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07/01/2020

Appel ANR « RA-Covid-19 »: les résultats des premières vagues d’évaluation

Dans la continuité de l’appel ANR Flash Covid-19 ayant abouti au financement de 118 projets, l’ANR a lancé le 15 avril dernier un appel « Recherche-Action Covid-19 » qui vise à soutenir des travaux de recherche à court terme en lien avec la pandémie. L’appel est ouvert en continu jusqu’au 28 octobre 2020 avec plusieurs vagues d’évaluation pour opérer une sélection au fil de l’eau et un financement rapide des projets.

Découvrez ci-dessous les résultats des premières vagues d’évaluation.

 

 

A l’issue de la première vague d’évaluation le 2 juin 2020, le comité d’évaluation scientifique de l’appel a sélectionné 6 projets, parmi les 32 premières propositions évaluées, pour un accompagnement financier global de 595 K€.
Les projets sélectionnés peuvent démarrer leurs travaux dès à présent. Ils concernent plusieurs enjeux de recherche :

  • Le projet APCOD cordonné par Vassili Soumelis (Université de Paris) vise à étudier la diversité des sous-ensembles cellulaires qui présentent des antigènes, les caractéristiques moléculaires et fonctionnelles sous-jacentes, et les réseaux cellulaires qui s’engagent dans le contexte d'une infection sévère par le SRAS-CoV-2. Les études pourraient avoir un impact clinique significatif pour la gestion future de la maladie COVID-19, sous la forme de nouvelles cibles thérapeutiques et de stratégies de traitement basées sur les biomarqueurs.
     
  • Le projet CHIP-COVID-19, coordonné par Ziad Mallat (Paris Centre de Recherche Cardiovasculaire / Hôpital européen Georges-Pompidou), porte sur l’étude du rôle de l'hématopoïèse clonale comme facteur de susceptibilité à l'infection par COVID-19. De nombreuses personnes présentent des cellules sanguines anormales dans leur corps en raison de modifications génétiques aléatoires qui se produisent avec le temps. Ces cellules réagissent anormalement à l'inflammation, ce qui entraîne de nombreuses maladies. Les chercheurs souhaitent tester si ces cellules sont responsables de la maladie COVID-19 grave.
     
  • Le projet COSAM, coordonné par Emmanuel Lagarde (Université de Bordeaux), propose d’appliquer un outil de classification automatique en temps réel des notes cliniques à l’aide de réseaux de neurones artificiels, pour la classification des appels d’urgence du 15. L’objectif est de suivre des indicateurs généraux de santé mentale et physique, afin de participer à la surveillance épidémiologique de la période post-confinement.
     
  • Le projet FAMAS coordonné par Jérémie Pourchez (Ecole des mines de St Etienne) se focalise sur l'efficacité de filtrage des agents pathogènes aéroportés (virus et bactéries) des masques faciaux contre le COVID-19. Il vise notamment à optimiser le banc expérimental dédié aux mesures d'efficacité de filtration bactérienne des masques chirurgicaux, développé par l’équipe en mars 2020 (le 3ème au monde) et certifié par les experts de l'ANSM, face au besoin important et rapide d'évaluation des masques faciaux.
  • Le projet GravCOVID19Fr, coordonné par Catherine Quantin (Centre hospitalier universitaire Dijon), vise à caractériser les populations à risque d'hospitalisation pour COVID-19 en France par rapport à la population générale et par rapport au virus de la grippe saisonnière, et à identifier des facteurs associés à la mortalité hospitalière chez les patients hospitalisés pour COVID-19 en France. L’enjeu est de fournir rapidement aux autorités sanitaires des informations utiles à l’élaboration de stratégies de prévention dans un contexte de gestion de crise sanitaire.
  • Le projet SeparationsPietons, coordonné par Alexandre Nicolas (Université Claude Bernard - Lyon 1), porte sur la mesure des distances entre piétons dans différentes situations quotidiennes impliquant des foules afin d’établir des scénarios pour une évaluation des risques de transmission virale. Des modèles existants de probabilité de transmission du virus par voie aérienne en fonction de la distance notamment, seront utilisés pour dresser une typologie des situations selon leur degré de risque de contamination.

 

Au terme de la seconde vague d’évaluation le 12 juin 2020, le comité d’évaluation scientifique de l’appel a retenu 8 projets, parmi les 33 propositions évaluées, pour un accompagnement financier global de 886 K€.

  • Le projet AVICOVID, coordonné par Florence Glenisson (Centre de Recherche Inserm-Université de Bordeaux U1219), porte sur l’impact des modifications de recours aux soins et des réorganisations du système sanitaire liées à la pandémie de Covid-19, sur la qualité du parcours de soins des patients victimes d’infarctus aigu du myocarde (IDM) ou d'accident vasculaire cérébral (AVC) en ex-Aquitaine.
  • Le projet CorDon, coordonné par Gilles Thuret (Biologie ingénierie et imagerie de la Greffe de Cornée - Université Jean-Monnet Saint-Etienne), vise à obtenir rapidement des données sur le risque de contamination des cornées par le SARS-CoV-2, afin d’accompagner l’élaboration de recommandations pour la greffe de cornée (sur la nécessité ou non de présélectionner les donneurs sur le risque Covid, ou les tests à réaliser ou non sur les prélèvements).
  • Le projet COVIDET coordonné par Guillaume Mellon (Etablissement Public de Santé National de Fresnes) a pour objectif l’évaluation de la séroprévalence du SARS-CoV-2 en milieu carcéral, afin de déterminer l’exposition des personnes détenues. Cette évaluation permettra d’entreprendre des actions de santé publique.
  • Le projet COV-JEUNENFANT coordonné par Chantal Zaouche Gaudron (GIS-UFTMiP Bébé, petite Enfance en COntextes - Université de Toulouse) vise à comprendre le vécu des familles avec des enfants de moins de 6 ans pendant le confinement en France, par une analyse des données recueillies lors d’une enquête menée avant le déconfinement. Les analyses seront confrontées au regard des variables démographiques et socio-économiques afin de documenter les modalités selon lesquelles cette crise accroît ou non les inégalités socio-culturelles.
  • Le projet EXPERCRISE cordonné par Brice Laurent (ARMINES – Mines Paris Tech) porte sur les enjeux politiques et sociaux de l’expertise lors de la crise Covid-19, et sur la problématique suivante : « quels sont les éléments qui assurent la crédibilité et la légitimité de l’expertise scientifique mobilisée par la décision publique ? ». Il fournira une étude de cas de la situation française et participera à une étude comparative internationale en vue d’identifier des spécificités nationales.
  • Le projet NucleoCoV2 coordonné par Christophe Mathé (Institut des Biomolécules Max Mousseron - Faculté de Pharmacie - Université Montpellier) concerne la découverte de nouveaux agents anti-Covid-19. Il vise à identifier des analogues nucléosidiques, composés qui appartiennent à une classe d'antiviraux bien connue et dont l’efficacité est prouvée (VIH, HSV, HCV), et à développer des modèles in vitro pour l'évaluation des médicaments candidats.
  • Le projet RECOV, coordonné par Mathilde Husky (Laboratoire de Psychologie - Université de Bordeaux), vise à évaluer les conséquences de la crise sur la santé mentale des soignants et du personnel des EHPAD. Il examinera les problèmes de santé mentale, allant d'une détresse légère à des troubles psychiatriques sévères, afin d’identifier les besoins en matière de soins et les obstacles perçus concernant l'utilisation de services spécialisés.
  • Le projet SPILLBACK coordonné par Eric Leroy (Institut de Recherche pour le Développement – Montpellier) étudiera le risque d’introduction et d’endémisation du SARS-CoV-2, directement ou par le biais des animaux domestiques, dans la faune animale des forêts tropicales humides de République du Congo. Il accordera une attention particulière à l’émergence de variants viraux issus de transmissions interspécifiques multiples du SARS-CoV-2 ou de recombinaison génétique avec les coronavirus circulants.

 

A l’issue de la troisième vague d’évaluation le 25 juin 2020, le comité d’évaluation scientifique de l’appel a retenu 10 projets, parmi les 31 propositions évaluées, pour un accompagnement financier global d’1,067 M€.

  • Le projet Com Covid-19, coordonné par Didier Courbet (Institut Méditerranéen en Sciences de l'Information et de la Communication – Université Aix Marseille), vise à mieux comprendre la perception des politiques publiques et de la communication mises en œuvre par les instances publiques, et à élaborer des recommandations pour contribuer à l’amélioration des messages de prévention liés à l'épidémie de Covid-19.
  • Le projet CoMemRep coordonné par Reguera Juan (Architecture et Fonction des Macromolécules Biologiques - Université d'Aix-Marseille) porte sur la caractérisation des complexes de réplication du SRAS-CoV-2 associées à la membrane. Il vise à fournir de nouvelles cibles thérapeutiques pour les antiviraux ciblant l'association membranaire et l'oligomérisation des complexes de réplication, et à améliorer la compréhension des mécanismes de la réplication du SARS.
  • Le projet COVID-NeuroResp, coordonné par Laurence Bodineau (UMRS 1158 Neurophysiologie Respiratoire Expérimentale et Clinique - Faculté de Médecine - Site Pitié-Salpêtrière), vise à explorer par différentes approches l'impact du SARS-CoV-2 sur le contrôle nerveux de la respiration chez des patients Covid-19 et sur un modèle de souris. L’amélioration des connaissances sur un éventuel dysfonctionnement des réseaux neuronaux contrôlant la respiration et la dyspnée permettrait de mieux définir la prise en charge des patients et d'identifier les facteurs de risque à long terme chez les patients infectés.
  • Le projet COVIFAT coordonné par Olivier Bourron (UMRS 1138 Centre de Recherche des Cordeliers - Inserm) a pour objectif de déterminer la pathogenèse de l’infection du tissu adipeux par le SARS-CoV2. Il étudiera notamment si le virus infecte plus facilement le tissu adipeux de patients obèses par rapport aux patients sans surpoids, s’il a un tropisme particulier pour le tissu adipeux viscéral ou sous-cutané et quels sont les types cellulaires cibles de SARS-CoV2 au sein du tissu adipeux.
  • Le projet NANO-SARS-CoV-2, coordonné par Isabelle Dimier-Poisson (UMR 1282 - INRAE - Université de Tours), concerne le développement d’une plateforme vaccinale anti-SARS-CoV-2 constituée de nanoparticules biocompatibles encapsulant les candidats antigéniques S et N du SARS-CoV-2, ou associant des particules pseudo-virales (VLP) de SARS-CoV-2, afin d'induire des réponses immunitaires humorales et cellulaires au niveau des compartiments muqueux et systémique. Il vise à livrer un candidat vaccin nanoparticulaire muqueux contre le SARS-CoV-2.
  • Le projet PDZCov2, coordonné par Nicolas Wolff (Institut Pasteur / Paris), vise à identifier les interactions entre la protéine E d’enveloppe du SARS-CoV et les protéines cellulaires humaines à domaine PDZ, les caractériser et préciser leur rôle biologique dans des cellules infectées par le SARS-CoV-2. L’identification des partenaires cellulaires de la protéine E et la caractérisation structurale de leurs interactions seront des résultats utiles pour aider à concevoir des molécules capables de dissocier de tels complexes, fournissant ainsi de potentiels candidats antiviraux.
  • Le projet RED, coordonné par Yannick l'Horty (EA437 Equipe de Recherche sur l’Utilisation des Données Individuelles en lien avec la Théorie Economique - Université Gustave Eiffel / Marne La Vallée), a pour objectif de mesurer les effets de la récession économique et de la crise de l’emploi dans le contexte de la pandémie de Covid-19, sur les discriminations à l’embauche sur le marché du travail.
  • Le projet REHAB-COVID-19, coordonné par Jean-Marc Vallier (UR 201723207F Impact de l'Activité Physique sur la Santé - Université de Toulon), vise à évaluer l’efficacité de deux programmes indiqués aux patients post Covid-19 porteurs de séquelles : la télé réhabilitation, programme de télémédecine validé pour des insuffisances respiratoires, versus la réhabilitation respiratoire « classique ». Il permettra d’accompagner les cliniciens dans le choix des moyens thérapeutiques à employer.
  • Le projet SENOCOVID coordonné par François Trottein (Institut Pasteur / Lille) porte sur la sénescence cellulaire pulmonaire comme cible pour contrôler la Covid-19. Il s’attachera à quantifier l’accumulation des cellules sénescentes au cours de l’infection par le SARS-CoV-2, déterminer la nature des cellules sénescentes et les signatures moléculaires de cette sénescence et analyser l’impact d’une sénescence préexistante et/ou induite sur la réplication virale et les lésions pulmonaires, au moyen de deux modèles expérimentaux complémentaires.
  • Le projet SURVIE, coordonné par Todd Lubart (UMR T_7708 - Laboratoire de Psychologie et d'ergonomie appliquées - Institut de Psychologie - Université de Paris), propose la mise en place d’une démarche d'innovation participative dans cinq organisations (hôpital, réseau de maternités, établissement d’enseignement supérieur, entreprise dans le secteur des transports, startup dans les industries culturelles), afin de favoriser l'émergence de solutions pour faire face aux problèmes liés aux situations de travail dans le contexte lié à la pandémie de Covid-19.

L’appel RA-Covid-19 reste ouvert et les coordinateurs de projets ont jusqu’au 28 octobre 2020 pour déposer une proposition.

Plusieurs nouvelles vagues d’évaluation et de sélection se tiendront dans les prochains mois, au regard du volume des propositions déposées.

Consultez le texte de l’appel et les résultats des premières vagues d’évaluation sur la page de l’appel

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