FRAL - Programme franco-allemand en Sciences humaines et sociales

Dynamiques de transmission: familles, autorité et savoir dans le Moyen-Orient médiéval et moderne (XVe-XVIIe siècles) – DYNTRAN

DYNTRAN

Dynamiques de transmission : Familles, autorité et savoir dans le Moyen-Orient de la première modernité (XVe-XVIIe s.)

Les réseaux familiaux et la transmission des savoirs et de l’autorité dans le Moyen-Orient médiéval et moderne

Le rôle historique des réseaux de type familial au Moyen-Orient aux XVe-XVIIe siècles a été peu étudié dans sa dimension transrégionale, en dépit de recherches ponctuelles. Il s’agit pourtant d’une période charnière pour les sociétés du Moyen-Orient à l’orée de l’époque moderne. Ainsi, le projet DYNTRAN a proposé d’interroger, d’une part, la notion de « famille » au Moyen-Orient médiéval et moderne, par l’étude du vocabulaire des familles ou de l’évolution de la perception des familles, etc. D’autre part, il s’agissait d’explorer les relations entre les réseaux familiaux et la transmission du savoir et de l’autorité, qu’ils soient politiques, spirituels, artistiques, économiques ou professionnels. <br />L’enjeu n’était pas seulement d’analyser les objets et les cadres de la transmission, mais aussi d’en étudier les moyens, les pratiques et les stratégies mis en œuvres, dans un contexte historique. Enfin, l’objectif a également été de s’intéresser aux processus d’adaptation et de développement des lignées en vue d’asseoir à travers le temps et l’espace les conditions de leur survie. Ainsi, il s’agissait d’identifier ces réseaux ainsi que leurs contextes sociaux et économiques à l’échelle plus large du Moyen-Orient musulman.

D’un point de vue méthodologique, notre approche visait à tirer profit de la complémentarité des équipes, en faisant dialoguer des spécialistes issus de domaines tels que l’histoire de l’art, l’étude des textes, l’histoire. Cette approche pluridisciplinaire a permis de confronter des sources de nature diverse, telles que des textes, documents et des objets. Elle visait également à établir une passerelle entre les études sur l’espace arabo-ottoman et celles portant sur l’espace iranien et centre-asiatique.
Trois workshops furent organisés à Marburg (2015), au Caire (2016) et à Naples (2017) pour réunir les équipes française et allemande et engager la discussion sur ces approches et problématiques. Outre ces grands rassemblements, trois Panels DYNTRAN furent également organisés en 2017 à l’occasion de congrès internationaux en Allemagne, en France et au Liban. La conclusion de ces échanges eut lieu à Paris à l’occasion du colloque final, en mars 2018.
L’équipe française est par ailleurs allée découvrir de nouvelles ressources sur le terrain, en organisant des missions notamment en Asie centrale et en Afghanistan.

Sur le plan scientifique, DYNTRAN a pu mettre en lumière le rôle des réseaux familiaux, spirituels et professionnels dans les transmissions commerciales et intellectuelles au Moyen-Orient (XVe-XVIIe s.), ainsi que dans l’élaboration et la transmission des savoir-faire. Le projet a également mis en exergue les voies directes et indirectes de la transmission du savoir et de l’autorité. Enfin, DYNTRAN a permis d’étudier les mécanismes de transmission officiels ou institutionnels versus les mécanismes informels.
Les travaux de DYNTRAN ont été regroupés en trois thématiques principales : a) les stratégies de transmission ; b) les formes de l’autorité ; c) le rôle des réseaux de type familiaux dans la transmission du savoir et de l’autorité.
Le carnet de recherche du programme, en ligne, donne également une visibilité à cette recherche, en publiant notamment mensuellement des DYNTRAN Working Papers.

-Trois ouvrages monographiques sont actuellement sous presse (2019, par A. Tiburcio) et en cours de préparation (par S. Aube; et par A. Sabra).
-Des collaborations prometteuses ont été nouées sur le terrain, en particulier avec la Délégation Archéologique Française en Afghanistan (DAFA).
-La coopération au sein de DYNTRAN a par ailleurs contribué au développement de nouveaux projets directement connectés (cf. le DFG Priority Program “Transottomanica” ; le projet ANR-DFG 2019-2021 “EGYlandscape: Land and Landscapes in Mamluk and Ottoman Egypt [13th-18th C.]“).

-Les résultats préliminaires de DYNTRAN sont parus dans un numéro spécial de la revue Eurasian Studies (2/2017), co-édité par Maria Szuppe et Sandra Aube avec la collaboration d’Anthony T. Quickel et intitulé : Channels of Transmission: Family and Profess


Depuis les vingt dernières années, l’histoire des familles est apparue de plus en plus clairement comme l’un des champs de recherche les plus stimulants dans les études sur le Proche et le Moyen Orient. Le projet présenté ici s’inscrit dans ce récent courant et se propose d’avancer dans plusieurs directions. Il investit d’abord un champ chronologique relevant de l’époque médiévale tardive et pré-moderne (« Early modern period »), allant ici du XVe au XVIIe siècle, période pour laquelle le rôle des familles reste insuffisamment étudié, les recherches existantes étant habituellement ciblées sur une région ou sur un groupe social précis. Ensuite, en associant en son sein les spécialistes des études arabes, turques et iraniennes, le projet veut contribuer à combler la division existant, dans les recherches sur le Moyen Orient, entre deux domaines d’étude : le monde de culture persane ou persanisante, et les régions du monde arabe placées sous la domination des Mamelouks et des premiers Ottomans. Dans ce cadre, mobilité géographique et zones de contact méritent une attention toute particulière. Enfin, tout en appliquant le concept général de transmission à l’histoire de la famille, le projet a pour but d’identifier les dynamiques de transmission de l’autorité et du savoir au sein des structures familiales, aussi bien de façon synchronique que diachronique.

L’objet de la transmission est de nature diverse : ce peut être la connaissance mystique et l’autorité spirituelle, un savoir-faire et des compétences militaires dans les familles des amirs, ou encore une forme de pouvoir politique et administratif au sein des familles « construites » ou groupes de parenté. Nous devons parallèlement prendre en compte les traditions scribales, littéraires et artistiques qui sont transmises au sein des lignées de savants et d’érudits. On peut en retracer le cheminement par l’étude des objets, considérés comme des manifestations à la fois symboliques et réelles de la légitimation, du statut et du pouvoir.

Les processus de transmission s’expriment par des dynamiques qui leurs sont à la fois internes et externes. Internes par leur rapport avec la composition réelle des familles et externes par leur dépendance de facteurs géographiques, temporels et culturels, comme les regroupements de type tribal, les alliances territoriales, les ressources économiques, ainsi que des changements religieux ou idéologiques. Une série des sources est à notre disposition qu’il nous faut exploiter, comprenant des documents d’archives ainsi que des dictionnaires biographiques, des récits historiques et des objets matériels. Tout en essayant de définir l’idée de « famille » et ses protagonistes, notre objectif est de fournir des éléments pour une meilleure compréhension du rôle des familles et des groupes de parenté dans les cultures marquées par l’islam, avant l’arrivée de la modernité.

Coordinateur du projet

Madame Maria Szuppe (UMR7528 Mondes iranien et indien, CNRS)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

CNMS, Philipps-Universität Marburg Philipps-Universität Marburg,Centrum für Nah- und Mittelost-Studien
CNRS, UMR7528 Mondes iranien et indien UMR7528 Mondes iranien et indien, CNRS
IFAO Institut Français d'Archéologie Orientale

Aide de l'ANR 250 000 euros
Début et durée du projet scientifique : septembre 2014 - 36 Mois

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