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18/02/2020

Focus sur le programme de financement LabCom en amont du lancement de l’édition 2020

Accompagner les acteurs de la recherche académique dans la co-construction de « Laboratoires Communs » avec des entreprises pour encourager la création de partenariats bilatéraux durables et favoriser la création de connaissances et de savoirs-faire facteurs d’innovations : tel est l’objectif du programme LabCom lancé par l’ANR en 2013. Le point sur les spécificités de cet appel en amont de l’ouverture de la première session de soumission des projets, prévue en mars 2020.

Quelles sont les caractéristiques d’un Laboratoire Commun ?

Un LabCom réunit un laboratoire d'un organisme public de recherche et une entreprise. Doté d’une gouvernance commune, un LabCom se caractérise par une feuille de route des activités de recherche et d’innovation à mener, par la mise en commun de moyens et compétences pour opérer ce programme, par un cadre de collaboration stable et un fonctionnement intégré des équipes académiques et industrielles, par une stratégie commune de valorisation des travaux, par un accord prédéfini de partage de la propriété intellectuelle, et par une stratégie de pérennité de la collaboration au-delà du financement initial.

L’appel à projets LabCom est ouvert à tous les champs scientifiques et technologiques. « Dans le domaine des Sciences Humaines et Sociales par exemple, un premier Laboratoire Commun dédié l’innovation sociale en France a été récemment lancé par l’Université de Poitiers et la société Ellyx. Il s’agit pour le LabCom DESTIN de susciter l’émergence de projets, de politiques publiques ou encore de services pouvant apporter des réponses nouvelles aux enjeux sociaux, économiques et environnementaux » souligne Pierre de Souffron, chargé de projets scientifiques coordinateur du programme LabCom à l’ANR.

Qui peut soumettre une proposition de projet et selon quelles modalités ?

Les projets de LabCom sont portés par un établissement ou un organisme de recherche ou diffusion des connaissances, seul bénéficiaire du financement alloué par l’ANR, et associent un partenaire industriel qui doit être une société commerciale française, PME ou ETI, indépendante de l’organisme de recherche. Au moment de soumettre en ligne un projet à l’ANR, les partenaires académiques et industriels fournissent une lettre d’intention commune. L’appel est ouvert en continu, avec deux sessions de sélection par an. Pour l’édition 2020, une première session est ouverte jusqu’au 22 mai 2020 à 13h00, et une seconde sera ouverte jusqu’au 9 octobre 2020 à 13h00.

Le programme de financement LabCom fonctionne en deux temps : une phase de montage du Laboratoire Commun, d’une durée de 6 mois avec une aide de 50 000 euros maximum, et une phase opérationnelle de 48 mois à partir de la validation du contrat de LabCom, avec une aide de 300 000 euros maximum. Au total, l’aide allouée par l’ANR au partenaire académique est de 350 000 euros maximum, pour une durée de projet pouvant aller jusqu’à 54 mois.

Quels sont les impacts attendus ?

La mise en commun des apports de l’organisme de recherche (tels que les capacités de recherche, la propriété intellectuelle, l’accès à des équipements, etc.) et de l’entreprise (capacités de recherche, savoir-faire, connaissance du marché, etc.) vise à stimuler la création de valeur bénéfique aux deux partenaires. Il s’agit aussi de favoriser le développement de la production scientifique ou de connaissances, de produits et services innovants, et d’encourager une collaboration de longue durée qui perdure au-delà du financement attribué au projet. 

Depuis 2013,160 structures communes de recherche ou LabCom ont été sélectionnées pour un financement LabCom et labellisés par l’ANR. C’est autant de partenaires industriels qui accompagnent le transfert de technologie des laboratoires publics, en lien avec les structures de valorisation des établissements. Ce programme a su convaincre davantage les PME qui constituent 63% des partenaires industriels des LabCom, devant les TPE (23%) et les ETI (14%). Si le programme LabCom est pluridisciplinaire et finance des projets de recherche à des niveaux de maturité technologique élevés (6-7+), les thématiques des projets financés concernent principalement l’énergie, la chimie et les sciences physiques (plus de 46%), la biologie, la santé (17%) ; le numérique et les mathématiques (17%), l’environnement, l’écosystème, les ressources biologiques (15%) et les sciences humaines et sociales (5%). 

« Aventure humaine avant tout, le montage d’un LabCom facilite et encourage le recrutement d’ingénieurs de recherche, de post doctorants et de doctorants. Au-delà des réalisations scientifiques, le montage d’un LabCom permet de constater au terme du projet la volonté, dans la mesure du possible, de pérennisation de ces structures communes de recherche ainsi que leurs emplois par les parties prenantes, preuve s’il en est de l’intérêt de ce modèle de collaborations public-privé » indique Pierre de Souffron.

En savoir plus :

Communiqué de presse. L’université de Poitiers et Ellyx lancent le premier laboratoire commun en France dédié à l’innovation sociale

Le Plan d’action 2020 de l’ANR