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18/06/2015

L’équipe du projet ARCHOR découvre les plus anciens outils de pierre au Kenya

Le projet ARCHOR, coordonné par Sonia Harmand et financé par l’ANR depuis 2013, a conduit à la découverte des plus anciens outils de pierre connus à ce jour (3,3 millions d’années). Cette découverte, annoncée par la revue Nature le 21 mai dernier, révolutionne les connaissances sur l'apparition des premiers outils.

Le projet ARCHOR : reconstruire la genèse de la technologie des premiers homininés

ARCHOR étudie la genèse de la technologie des homininés ayant vécu entre 3,3 et 1,7 millions d’années. Ce projet multidisciplinaire s’appuie sur les données de terrain recueillies en 2011 dans le cadre du West Turkana Archaeological Project (WTAP) dans le Nord du Kenya, qui a notamment conduit à la découverte des plus anciens outils de pierre sur le site archéologique de Lomekwi 3 (3,3 millions d’années). L'objectif principal du projet est d'étudier les capacités cognitives et les habiletés motrices des premiers hominidés au moment de l'émergence et durant les premières étapes évolutives d'un comportement nouveau et unique parmi les primates : la fabrication des premiers outils de pierre. Le projet a également pour ambition de définir les conditions environnementales et paléoanthropologiques qui ont favorisé l'émergence d'un tel comportement. Il s’agit de déterminer l'impact des changements climatiques globaux sur l'évolution humaine et de démontrer les capacités d'adaptation des homininés face aux changements environnementaux.

Remise en cause du modèle prévalent : les Australopithèques auraient fabriqué les premiers outils

La découverte faite par l’équipe ARCHOR à l'ouest du lac Turkana au Kenya recule de 700 000 ans l’apparition des premiers outils de pierre taillée. Les plus anciens artefacts retrouvés jusqu’ici dataient d’il y a 2,5 millions d’années et avaient été découverts en Ethiopie. Si les scientifiques ont toujours pensé que les premiers outils de pierre avaient été fabriqués par le genre Homo, ARCHOR montre au contraire qu’un autre genre d’homininé, probablement une forme d’Australopithèque plus ancienne, avait déjà les capacités cognitives et motrices pour fabriquer des outils. Ils utilisaient les techniques de percussion bipolaire sur enclume (la pierre est maintenue sur l’enclume par une main tandis que l’autre utilise un percuteur pour la frapper) et « sur percuteur dormant » (la pierre est frappée directement sur l’enclume) pour tailler les blocs de lave ou les galets qu’ils trouvaient localement. Reste, pour l’équipe du projet ARCHOR, à déterminer quelle espèce d'homininé est à l’origine de cette fabrication. 

ARCHOR - Archéologie des origines : émergence et évolution des premières techno-cultures

Programme « Métamorphoses des sociétés. Emergences et évolutions des cultures et des phénomènes culturels » (CULT), 2012
Établissement coordinateur : CNRS - UMR 7055 Préhistoire et Technologie
Partenaires :
CNRS - UPR 2147 - Dynamique de l'évolution humaine : individus, populations, espèces
Rutgers University, Department of Earth and Planetary Sciences
Budget : 380 K€
Contact : Sonia Harmand, sonia.harmand@mae.u-paris10.fr
Site web du projet : www.westturkanaarcheologicalproject.com/ARCHOR

 

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