DS0802 - Inégalités, discriminations, intégration

Responsabilité Sociale des Journalistes : Médias, Diversité et Sport. – RSJ-MéDiS

Responsabilité Sociale des Journalistes : Médias, Diversité et Sport

Projet RSJ-MéDiS

Résumé du projet

L’injonction forte d’intégrer la question de la diversité dans les médias est le résultat de choix sociétaux et stratégiques qui émanent d’ONG, d’instances supranationales (UNESCO, Conseil de l’Europe), d’organisme de régulation (CSA) ou d’entreprises médiatiques. Ceux-ci engagent de manière collective ou individuelle une forme de responsabilité sociale (RS) qu’il faut rendre intelligible. Notre étude se concentre sur un objet : le sport, qui est, par construction sociale, le lieu symbolique de concrétisation des idéaux démocratiques et qui constitue un lieu de mise en visibilité de la diversité à l’exemple de l’athlétisme que nous avons choisi comme support d’analyse. Mais, il est également un terrain où émergent des discriminations (sexe, genre, homophobie, handicap, ethnique) qui contrarient ce modèle. Or, nos divers rencontres, entretiens et échanges avec les journalistes de sport montrent que cette question de la RSJ est de l’ordre d’un impensé qu’il nous faut définir. Alors que l’objet ‘sport’ occupe une place importante dans l’espace social, bien souvent les journalistes de sport ont peine à s’imposer comme de réels professionnels de l’information comme « frappé du sceau de l'illégitimité culturelle » (Diana, 2004). Paradoxalement, on constate une posture assumée du journaliste de sport en tant qu’acteur volontaire, en charge de sa légitimation et de sa préservation, défenseur de ses vertus qu’elles soient éducatives, d’intégration, d’épanouissement, de santé ou encore de lutte contre les discriminations. Cette posture est parfois contredite par les discours des journalistes de sport qui, de manière impensée, conduisent à stigmatiser les différences au travers de l’expression de lieux communs. Il s’agit alors de s'interroger sur les tenants et aboutissants de la RS collective et individuelle des journalistes de sport et ainsi de dépasser l'invocation de l'impuissance et/ou la recherche de coupables, pointant du doigt une culpabilité médiatique.

En procédant à l’analyse des logiques de fabrication de l’information sportive, l’objectif que nous assignons à cette recherche est de contribuer à définir, avec les acteurs, des modalités innovantes d’une régulation de la profession, en privilégiant l'acte d'assumer ses responsabilités et la recherche de modes novateurs de résolution des crises, posture résolument tournée vers l'avenir. Le sport médiatisé nous permet en effet d’interroger la responsabilité sociale des journalistes et des institutions médiatiques. Il est, pour nous, un laboratoire tout à fait pertinent par la place qu’occupe le spectacle sportif dans les médias et en raison des audiences qu’il génère.
Ce projet se décline en trois tâches destinées à faire interagir, tout d’abord le cadre communicationnel défini par un espace de normes et de contraintes professionnelles, en y intégrant la question de la diversité. Il s’agit ensuite d’identifier la façon dont ce cadre structure les pratiques. Enfin l’étude de l’acte discursif réalisé doit s’attacher à analyser les productions médiatiques télévisuelles et numériques, donc en creux les effets présupposés et les usages des discours. C’est dans l’interaction de ces trois tâches que se construit l’analyse de la RSJ.
Le projet se déroulera sur 24 mois à compter du 1er janvier 2016 et prendra fin en décembre 2017. Nous ciblerons notre étude au sein de France Télévisions, en raison de ses missions de services public avec comme supports principaux d’analyse les épreuves d’athlétisme des JO de Rio (2016) et les championnats du monde d’athlétisme (2017).
Notre recherche s’appuie sur un socle disciplinaire dominant, celui des Sciences de l’Information et de la Communication dans ses interactions avec les Sciences et Techniques des Activités Physique et Sportive et les sciences du langage sur la base d’une collaboration déjà éprouvée entre, l’UMR PACTE (UMR 5194), le CRAPE (UMR 6051), Praxiling (UMR 5267 CNRS), Geriico (EA 4073) et l’URePSSS (EA 4110).

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L’injonction forte d’intégrer la question de la diversité dans les médias est le résultat de choix sociétaux et stratégiques qui émanent d’ONG, d’instances supranationales (UNESCO, Conseil de l’Europe), d’organisme de régulation (CSA) ou d’entreprises médiatiques. Ceux-ci engagent de manière collective ou individuelle une forme de responsabilité sociale qu’il faut rendre intelligible. Notre étude se concentre sur un objet : le sport, qui est, par construction sociale, le lieu symbolique de concrétisation des idéaux démocratiques et il constitue un lieu de mise en visibilité de la diversité à l’exemple de l’athlétisme que nous avons choisi comme support d’analyse. Mais il est également un terrain où émergent des discriminations (sexe, genre, homophobie, handicap, ethnique) qui contrarient ce modèle. Or, nos divers rencontres, entretiens et échanges avec les journalistes de sport montrent que cette question de la responsabilité sociale des journalistes (RSJ) est de l’ordre d’un impensé qu’il nous faut définir. Alors que l’objet ‘sport’ occupe une place importante dans l’espace social, bien souvent encore les journalistes de sport ont peine à s’imposer comme de réels professionnels de l’information comme « frappé du sceau de l'illégitimité culturelle » (Diana, 2004) . Paradoxalement, on constate une posture assumée du journaliste de sport en tant qu’acteur volontaire, en charge de sa légitimation et de sa préservation, défenseur de ses vertus qu’elles soient éducatives, d’intégration, d’épanouissement, de santé ou encore de lutte contre les discriminations. Cette posture est parfois contredite par les discours des journalistes de sport qui, de manière impensée, conduisent à stigmatiser les différences au travers de l’expression de lieux communs. Il s’agit alors de s'interroger sur les tenants et aboutissants de la responsabilité sociale (RS) collective et individuelle des journalistes de sport et ainsi de dépasser l'invocation de l'impuissance et/ou la recherche de coupables, pointant du doigt une culpabilité médiatique.
En procédant à l’analyse des logiques de fabrication de l’information sportive, l’objectif que nous assignons à cette recherche est de contribuer à définir, avec les acteurs, des modalités innovantes d’une régulation de la profession, en privilégiant l'acte d'assumer ses responsabilités et la recherche de modes novateurs de résolution des crises, posture résolument tournée vers l'avenir. Le sport médiatisé nous permet en effet d’interroger la responsabilité sociale des journalistes et des institutions médiatiques. Il est, pour nous, un laboratoire tout à fait pertinent par la place qu’occupe le spectacle sportif dans les médias et en raison des audiences qu’il génère.
Ce projet se décline en trois tâches destinées à faire interagir, tout d’abord le cadre communicationnel défini par un espace de normes et de contraintes professionnelles, en y intégrant la question de la diversité. Il s’agit ensuite d’identifier la façon dont ce cadre structure les pratiques. Enfin l’étude de l’acte discursif réalisé doit s’attacher à analyser les productions médiatiques télévisuelles et numériques, donc en creux les effets présupposés et les usages des discours. C’est dans l’interaction de ces trois tâches que se construit l’analyse de la RSJ.
Nous ciblerons notre étude au sein de France Télévisions, en raison de ses missions de services public avec comme supports principaux d’analyse les épreuves d’athlétisme des JO de Rio (2016) et les championnats du monde d’athlétisme (2017).
Notre recherche s’appuie sur un socle disciplinaire dominant, celui des Sciences de l’Information et de la Communication dans ses interactions avec les Sciences et Techniques des Activités Physique et Sportive et les sciences du langage sur la base d’une collaboration déjà éprouvée entre, l’UMR PACTE (UMR 5194), le CRAPE (UMR 6051), Praxiling (UMR 5267 CNRS), Geriico (EA 4073) et l’URePSSS (EA 4110).

Coordinateur du projet

Monsieur Fabien Wille (MESHS - Unité de recherche pluridisciplinaire Sport, Santé, Société)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

PACTE UMR5194 Politiques publiques, ACtion politique, Territoires
MESHS - URePSSS EA4110 MESHS - Unité de recherche pluridisciplinaire Sport, Santé, Société
CRAPE UMR6051 Centre de Recherche sur l'Action Politique en Europe CRAPE

Aide de l'ANR 198 507 euros
Début et durée du projet scientifique : septembre 2015 - 24 Mois

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