Blanc SVSE 1 - Blanc - SVSE 1 - Physiologie, physiopathologie, santé publique

Epidémiologie et physiopathologie des hémolyses post transfusionnelles au cours de la drépanocytose – SCDTRANSFU

Résumé de soumission

La drépanocytose est une hémoglobinopathie de transmission autosomique récessive atteignant les populations d’origine Afro-Antillaise. C’est la maladie génétique la plus fréquente en France (8000 patients). La transfusion reste le traitement clé de cette maladie, elle améliore le pronostic vital et diminue la morbidité des patients. Les indications transfusionnelles sont en augmentation. En effet, la transfusion est curative mais aussi préventive, notamment pour la survenue d’accidents vasculaires cérébraux chez les enfants. L’hyper hémolyse post-transfusionnelle du drépanocytaire est un accident grave de la transfusion. Elle met en jeu le pronostic vital et a un impact sur le cours de la maladie. Cette complication transfusionnelle imprévisible et non récurrente, est sous estimée car elle se présente souvent sous la forme d’une crise vaso-occlusive, symptôme caractéristique de la maladie, et à distance des transfusions. L’hyper hémolyse post-transfusionnelle a des caractéristiques particulières chez le drépanocytaire : une destruction concomitante des globules rouges (GR) du patient, une réticulopénie, une exacerbation de l’hémolyse lors de la poursuite des transfusions. Sur le plan immuno-hématologique, schématiquement, 2 situations se rencontrent : (i) le classique conflit antigène/anticorps du fait d’un allo-anticorps restimulé par la transfusion, avec parfois la présence d’anticorps non classiquement dangereux, d’auto-anticorps, ou d’anticorps associés à des variants de groupe sanguin (Rhésus) ; (ii) la situation plus énigmatique caractérisée par l’absence d’anticorps anti-érythrocytaires. Sur la base d’études in vitro, nous avons dans ce dernier cas posé l’hypothèse d’une apoptose (eryptosis) accélérée des GR transfusés induite par l’environnement inflammatoire du drépanocytaire au moment de la transfusion.
Ce projet a pour objectif de déterminer l’incidence de l’hyper hémolyse post-transfusionnelle du drépanocytaire, de caractériser ce syndrome sur le plan clinique et biologique et d’en déterminer sa physiopathologie, pour permettre à terme de le prévenir et le traiter efficacement. Dans cette étude prospective, nous collecterons des prélèvements pré transfusionnels d’au moins 1500 patients transfusés, des prélèvements post transfusionnels seront à nouveau prélevés chez les patients développant une hyper hémolyse pour atteindre une soixantaine de cas. Une trentaine de cas ont été déclarés en 2010 pour plus de 1500 patients transfusés, ce chiffre est sous estimé. Les caractéristiques clinico-biologiques des accidents transfusionnels seront renseignées. Les études in vitro réalisées sur les prélèvements permettront de confirmer notre hypothèse mécanistique d’éryptosis, de déterminer les facteurs plasmatiques à l’origine de cette altération des GR transfusés, et enfin de caractériser les facteurs plasmatiques et/ou cellulaires entraînant la disparition accélérée de ces GR transfusés, mais aussi des propres GR du patient, dans les cas d’hémolyses sans anticorps détectables.
Cette étude est la première étude prospective de large envergure, tant sur le plan national qu’international, s’intéressant à la transfusion des drépanocytaires. Elle bénéficie de la plus large cohorte renseignée de patients drépanocytaires, puisque près de 6000 patients sont suivis en Ile de France. Les partenaires de cette étude représentés par l’Etablissement Français du Sang (EFS), les centres de références de la drépanocytose et le réseau d’hémovigilance sont tous des acteurs de la transfusion des drépanocytaires. Ce projet représente un impact majeur en terme de santé publique, puisqu’il a pour but d’évaluer et diminuer la morbidité des patients.
Pour l’EFS, les résultats de cette étude seront aussi d’un intérêt majeur car ils auront pour conséquences probables des stratégies de collecte et des pratiques transfusionnelles adaptées aux besoins des drépanocytaires, dans un but constant d’optimisation de la sécurité transfusionnelle.




Coordinateur du projet

Madame France NOIZAT-PIRENNE (UNIVERSITE PARIS-EST CRETEIL VAL DE MARNE) – france.noizat-pirenne@efs.sante.fr

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

UPEC UNIVERSITE PARIS-EST CRETEIL VAL DE MARNE

Aide de l'ANR 259 200 euros
Début et durée du projet scientifique : octobre 2011 - 24 Mois

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