Résilience - COVID-19 - Résilience - Coronavirus disease 2019

Attitudes envers les vaccins et competence à consentir à la vaccination anti COVID-19 dans la schizophrénie – SCHIZOVAC

Attitudes envers les vaccins et competence à consentir à la vaccination anti COVID 19 dans la schizophrénie

Des données récentes suggèrent que les personnes atteintes de schizophrénie sont à haut risque de contracter un COVID-19 sévère et devraient être prioritaires pour la vaccination. Plusieurs obstacles importants pourraient nuire à l'adoption du vaccin COVID-19 dans cette population, notamment leurs attitudes à l'égard de la vaccination et l'altération des capacités de prise de décision. Cependant, ces deux variables n'ont jamais été étudiées dans la schizophrénie dans le contexte COVID-19.

Objectifs

Les principaux objectifs de notre projet sont d'évaluer :<br />1. Les attitudes à l'égard des vaccins et l'intention de se faire vacciner contre le COVID-19 chez des personnes atteintes de<br />schizophrénie par rapport à des participants non cliniques.<br />2. La compétence à consentir aux vaccins COVID-19 chez les patients par rapport aux participants non cliniques.<br />3. Déterminants cliniques, cognitifs et psychologiques des attitudes envers les vaccins COVID 19 chez les<br />personnes atteintes de schizophrénie<br />4. Déterminants cliniques, cognitifs et psychologiques de la compétence à consentir aux vaccins COVID 19 dans le groupe patients

Un consentement éclairé écrit a été obtenu pour tous les participants, et l'étude a été approuvée par le comité d'examen institutionnel du CHU de Montpellier (IRB ID : 202100768).
Nous avons mené une étude transversale dans le département universitaire de psychiatrie adulte de Montpellier, en France, entre avril 2021 et octobre 2021. Les adultes ayant un diagnostic de schizophrénie (Classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes, dixième révision codes F20,, ont été inclus.
Les participants admis consécutivement au sein du CHU ont été identifiés dans un premier temps par un examen régulier des dossiers médicaux électroniques et des consultations avec le personnel infirmier du service. Dans un deuxième temps, les patients ont été contactés pour un entretien de recherche. Ceux qui ont donné leur accord ont reçu tous les détails de l'étude. Les jugements sur la capacité mentale à participer à cette étude étaient basés sur une évaluation clinique (examen des notes et entretien clinique). Tous les participants ont donné leur consentement éclairé et écrit. Les données manquantes ont été collectées et les participants ont ensuite été soumis aux mesures, pendant une durée d'environ une heure.

Statut vaccinal et indicateurs de santé. Le statut de la vaccination COVID-19 a été enregistré pour tous les participants comme soit pas de vaccination, soit première dose de vaccin/entièrement vacciné.
L'aptitude à consentir à la vaccination par le COVID-19 a été évaluée à l'aide de l'outil MacArthur d'évaluation de la compétence pour le traitement (MacCAT-T).
Attitudes envers les vaccins. Les attitudes générales négatives à l'égard des vaccins ont été mesurées à l'aide de l'échelle d'examen des attitudes à l'égard de la vaccination (VAX ; Martin & Petrie, 2017) en 12 points.
Intention de prendre un vaccin COVID-19. Pour les participants non vaccinés, nous avons également mesuré l'intention de se faire vacciner contre le COVID-19. Nous avons utilisé une question à un seul item tirée de l'enquête IPSOS-WEF COVID-19 VACCINE GLOBAL SURVEY JANUARY 2021 - GLOBAL PR : «Si un vaccin contre le COVID-19 est disponible pour moi, je le ferais«.
La confiance dans les institutions. Afin d'évaluer la confiance dans les institutions, nous avons utilisé la même méthodologie que Murphy et al. (2021). Il a été demandé aux participants d'indiquer le niveau de confiance qu'ils avaient dans les partis politiques, le sénat/l'assemblée nationale, le gouvernement, la police, le système juridique, les scientifiques, les médecins et autres professionnels de la santé.
Les symptômes psychotiques ont été évalués avec l'échelle du syndrome positif et négatif et la cognition avec le fonctionnement cognitif global : Montreal Cognitive Assessment. L'analyse a commencé en septembre 2021 et s'est terminée en octobre 2021.

Une centaine de participants ayant reçu un diagnostic de schizophrénie ont été recrutés entre avril 2021 et octobre 2021. Soixante-douze témoins ont été recrutés dans la population générale de Montpellier.


Dans cette étude transversale, 56,3% de l'échantillon ont été classés comme ayant des capacités diminuées pour prendre une décision de traitement pour la vaccination COVID-19. Les performances médiocres étaient associées à une cognition plus faible et à un niveau plus élevé de symptômes psychotiques. Il est important de noter que le sous-groupe de patients ayant une capacité décisionnelle réduite avait un taux de vaccination plus faible que le groupe ayant une capacité préservée, ce qui suggère qu'une capacité réduite à consentir pourrait constituer un obstacle à la vaccination par le COVID-19.

Nous avons également constaté que :
Les personnes atteintes de schizophrénie avaient des attitudes générales similaires envers les vaccins que les individus de la population générale.
Les personnes atteintes de schizophrénie étaient sous-vaccinées (64% contre 77,8%) malgré des attitudes générales similaires envers la vaccination et une plus grande volonté de se faire vacciner contre le COVID-19 chez les non-vaccinés par rapport aux témoins (41,7% contre 21,5%).
Dans les deux groupes, les personnes non vaccinées avaient des attitudes plus négatives envers les vaccins.
Les attitudes positives générales envers les vaccins étaient négativement associées à l'idéation persécutrice et aux symptômes négatifs chez les patients.

Il est urgent de développer des interventions cognitives et comportementales visant à améliorer le consentement éclairé à la vaccination au sein de cette population.
De même, Il est urgent de développer des programmes de vaccination ciblés pour cette population (De Hert et al., 2021 ; Mazereel et al., 2021).

Stéphane Raffard, Sophie Bayard, Margot Eisenblaetter, Jérôme Attal, Christelle Andrieu, Isabelle Chereau, Guillaume Fond, Sylvain leignier, Jasmina Mallet, Philippe Tattard, Mathieu Urbach, David Misdrahi, Yasmine Laraki, Delphine Capdevielle. Attitudes towards vaccines, intent to vaccinate and the relationship with COVID-19 vaccination rates in individuals with schizophrenia. medRxiv 2022.01.12.22269167; doi: doi.org/10.1101/2022.01.12.22269167


Stéphane Raffard, Sophie Bayard, Margot Eisenblaetter, Philippe Tattard, Jérôme Attal, Yasmine Laraki, Delphine Capdevielle. Diminished capacities to make treatment decision for COVID-19 vaccination in schizophrenia. medRxiv 2022.01.11.22269070; doi: doi.org/10.1101/2022.01.11.22269070

Il est désormais bien admis que l'espérance de vie des patients souffrant de troubles mentaux chroniques est réduite de 10 ans par rapport à la population générale et jusqu’à 15 ans en ce qui concerne la schizophrénie, en raison de comorbidités somatiques fréquentes et d’un mauvais état de santé général. Plusieurs études récentes viennent de montrer que les individus avec schizophrénie, contrairement aux troubles anxieux et dépressifs, ont sur risque accru de surmortalité liée au virus SARS-CoV-2. Il apparait donc évident que les populations psychiatrique et notamment du spectre schizophrénique sont des populations qui doivent avoir accès en priorité aux vaccins anti COVID 19 actuellement disponibles. Néanmoins la question du choix "éclairé" et de la compétence à consentir à un traitement se pose particulièrement au sein de cette population. En effet un ensemble de données mettent en évidence que la moitié des individus avec une schizophrénie ont des déficits de prise de décision ainsi que de leur capacité à consentir à un traitement pharmacologique de type antipsychotique, malgré les bénéfices qu’ils peuvent en tirer d’un point de vue des rechutes et de la stabilisation de leurs symptômes.
De plus, une étude récente portant sur un large échantillon de personnes de la population générale a montré qu'une confiance réduite dans les institutions, ainsi que des croyances conspirationnistes et des idées de persécution, deux caractéristiques psychologiques très présentes chez les personnes atteintes de schizophrénie, étaient positivement associées à une plus grande hésitation et résistance au vaccin anti COVID 19.

Cependant, aucune étude n’a jusqu’à présent évalué les attitudes envers la vaccination, l’intention de se faire vacciner, ainsi que la capacité à consentir à un vaccin anti COVID 19 dans la schizophrénie. Cette compétence pouvant être altérée chez certains patients, les conséquences pourraient en être dramatiques pour cette population à fort risque de surmortalité liée à la COVID 19.

L’objectif du projet SCHIZOVAC est donc d’étudier 1) les attitudes des personnes avec un diagnostic de schizophrénie face à la vaccination et leur intention de se faire vacciner 2) leur capacité à consentir à un traitement vaccinal anti COVID 19

Coordination du projet

Stéphane Raffard (DYNAMIQUE DES CAPACITES HUMAINES ET DES CONDUITES DE SANTE)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

CHU de Montpellier Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier
EPSYLON DYNAMIQUE DES CAPACITES HUMAINES ET DES CONDUITES DE SANTE

Aide de l'ANR 79 841 euros
Début et durée du projet scientifique : avril 2021 - 9 Mois

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