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Discrimination ethnique et par genre dans les marchés : le rôle de l'espace – GEDIM

GEDIM

Discrimination ethnique et par genre dans les marchés : le rôle de l'espace

Enjeux

L’innovation de notre projet est d'explorer les aspects spatiales de la discrimination

Nous avons entamé des travaux théoriques et empiriques

Nos résultats montrent l'existence de différents types de discrimination ethnique. Concernant les femmes, nous ne trouvons pas d’évidence de discrimination dans les promotions.

Le projet progresse comme attendu

1. Bruno Decreuse and Benoit Schmutz, 2012. Residential mobility and unemployment of African immigrants in France: a calibration approach, Annals of economics and statistics, 2012, 107-108.
2. Dolado, J.J., C. García Peñalosa and S. de la Rica, 201

La recherche vise à exposer comment la prise en compte des contraintes spatiales permet de mieux comprendre les phénomènes de discrimination ethnique et selon le genre. L’idée de base est que les personnes faisant l’objet de préjugés sont susceptibles de ne pas disposer du même type d’ensemble de choix pour leur localisation. Du côté des femmes, il est clair qu’elles sont souvent amenées à suivre leur conjoint dans ses pérégrinations de nature professionnelle. Il en résulte a priori que sur le marché du travail, l’assortiment entre l’employeur et l’employé a toutes les raisons d’être de moins bonne qualité pour les femmes que pour les hommes. On peut ainsi expliquer une partie du différentiel de salaire entre hommes et femmes. Du côté des minorités ethniques, leur plus faible niveau d’éducation, qui se transpose en salaires plus faibles et davantage de précarité, ne les rend pas très solvables sur le marché du logement en acquisition ou sur le marché du logement locatif privé. Ainsi, même sans évoquer la piste d’une possible discrimination proprement dite sur le marché du logement, l’ensemble de choix résidentiel risque de se réduire au logement social. Comme celui-ci est fortement concentré dans les communes de la première couronne et les centres villes des grandes agglomérations, il en résulte un espace de choix résidentiel beaucoup plus restreint que celui du groupe majoritaire. Ce constat peut en plus être aggravé par une discrimination sur le marché du logement, en raison de préjugés du bailleur ou des autres occupants lorsqu’il s’agit d’un logement collectif. Cette restriction des ensembles d’opportunité en terme résidentiel est susceptible d’engendrer une misallocation spatiale au niveau national de grande ampleur entre les besoins des entreprises qui se portent en majorité sur des emplois en contact avec la clientèle dans les grandes villes, alors même que ces emplois sont les plus susceptibles d’engendrer des préjugés de la part des consommateurs. Le cœur du projet est d’essayer de tester cette double thèse sur chacun des deux grands volets. Dans un premier temps, il s’agit de proposer des modèles qui nous permettent de valider ou d’invalider ce type de conclusion sur des données. Dans un second temps, il s’agit de tester ces modèles sur des données suffisamment riches. Aussi, chacun des grands volets de l’analyse comporte une dimension empirique essentielle en mobilisant des bases de données différentes. Rien que pour la France sur le côté ethnique, il s’agit du recensement, de l’enquête logement, de l’enquête emploi, de l’enquête sur la formation et la qualification professionnelle, de l’échantillon démographique permanent ; pour les Etats-Unis, le recensement, the Public Use microdata sample, le General Social Survey ; pour l’étude sur la segmentation du travail en Chine, the China Household Income Project ; du côté du genre, le World Value Survey, ainsi que les données DADS. Une fois validée ou invalidée la thèse générale de l’importance des restrictions spatiales pour l’étude des deux types de discrimination en raisonnant de manière séparée, nous désirons adjoindre un dernier thème qui est celui de la comparaison proprement dite des deux types de discrimination. Quelle sont les spécificités de la discrimination selon le genre et en quoi ces spécificités permettent d’expliquer la différence d’investissement dans le capital humain, les femmes investissant maintenant autant que le groupe dominant, alors que c’est loin d’être le cas pour bon nombre de minorités ethniques ?

Coordinateur du projet

GROUPEMENT DE RECHERCHE EN ÉCONOMIE QUANTITATIVE D'AIX-MARSEILLE (Laboratoire public)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

GROUPEMENT DE RECHERCHE EN ÉCONOMIE QUANTITATIVE D'AIX-MARSEILLE

Aide de l'ANR 234 000 euros
Début et durée du projet scientifique : - 48 Mois

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