Projet ShareElec - Vers une systématisation du partage des données électrophysiologiques en neurosciences

3 questions sur ce projet lauréat de l’appel Flash science ouverte

En quoi l’application des principes de la science ouverte, à propos des données de la recherche, constitue un enjeu dans votre domaine, discipline ou spécialité ?

En neurosciences, les données expérimentales représentent une ressource primordiale pour les chercheurs. Néanmoins, l’acquisition de ces données reste un processus complexe et coûteux, dont le niveau de sophistication technologique augmente de manière exponentielle. Il est donc critique de partager ces données avec la communauté scientifique, d’une part pour optimiser les coûts, mais aussi pour fiabiliser les résultats obtenus en facilitant leur reproductibilité et diversifier les approches d’analyses afin d'ouvrir de nouvelles perspectives.

Quels sont les objectifs du projet et les approches envisagées pour y répondre ?

Le projet ShareElec capitalise sur une collaboration de longue date entre l'Institut de Neurosciences de la Timone (Marseille) et l'Institut de Neurosciences et de Médecine 6 (Jülich, Allemagne), qui a entre autre permis d'améliorer les pratiques d'acquisition, de gestion, de distribution et d'exploitation de données d'électrophysiologie enregistrées sur des modèles animaux. Les objectifs spécifiques de notre projet sont de poursuivre le développement d'outils informatiques de gestion des données et méta-donnés expérimentales d'une manière collaborative et ouverte afin d'en faire bénéficier la communauté de des chercheurs en neurosciences.

Quelles sont les perspectives en termes d’applications potentielles pour la communauté scientifique du domaine, des autres champs disciplinaires, ou encore pour la société ?

L'acquisition de données électrophysiologiques chez des animaux de laboratoire reste un outil crucial en neurosciences, à la fois pour améliorer nos connaissances sur l'organisation et du fonctionnement du cerveau, mais aussi pour développer des dispositifs médicaux destinés à l'amélioration de la qualité de vie de nombreux patients (stimulation électrique profonde chez les parkinsoniens, rétines artificielles chez les malvoyants etc.). Gérer efficacement les données et les partager de manière ouverte, comme va le faciliter le projet ShareElec, est donc une des clés pour l'application de la règle des 3R (Remplacer, Réduire, Raffiner), qui sert à optimiser les pratiques en expérimentation animale et notamment à réduire le nombre d’animaux utilisés.

Le projet ShareElec est coordonné par Sylvain TAKERKART (CNRS). Il regroupe 2 partenaires : Institut de Neurosciences de la Timone (Marseille) et l’institut de Neurosciences et de Médecine 6 (Jülich, Allemagne), et est financé pour une durée de 24 mois.