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Economie des Antibiotiques: Incitations à l'Innovation et Implications pour les Coûts des Soins de Santé – Antibionomics

ANTIBIONOMICS: Economie des Antibiotiques

Incitations à l'Innovation et Implications pour les Coûts des Soins de Santé

Caractériser le marché des nouveaux antibiotiques

Corriger les défaillances du marché des antibiotiques est une priorité de la politique de la santé. L'impact de toute intervention politique spécifique dépend de la manière dont les patients, les médecins et les producteurs d'antibiotiques adaptent leur comportement. La réponse de chacun a des conséquences pour les autres acteurs. Il est essentiel de prendre en compte leurs interactions lors de l’évaluation des politiques. Les avancées méthodologiques récentes dans la modélisation des comportements de ces agents n'ont pas encore été appliquées au marché des antibiotiques. En outre, aucune étude empirique existante ne prend en compte ces trois facteurs, ni ne relie explicitement l’estimation des résultats des marchés de produits à l’investissement dans l’innovation. <br />Notre objectif est d'évaluer des propositions de politiques spécifiques en utilisant les résultats de l'estimation de modèles structurels caractérisant le comportement des patients, des médecins, des payeurs et des producteurs. Ces évaluations constitueront une contribution importante au débat politique. Elles présentent également un intérêt indépendant en économie, abordant des concepts fondamentaux tels que les externalités (surconsommation individuelle résultant de l’absence de prise en compte de la contribution à la résistance), le risque moral (surconsommation individuelle résultant de la couverture d’assurance), la mise à jour temporelle (prise en compte de la résistance future). par les agents prospectifs), les problèmes des agences (dans quelle mesure le médecin agit dans l’intérêt du patient) et la réglementation (dans quelle mesure les régulateurs de prix rendent compte de la surconsommation et de la résistance). Une meilleure compréhension de ces facteurs contribue également à la conception optimale des politiques dans d’autres marchés.

(1) Estimation de la demande des patients
Notre modèle de demande sera dérivé d'une spécification d'utilité aléatoire qui tient compte de l'hétérogénéité des préférences des patients et qui rend compte du prix réel auquel les patients sont confrontés (généralement inférieur au prix reçu par les producteurs en raison de l'assurance).
(2) comportement du médecin
 Nous évaluerons la «demande» des médecins (choix des ordonnances de leurs patients) en utilisant un modèle similaire à celui des patients, permettant ainsi une hétérogénéité des médecins (en particulier leur réactivité aux informations scientifiques) et une myopie potentielle.
(3) Comportement du producteur et du régulateur
Nous comparerons les situations dans lesquelles le producteur est confronté à peu de contraintes réglementaires en matière de prix (comme les États-Unis et l'Allemagne) avec d'autres dans lesquelles le contrôle des prix joue un rôle important (comme en France), afin de déterminer si les régulateurs et les producteurs tiennent compte de l'externalité de la surutilisation lorsque choix du prix.
L'approche d'estimation appliquera les techniques décrites dans des travaux antérieurs sur les jeux dynamiques. Dans le cas d'un bien durable, l'élasticité-prix des consommateurs varie et les entreprises souhaitent établir une discrimination par les prix dans le temps. Pour les antibiotiques, la dynamique ne repose pas sur les attentes du patient en matière de prix, mais bien sur le désir des producteurs de réduire le risque de résistance en reportant les ventes d’aujourd’hui à l’avenir.
(4) Investissement dans de nouveaux antibiotiques
Nous modéliserons les investissements en R & D en fonction des revenus attendus, de la résistance et du financement public de la recherche à l'aide d'outils permettant d'estimer les jeux d'oligopole dynamiques.

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Le marché des antibiotiques est caractérisé par au moins deux défaillances de marché potentielles. Premièrement, si aucun des producteurs, prescripteur ou patients n’internalisent l’externalité négative résultant d’une utilisation inappropriée, les traitements existants peuvent rapidement perdre en efficacité. Deuxièmement, contraindre une utilisation inappropriée peut saper les incitations à investir dans de nouveaux antibiotiques. Par exemple, restreindre l’utilisation de nouveaux antibiotiques pour retarder l’émergence de résistance aux antibiotiques peut diminuer les bénéfices attendus, et ainsi dissuader les sociétés pharmaceutiques d’investir dans ce domaine. Les modèles traditionnels pour promouvoir l’innovation, en particulier le système de brevet, sont mal taillés pour ce contexte car les producteurs ont des incitations à maximiser l’utilisation de leurs traitements pendant la période de protection du brevet. La surconsommation qui potentiellement en résulte contribue à la résistance aux antibiotiques.

Etant donné que la plupart des maladies infectieuses traitées par antibiotiques ont le potentiel de devenir pandémiques, les conséquences sur la santé publique de ces défaillances de marché peuvent être graves. En effet, la Commission Européenne a identifié la résistance antimicrobienne comme un « défi européen et mondial », associé aux 25 000 patients morts par an dans l’Union Européenne et aux 1,5 milliards d’Euros de dépenses de santé supplémentaires et à la perte de productivité.

Dans ce projet, nous estimerons des modèles structurels expliquant le comportement des patients, des médecins, des payeurs et des sociétés pharmaceutiques dans la consommation et la production d’antibiotiques. Premièrement, nous évaluerons la demande des patients pour les antibiotiques en utilisant des données de panel du niveau-patient sur les dépenses de santé en élargissant les modèles habituels de demande à un cadre dynamique avec externalités intertemporelles sur la consommation. Deuxièmement, nous évaluerons les choix des médecins en termes de prescriptions d’antibiotiques en utilisant des données de panel au niveau-prescripteur, en incorporant la dynamique d’apprentissage du médecin, ainsi que les externalités de consommation. Troisièmement, nous étudierons deux modèles de fixation des prix : un dans lequel le fabricant d’un antibiotique choisit le prix, et un autre dans lequel le prix est fixé par un régulateur national. Dans les deux modèles, nous étudierons comment les décideurs tiennent compte de la résistance aux antibiotiques dans la valeur et le prix du produit. Finalement, nous estimerons aussi un modèle de choix d’investissement en recherche et développement de nouvel antibiotique qui prenne en compte le comportement des patients, médecins, et payeurs, et dans lequel nous autoriserons aussi que le gouvernement finance de la recherche de façon endogène.

Coordinateur du projet

Madame Margaret Kyle (ARMINES)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

FONDATION JEAN JACQUES LAFFONT
ARMINES

Aide de l'ANR 203 464 euros
Début et durée du projet scientifique : janvier 2017 - 48 Mois

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