DS0407 -

Les troubles de l’initiation de l’action et les dysfonctionnements des interactions cortico-subthalamiques dans la maladie de parkinson – LOCOMOTIV

Résumé de soumission

La planification, l’initiation ou l’exécution d’une action sont des processus inhérents à notre comportement. Toutefois, notre capacité à ne pas faire une action, i.e. à l’inhiber, si celle-ci n’est pas pertinente ou adaptée à la situation est aussi cruciale, participant de ce fait au choix de l’action à réaliser. Ainsi, un dysfonctionnement de ce processus pourrait résulter, en cas d’exagération, à une incapacité à initier une action, comme on le voit chez les patients avec maladie de Parkinson souffrant d’une akinésie, ou à l’inverse, en cas de réduction, une incapacité à refreiner une action, comme on le voit chez des patients souffrant d’une impulsivité. De façon récente, l’exploration conceptuelle et méthodologique de la capacité à inhiber une action ou contrôle inhibiteur a permis de mettre en lumière différents types d’inhibition de réponse.

La vision dominante de l’inhibition de réponse est celle d’un processus initié après l’identification de stimuli spécifiques, comme un stop à une intersection. Cette inhibition sélective et réactive doit être distinguée d’un processus inhibiteur non-sélectif, comme ralentir pour tenir compte des panneaux dans une ville inconnue. L’inhibition peut également s’appliquer de manière proactive, sans stimulus explicite, comme renoncer à emprunter une route que l’on jugerait trop dangereuse. Ces différents types ne sont pas mutuellement exclusifs et coexistent probablement en conditions écologiques. Les bases neuronales sous-tendant ces différents processus ne sont pas totalement établies. Un réseau comprenant des régions corticales, avec l’aire motrice supplémentaire et le précunéus, et sous-corticales au sein des ganglions de la base, avec le noyau subthalamique (NST), a été récemment identifié comme participant au contrôle de l’inhibition proactive. Dans ce programme de recherche, le premier objectif est d’identifier, au niveau cortical, les structures modulées lors de ces différents types d’inhibition chez des sujets et des animaux sains, en utilisant des méthodes d’électrophysiologie dont la résolution temporelle permet de caractériser des changements d’activité neuronale de très courte durée (quelques centaines de ms).

La seconde partie du programme a pour objectif d’identifier les bases neurales de l’inhibition de réponse et les mécanismes cortico-sous-corticaux en condition pathologique. Alors qu’en l’absence de traitement, les patients avec maladie de Parkinson présentent une akinésie avec, au stade extrême, des blocages moteurs empêchant toute initiation du mouvement, en particulier à la marche, les traitements dopaminergique ou la stimulation cérébrale profonde du NST peuvent induire une impulsivité avec une désinhibition comportementale. La maladie de Parkinson représente ainsi un modèle d’étude pertinent de cette fonction. Ici, nous étudierons l’activité neuronale corticale et du NST et les effets de la stimulation du NST chez des patients opérés lors de l’inhibition de réponse.

Les récents développements théoriques et techniques de notre consortium nous offrent une position privilégiée pour élucider les mécanismes du contrôle inhibiteur à l’état normal et ses dysfonctionnements à l’état pathologique, mécanismes inaccessibles à l’aide des outils standard de neuroimagerie. Notre programme de recherche repose sur une approche transversale avec des expériences chez le sujet sain, le patient parkinsonien, le primate non humain, et un modèle primate non humain de la MP, dans le but d’identifier les mécanismes cellulaires locaux et la dynamique des réseaux cérébraux lors de l’inhibition de réponse, et leur altération par la maladie ou la stimulation cérébrale profonde. La compréhension des mécanismes sous-tendant ces processus comportementaux complexes devraient ouvrir de nouvelles perspectives dans la compréhension d’autres maladies neurologiques, mais aussi psychiatriques, dans le but de de développer de nouvelles cibles thérapeutiques pour traiter l’akinésie et l’impulsivité.

Coordination du projet

Brian LAU (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale - INSERM)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

INSERM - UMRS 1127 - Eq Neurochirurgie Expérimentale Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale - INSERM
INSERM - UMRS 1127 - Thérapeutiques Expérimentale de la Neurodégénérescence Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale
UCB Lyon 1 - CRNL Université Claude Bernard Lyon 1 - Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon

Aide de l'ANR 771 033 euros
Début et durée du projet scientifique : décembre 2016 - 48 Mois

Liens utiles

Explorez notre base de projets financés

 

 

L’ANR met à disposition ses jeux de données sur les projets, cliquez ici pour en savoir plus.

Inscrivez-vous à notre newsletter
pour recevoir nos actualités
S'inscrire à notre newsletter