Résilience - COVID-19 - Résilience - Coronavirus disease 2019

Étude de la gestion et des apprentissages dans la lutte contre l'infection et la transmission du virus en squats de la Covid-19 – EGALITES-Covid

EGALITES-COVID

Étude de la gestion et des apprentissages dans la lutte contre l’infection et la transmission du virus en squats de la Covid-19

Documenter et analyser les effets de la COVID-19 sur des populations habitant en squats de pauvreté

La COVID-19 a entrainé des mesures exceptionnelles, à la fois au niveau sanitaire et légal, partout dans le monde. En France, le confinement qui a débuté en mars 2020 a été la première étape d’une série de décisions contraignantes et étendues s’appliquant à l’ensemble de la population sur tout le territoire, pour endiguer la pandémie. Ces mesures ont suscité et continuent d’alimenter de nombreux débats. Si elles ont d’abord été présentées par les autorité sous le sceau de l’universalité, à mesure que la contamination s’est étendue, les premiers résultats d’enquêtes épidémiologiques et de sciences sociales ont mis au jour les effets différentiels d’incidence de la COVID-19 selon les populations. Il convient donc de s’interroger sur les effets inégalitaires que l’application de ces mesures a pu engendrer. <br />Des inégalités territoriales et sociodémographiques ont ainsi été mises en évidence, qui doivent encore être précisées par des études complémentaires. Un des enjeux des recherches actuelles est de mieux comprendre les modes de transmissions, les critères sociodémographiques et les conditions de vie qui vulnérabilisent davantage certaines populations en termes de contamination et de prise e charge, compliquant encore davantage les interventions destinées à contenir l’épidémie. Ces approches, essentielles à une meilleure compréhension des effets des mesures sanitaires, sont majoritairement quantitatives aujourd’hui. Or de nombreux éléments montrent que les raisons expliquant les inégalités de contamination sont multiples et se combinent entre elles. Ces études quantitatives doivent donc être complétées et approfondies par des recherches qualitatives, qui se déploient sur des terrains précis, auprès de populations délimitées, choisies parce qu’elles cumulent différentes formes de fragilités sociales et économiques, et font l’expérience de multiples vulnérabilités (professionnelle, résidentielle, administrative, etc.).<br />En s’appuyant sur des approches théoriques et méthodologiques issues de l’anthropologie et de la sociologie, et à travers un cadre d’analyse empruntant également aux sciences politiques, ce projet de recherche interdisciplinaire propose d’analyser les effets de la COVID-19 sur des populations habitant en squats de pauvreté. L'objectif est de documenter les pratiques mises en place par les occupants des squats (collectifs ou familiaux) illégaux pendant la période de pandémie pour se protéger et protéger les autres de la contamination et d’appréhender l’appropriation différentielle, multiforme et diachronique des mesures sanitaires parmi cette population précaire, très majoritairement migrante.

La recherche s'appuie sur une enquête de terrain qualitative par observations et entretiens ethnographiques qui permet 1) de retracer les trajectoires de soins de personnes contaminées ou « cas contacts » pendant les différentes étapes de l’urgence sanitaire (premier confinement, période de couvre-feu, deuxième confinement) et d’analyser, en leur sein, les formes de socialisation en santé dans leur permanence ou leur recomposition, 2) de mieux appréhender le rôle des pouvoirs publics, des associations humanitaires et des collectifs militants dans le soutien et la prise en charge socio-sanitaire de ces populations vivant en squats (transmission d’informations médicales, mise en place de protocoles sanitaires, prise en charge des cas de contamination etc.).
Des observations répétées et une présence assidue sur le terrain donnent accès à de nombreuses informations et facilitent également la construction de relations de confiance avec les habitant.e.s. C'est à travers ces relations et par «boule de neige« que se mettent en place les différents entretiens avec à la fois des personnes migrantes vivant sur les lieux et des acteurs et actrices de terrain (associatifs, institutionnels ou militants).

Les résultats attendus visent à une meilleure compréhension des effets des mesures sanitaires dans des milieux socialement défavorisés pour voir l’évolution de ces effets depuis le premier confinement de mars 2020. A partir d’une enquête qualitative approfondie, il incombe de comprendre selon quelles expériences, à partir de quelles informations et à travers quels réseaux se sont développées les pratiques sanitaires actuelles dans certains lieux d’habitation non légalisés : les squats.
Ces résultats devront faire l'objet de différentes formes de restitution ou de transfert de connaissances auprès des acteurs de terrain, afin de nourrir la réflexion sur l'amélioration des pratiques préventives et des prises en charge de ces populations.

La démarche s'inscrit dans une perspective de compréhension des processus sociaux à l’œuvre en période de pandémie et parvenir à décrypter les logiques de fonctionnement propres à une population vulnérable face à la COVID-19 qui s’avèrent nécessaire pour envisager et favoriser des actions de prévention à destination des populations les plus touchées par les inégalités sociales de santé. Si la prévention à travers la prise en charge socio-sanitaire des squats constitue bien l’objet de cette recherche, elle représente aussi un enjeu d’intervention que nos résultats viendront éclairer et renforcer. L’impact de notre enquête s’inscrit donc aussi pleinement dans une démarche praxéologique : produire des savoirs pour améliorer les pratiques de prévention et d’accompagnement face à la COVID-19. Cette recherche est sous l’angle du transfert de connaissances et des possibilités d’appropriation des résultats par les différents acteurs agissant auprès de cette population.

Présentations orales et communications :
- Grégory Beltran, Accéder aux populations migrantes à travers une enquête qualitative généraliste sur les effets du confinement : Discussion méthodologique et premiers résultats, 6 juillet 2021, Séminaire du groupe de travail « Migrations en temps de Covid-19 », Centre Marc Bloch.
- Sarah Nicaise, présentation du projet et du protocole d’enquête auprès des partenaires lors de la réunion inter-associative squats et bidonvilles, le 08 juillet 2021 à l’Hôpital Ducuing de Toulouse.
- Sarah Nicaise, présentation du projet de recherche ANR EGALITES-Covid au séminaire du LaSSP, le 22 octobre 2021 à l'IEP Toulouse 1.

Publications :
Deux propositions d'articles acceptées (en cours d'écriture) pour le n°128 de la revue Empan consacré à La santé des pauvres. Les inégalités sociales de santé aux temps de la Covid-19:
– Sarah Nicaise, Alfonsina Faya Robles, Soutenir en temps de crise. Reconfigurations de l'aide aux populations précaires pendant le premier confinement.
– Grégory Beltran, Accès aux soins des populations migrantes et pandémie : inégalités installées, difficultés aggravées.

En s’appuyant sur des approches théoriques et méthodologiques issues de l’anthropologie et de la sociologie, et à travers un cadre d’analyse empruntant également aux sciences politiques, ce projet de recherche interdisciplinaire propose d’analyser les effets de la COVID-19 sur des populations habitant en squats de pauvreté. Notre objectif est de documenter les pratiques mises en place par les occupant.es de ces lieux (collectifs ou familiaux) illégaux pendant la période de pandémie pour se protéger et protéger les autres de la contamination et d’appréhender l’appropriation différentielle, multiforme et diachronique des mesures sanitaires parmi cette population précaire, très majoritairement migrante.
Cette enquête de terrain aura pour but principal 1) de retracer les trajectoires de soins de personnes contaminées ou « cas contacts » pendant les différentes étapes de l’urgence sanitaire (premier confinement, période de couvre-feu, deuxième confinement) et d’analyser, en leur sein, les formes de socialisation en santé dans leur permanence ou leur recomposition, 2) de mieux appréhender le rôle des pouvoirs publics, des associations humanitaires et des collectifs militants dans le soutien et la prise en charge socio-sanitaire de ces populations vivant en squats (transmission d’informations médicales, mise en place de protocoles sanitaires, prise en charge des cas de contamination etc.).
Il est important de mener cette enquête alors que l’épidémie est encore active, afin de récolter des données fiables et précises à travers des observations et des entretiens. Compte tenu de la période de déroulement de l’enquête, l’étude s’intéressera également aux discours et aux pratiques autour de la vaccination et de son accessibilité pour les personnes éligibles habitant dans ces lieux.

Coordination du projet

Christine Mennesson (Institut Fédératif d'Etudes et de Recherches Interdisciplinaires Santé Société)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

CERPOP (ex-LEASP) Centre d'Epidémiologie et de Recherche en santé des POPulations
IFERISS Institut Fédératif d'Etudes et de Recherches Interdisciplinaires Santé Société
IHPST Institut d'Histoire et de Philosophie des Sciences et des Techniques

Aide de l'ANR 77 421 euros
Début et durée du projet scientifique : mai 2021 - 12 Mois

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