PDOC - Retour Postdoctorants

Reconnaissance et diffusion des visualités en sciences sociales de langue allemande – VISUALL

VISUALL - Reconnaissance et dissémination des visualités dans les sciences sociales de langue allemande

Les débats interdisciplinaires en Allemagne et dans les pays de langue allemande ayant pour objet l’image, la visualité et les pratiques visuelles ont gagné en intensité ces dernières années. Cette effervescence s’inscrit dans le prolongement de problématiques qui structurent les thématiques visuelles depuis vingt ans dans le monde académique germanophone. <br />En effectuer une cartographie raisonnée permet de renforcer théoriquement et méthodologiquement l'étude des sciences et cultures visuelles.

Diffusion et enrichissement de débats novateurs

Les années 1990 ont vu apparaître un nouveau champ de recherche germanique, la Bildwissenschaft, qui cherche à combiner les perspectives disciplinaires de l’histoire de l’art et de la philosophie (Bredekamp, 2003), associées à l'anthropologie (Belting, 2004), ou encore aux sciences de la communication, à la psychologie et aux sciences cognitives (Sachs-Hombach, 2005). De manière concomitante, l’espace anglo-américain voit se développer des Visual Studies qui visent à décentrer les objets de recherche en histoire de l’art vers une prise en considération des cultures visuelles du quotidien (Mirzoeff, 1999 ; Evans et Hall, 1999). Ces nouvelles approches analytiques se cristallisent autour d’une transformation paradigmatique, qualifiée de Pictorial turn ou d’Iconic turn suivant les aires intellectuelles (Stiegler, 2008 ; Boehm et Mitchell, 2009). Toutefois, force est de constater que ces modèles ne sont pas hégémoniques ; de nombreux sociologues et anthropologues germaniques soutiennent la thèse d’une prédominance de formes hybrides entre images et textes, en particulier dans le cadre d’études abordant l’internet et la télévision, pour saisir les inégalités de distribution sociale entre milieux sociaux et sociétés caractérisant les pratiques sociales de fabrication, d’utilisation et de réception des images (Burri, 2008 ; Schnettler et Pötzsch, 2007). Autant de perspectives qui ont abouti au développement d’approches épistémologiques et méthodologiques différenciées qui restent à diffuser et à confronter aux positions théoriques en sciences humaines et sociales dans l’espace francophone.

La prégnance d’une tradition herméneutique constitue le socle des controverses en sciences sociales allemande ; l’importance du renouvellement de l’approche par Hans-Georg Gadamer (1960), puis celle développée dès les années 1970 par Ulrich Oevermann (1993) aboutit au développement par exemple d’une Videohermeneutik promue par Dirk Tänzler et Jürgen Raab (2006). Cette tension entre visualité et texte se retrouve également dans l’analyse de segment (Segmentanalyse) promue par Roswitha Breckner (2012) et inspirée des travaux de l’historien de l’art Max Imdahl (1996). De même, l’introduction des travaux de Michel Foucault dans l’espace académique allemand voit émerger une analyse visuelle des discours (visuelle Diskursanalyse) qui réinterroge les liens entre les régimes d’énoncés et ceux de visibilité (Maasen, Mayerhauser et Renggli, 2006). Finalement, l’importance accordée à la place de l’image comme vecteur de significations dans nos sociétés induit des terminologies, méthodologies et épistémologies variées. La question de leur rapprochement se pose pour étudier les objets visuels qui résistent aux découpages épistémologiques. Se fait jour la nécessité de cerner le développement, les filiations et transformations paradigmatiques, les ancrages épistémologiques et les dispositifs qui ont amené à cette situation. C’est pourquoi ce projet vise à identifier les débats et cadres d’analyses actuels pour en assurer la diffusion et la discussion en France.

La construction intrinsèque du projet scientifique donne une grande place à la circulation des idées et à la diffusion des résultats de recherche. Deux tâches constituent cette activité : d’une part, l’organisation de manifestations scientifiques, d’autre part, la publication d’articles et d’un ouvrage. A cela se rajoute la mise en ligne de données

Outre les manifestations scientifiques et publications effectuées dans le cadre de ce projet, des outils logiciels de visualisation sont développés pour assister le chercheur en fonction du type d'images et d'approche épistémique qu'il souhaite exploiter.

En cours

Les débats interdisciplinaires en Allemagne et dans les pays de langue allemande ayant pour objet l’image, la visualité et les pratiques visuelles ont gagné en intensité ces dernières années. Cette effervescence s’inscrit dans le prolongement de problématiques qui structurent les thématiques visuelles depuis vingt ans dans le monde académique germanophone. Les années 1990 ont ainsi vu apparaître un nouveau champ de recherche, la Bildwissenschaft, qui cherche à combiner les perspectives disciplinaires de l’histoire de l’art, des sciences de la communication et de la philosophie (Bredekamp, 2003 ; Belting, 2004). De manière concomitante, l’espace anglo-américain voit se développer des Visual Studies qui visent à décentrer les objets de recherche en histoire de l’art vers une prise en considération des cultures visuelles du quotidien (Mirzoeff, 1999 ; Evans et Hall, 1999).
Ces nouvelles approches analytiques se cristallisent autour d’une transformation paradigmatique, qualifiée de Pictorial turn ou d’Iconic turn suivant les aires intellectuelles (Stiegler, 2008 ; Boehm et Mitchell, 2009). Dans le champ anglo-saxon, le tournant pictorial énoncé par W.J.T. Mitchell (1994 ; 2009) désigne une inflexion des pratiques ordinaires associée à un déplacement des modèles d’analyse sémiotiques et linguistiques. Ces observations possèdent leur pendant allemand avec Gottfried Boehm (1994), qui proclame pour sa part l’avènement d’un tournant iconique, et qui entend souligner la prégnance des images dans les cultures contemporaines occidentales, ainsi que leur marginalisation comme objet de recherche académique. Cependant, dans son optique, il est question d’évoquer une détermination ontologique de l’image, et non de prendre explicitement en considération les conditions historique et culturelle des pratiques visuelles.
Toutefois, force est de constater que de nombreux culturalistes germaniques soutiennent la thèse d’une prédominance de formes hybrides entre images et textes, en particulier dans le cadre d’études abordant l’internet et la télévision. La thèse de G. Boehm est ainsi sujette à caution pour saisir les inégalités de distribution sociale entre milieux sociaux et sociétés caractérisant les pratiques sociales de fabrication, d’utilisation et de réception des images (Burri, 2008 ; Schnettler et Pötzsch, 2007). Autant de perspectives qui ont abouti au développement d’approches différenciées qui restent à diffuser et à confronter aux positions théoriques en sciences humaines et sociales dans l’espace francophone.
La prégnance d’une tradition herméneutique constitue le socle des controverses en sciences sociales allemande ; l’importance du renouvellement de l’approche par Hans-Georg Gadamer (1960), puis celle développée dès les années 1970 par Ulrich Oevermann (1993) aboutit au développement d’une Videohermeneutik promue par Dirk Tänzler et Jürgen Raab (2006). Cette tension entre visualité et texte se retrouve également dans l’analyse de segment (Segmentanalyse) promue par Roswitha Breckner (2012) et inspirée des travaux de l’historien de l’art Max Imdahl (1996). De même, l’introduction des travaux de Michel Foucault dans l’espace académique allemand voit émerger une analyse visuelle des discours (visuelle Diskursanalyse) qui réinterroge les liens entre les régimes d’énoncés et ceux de visibilité (Maasen, Mayerhauser et Renggli, 2006).
Finalement, l’importance accordée à la place de l’image comme vecteur de significations dans nos sociétés induit des terminologies, méthodologies et épistémologies variées. La question de leur rapprochement se pose pour étudier les objets visuels qui résistent aux découpages épistémologiques. Se fait jour la nécessité de cerner le développement, les filiations et transformations paradigmatiques, les ancrages épistémologiques et les dispositifs qui ont amené à cette situation. C’est pourquoi ce projet vise à identifier les débats et cadres d’analyses actuels pour en assurer la diffusion et la discussion en France.

Coordinateur du projet

Mathias BLANC (UMR8529 Institut de Recherches Historiques du Septentrion)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

IRHiS UMR8529 Institut de Recherches Historiques du Septentrion

Aide de l'ANR 205 731 euros
Début et durée du projet scientifique : septembre 2013 - 42 Mois

Liens utiles

Inscrivez-vous à notre newsletter
pour recevoir nos actualités
S'inscrire à notre newsletter