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22/09/2022

L’ANR en soutien d’une science ouverte

L’ANR multiplie depuis plusieurs années les initiatives en faveur d’une science ouverte, dont les publications seraient librement et gratuitement accessibles. Dernière action en date, le Comité pour la science ouverte (COSO), auquel l’ANR contribue, a publié cet été un guide à destination des chercheurs présentant la mise en œuvre de la stratégie de non-cession des droits.

La science ouverte vise à un partage sans entrave des publications et des données de la recherche, en particulier quand elle est financée sur des fonds publics. Cette approche encourage la diffusion des résultats des travaux déjà effectués et enrichit les études en cours ou futures, tout en favorisant leur reproductibilité. L’Agence nationale de la recherche souhaite promouvoir la science ouverte comme la pratique par défaut.

L’engagement de l’ANR en faveur de la science ouverte en 3 grands axes

« La politique de l’ANR pour une science ouverte existe depuis plusieurs années, mais elle a connu une véritable accélération depuis 2018, avec la parution du premier plan national pour la science ouverte, explique Zoé Ancion, responsable de la politique de science ouverte à l’ANR. C’est d’ailleurs à ce moment qu’un poste dédié a été mis en place et que les engagements de l’ANR en faveur de la science ouverte ont été formalisés dans les appels à projets, sous l’impulsion de Martine Garnier-Rizet, qui était alors responsable du département Numérique et mathématiques de l’ANR. »

La politique science ouverte de l’ANR se décline autour de trois grands axes. Il s’agit premièrement de favoriser le libre accès aux publications scientifiques. Le deuxième axe prévoit de généraliser l’accès aux données issues de la recherche ainsi que leur partage ; afin de préparer au partage éventuel des données de la recherche, l’ANR demande l’élaboration d’un Plan de Gestion des Données pour tous les projets qu’elle finance et qui peut passer par l’utilisation de DMP OPIDoR, un outil d’aide à la rédaction de plan de gestion de données. Le troisième axe concerne le développement et la promotion d’une approche concertée de la science ouverte, aussi bien à l’échelle française qu’internationale.

Le plan national pour la science ouverte

Le lancement en 2021 par la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche d’un second plan national a confirmé ces orientations. Courant jusqu’en 2024, on y retrouve d’abord la généralisation de l’accès ouvert aux publications, puis la structuration, le partage et l’ouverture des données de la recherche ; et enfin l’ouverture et la promotion des codes sources produits par la recherche, notamment en informatique. La politique science ouverte de l’ANR s’inscrit pleinement dans le cadre du plan national et vise à promouvoir le libre accès aux publications et aux données de la recherche, dans le respect du principe « aussi ouvert que possible, aussi fermé que nécessaire ». Par ailleurs, l’ANR anime le Réseau science ouverte entre les agences de financement françaises, qui regroupe depuis 2020 l’Agence de la transition écologique (ADEME), l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), l’Institut national du cancer (INCa) et l’Agence maladies infectieuses émergentes (Inserm/ANRS-MIE). « L’effort pour promouvoir la pratique de science ouverte a besoin de cohérence et de mouvements conjoints, appuie Zoé Ancion. Il est important de soutenir le partage et le libre accès aux données scientifiques, mais aussi repenser les systèmes d’évaluation de la recherche. L’ANR a d’ailleurs participé, le 6 septembre, à une concertation sur une réforme en ce sens, initiée par la Commission européenne. »

HAL : une plateforme pour l’archivage ouvert 

L’ANR encourage les partenaires des projets qu’elle finance, et ceux qui bénéficient plus généralement de fonds publics, à archiver leurs résultats dans HAL, l’archive ouverte nationale des publications scientifiques. L’association systématique du code décision ANR, un identifiant propre à chaque projet financé par l’ANR, rend alors possible une consultation de toutes les publications issues d’un même projet dans le portail HAL ANR, lancé en 2020. L’ANR est également membre de la cOAlition S, qui regroupe vingt-sept partenaires européens pour généraliser l’accès complet et immédiat aux publications scientifiques issues de travaux financés sur fonds publics. Trois voies de publication permettent le libre accès complet et immédiat. La première consiste à favoriser les publications nativement libres d’accès, tandis que la seconde permet de passer par des revues à abonnement, mais avec un accord pour la mise en œuvre par la suite d’un accès libre. Enfin, la troisième emprunte la voie des revues à abonnement, mais avec un archivage simultané dans HAL. L’ANR reconnaît ainsi l’importance de garder de la diversité dans les approches.

Un guide pour comprendre la stratégie de non-cession des droits

Afin que les auteurs s’y retrouvent plus facilement, le COSO a publié au mois de juillet un guide pour les chercheuses et les chercheurs qui présente la stratégie de non-cession des droits sur les publications scientifiques. Ce guide est accompagné d’une FAQ pour plus d’efficacité. Il est une ressource nationale, dépassant le seul cadre de l’ANR, et peut ainsi être relayé par les universités et les structures de recherche. « La cOAlition S avait déjà communiqué en anglais, mais il nous semblait opportun d’élaborer un guide à destination de l’écosystème français de la recherche et de l’enseignement supérieur, précise Zoé Ancion. Nous avons en effet des spécificités nationales, comme l’article 30 de la loi pour une République numérique. » Celui-ci garantit le droit de déposer ses publications dans HAL, même si les auteurs ont cédé tous leurs droits aux éditeurs, six mois après leur parution. Ce délai est de douze mois dans le cas des travaux en sciences humaines et sociales.

Diffuser les engagements de l’ANR en faveur de la science ouverte

Ces efforts sont d’abord promus en interne au sein de ses directions, dont la direction des opérations scientifiques (DOS) structurée en cinq départements scientifiques. Pour chacun, un ou une correspondante pour la science ouverte est chargé de relayer les questions et de transmettre les ressources utiles. L’ANR a de plus élaboré un webinaire afin de sensibiliser ses collaborateurs et collaboratrices aux enjeux de la science ouverte. L’initiative a été répétée dans le cadre du réseau des cinq principales agences de financement de la recherche, en collaboration avec le collège compétences et formations du COSO, pour proposer un cycle de 5 webinaires à destination des collaborateurs et collaboratrices de chacune des agences et animés par des experts du sujet.

Au niveau externe, l’ANR Tour, qui a lieu à chaque rentrée en parallèle de l’appel à projets générique (AAPG), permet des rencontres entre l’ANR et les acteurs et actrices de la recherche, y compris sous forme de webinaires. L’un est consacré à la politique de science ouverte. Les réunions de lancement des projets sont également l’occasion de présenter les engagements à respecter si un projet est financé par l’ANR, ainsi que les modalités d’accompagnement ; les articles scientifiques issus des projets financés par l’ANR doivent désormais, dès leur parution, être déposés dans HAL sous licence libre, comme Creative Commons. Cet effort se prépare en amont et doit être maintenu tout au long du processus d’édition. Le guide sur la stratégie de non-cession des droits explique ainsi que les manuscrits soumis aux éditeurs peuvent déjà être sous une licence libre, et conserver ce statut jusqu’au stade final de Manuscrit auteur accepté pour publication (MAA), après avoir été relu et validé par les pairs. Le procédé y est entièrement détaillé, et des points de contact sont disponibles pour épauler les scientifiques en cas de doutes ou de difficultés. Ces conseils valent également pour tous les travaux issus de la recherche publique, même s’ils n’ont pas été financés par l’ANR ou tout autre membre de la cOAlition S.

Le modèle diamant

Enfin, l’ANR, aux côtés de la cOAlition S et de Science Europe, qui représentent des organismes européens de recherche et agences de financement, a participé à l’élaboration d’un plan d’action pour les revues Diamant. Dans ce modèle de publication, les auteurs ne paient rien pour être publiés, ils gardent tous leurs droits, leur travail est soumis à une évaluation par les pairs et l’accès reste libre et gratuit pour les lecteurs. La première conférence réunissant les institutions et individus ayant signé le plan d’action a eu lieu à Zadar les 19 et 20 septembre.

En savoir plus

Le portail HAL-ANR

Le site du Comité pour la science ouverte

Le guide du Comité pour la science ouverte "Mettre en œuvre la stratégie de non-cession des droits sur les publications scientifiques"

Le plan d’action pour les revues Diamant

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