasser les approches traditionnelles formulées en termes d’acceptabilité sociale des risques. Il est porté par un consortium multidisciplinaire et multi-territorial basé sur deux structures fédératives de recherche que sont la Maison de la recherche en Sciences humaines de Caen (MRSH) et son homologue en Bourgogne.

Nous partirons du postulat qu'une transition énergétique (et ses technologies) ne peut être qu'aussi sociale. Aux logiques verticales et descendantes des processus initiés par les Régions et les industriels, peut-on opposer d'autres définitions de la transition ? Y-a-t-il de nouveaux référents de la transition à inventer pour faire advenir un modèle décentralisé et territorialisé? comment faire pour que la technique ne serve pas un filtre régulant l'accès aux moyens de la transition mais un vecteur fédérateur servant à fabriquer des citoyennetés environnementales ? A toutes ces questions le projet TETHYS, reposant sur quatre grands axes de travail, entend apporter des réponses concrètes et à les partager avec le plus grand nombre au sein de l'ensemble des parties-prenantes.

Mise en œuvre:

L’enjeu de cette recherche est de produire une analyse sociétale des enjeux de la transition énergétique sur la base d’un dispositif empirique et expérimental novateur, à l’intersection des sphères du savoir, de la gouvernance, de la recherche (innovation) et des pratiques (usages). Il s’appuiera sur une structure dédiée nouvellement crée à Caen : un living lab baptisé Le Dôme, en en faisant un instrument de recherche à part entière. Il s’agira, à un second niveau, d’étudier scientifiquement cet « objet scientifique » dont nous ferons un opérateur de transition.

Cette expérimentation sera enrichie par un important travail d’enquête sociologique inédite en France auprès deux publics porteurs d’enjeux : les étudiants et les chefs d’entreprises. En ce qui concerne les chefs d’entreprises, il s’agit d’évaluer s’ils seraient disposés à utiliser des véhicules à hydrogène dans leur entreprise et, pour les étudiants, de mesurer leur attitude à l’égard de la location de vélos à hydrogène pour leurs trajets « domicile-université ». A cette fin, on comparera les populations de trois régions : nos deux régions phare (labellisées) la Normandie et la Bourgogne d'une part (groupes expérimentaux de référence) , et la Côte d’Azur d'autre part (groupe témoin de comparaison).

La recherche proposée a aussi pour objectif de mettre en évidence la façon dont la presse régionale fait état des expériences innovantes qui émergent çà et là un peu partout dans le pays. En effet, l’essor et la réussite de l’hydrogène sur le plan industriel sont fortement tributaires de l’émergence d’usages locaux et de « marchés de niche » ; la presse locale est donc, à ce titre, un vecteur de communication non négligeable pour faire connaître ses potentialités au grand public car, en dépit de la polyvalence et de la diversité des usages qu’elle rend possibles, cette ressource énergétique risque de voir sa montée en puissance tuée dans l’œuf si les utilisateurs potentiels ne s’y intéressent pas.

Enfin, une réflexion sociologique et juridique sera menée sur les normes sociales qui conduisent d’une part à faire le choix de formuler les questions en termes d’acceptabilité sociale plutôt qu’autrement, et d’autre part à questionner les possibilités d’une passage du droit « de » la transition à un droit « à » la transition.

Valorisation :

Enseignement (science po, masters), plateforme numérique, un colloque ouvert.

Coordinateur du projet

Monsieur Frédérick Lemarchand (CENTRE D ETUDE ET DE RECHERCHE SUR LES RISQUES ET LES VULNERABILITES)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

CERReV CENTRE D ETUDE ET DE RECHERCHE SUR LES RISQUES ET LES VULNERABILITES
MSHDijon Maison des Sciences de l'Homme de Dijon
MRSH MRSH - Pôle Risques
Le Dôme RELAIS D'SCIENCES
CFV Centre François Viète
UNIVERSITE DE NICE SOPHIA ANTIPOLIS UNIVERSITE DE NICE SOPHIA ANTIPOLIS

Aide de l'ANR 295 585 euros
Début et durée du projet scientifique : octobre 2017 - 36 Mois

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