CE41 - Inégalités, discriminations, migrations

UNEQUALCITIZEN – UNEQUALCITIZEN

Résumé de soumission

Nous savons depuis longtemps que les citoyens ne sont pas véritablement égaux : les plus aisés, les plus éduqués et les plus intégrés socialement participent plus intensément et sont plus enclins à voir leurs préférences être mises en œuvre dans les politiques publiques. Malgré le renouveau de l’intérêt pour la démocratie dans le débat intellectuel et dans les sphères institutionnelles, le caractère socialement situé des conceptions de la démocratie et des réformes institutionnelles souhaitées a souvent été ignoré. Dans un contexte de montée des inégalités, cela revient à légitimer les conceptions de la démocratie des acteurs dominants et à ignorer les aspirations des groupes les plus vulnérables.

C’est pourquoi le projet UNEQUALCITIZEN se penche sur l’influence des inégalités sociales et politiques sur les conceptions du système politique dans les démocraties européennes. Dans quelle mesure les ces inégalités contribuent-elles à expliquer la variété des conceptions des citoyens sur leur système politique et leurs positionnements sur la démocratie représentative et ses alternatives ?

Nous faisons comme hypothèse principale que les plus défavorisés socialement et marginalisés politiquement, bien que particulièrement insatisfaits de la démocratie représentative, ne souhaitent pas la fin de la représentation politique ou de la démocratie qui restent des horizons indépassables. Ils soutiennent en revanche l’instauration de mécanismes visant à contrôler et à pouvoir sanctionner des représentants politiques afin de mettre en œuvre l’intérêt général entendu comme la volonté du peuple. Nous faisons également l'hypothèse que les institutions nationales façonnent fortement les conceptions des citoyens sur leur système politique. Plutôt que de s’arrêter aux habituels questionnements sur la confiance ou la défiance envers les institutions, ce projet a pour originalité d’étudier de front les conceptions normatives de ce qui constitue un "bon" système politique parmi les citoyens des démocraties consolidées en Europe. Il vise d'abord à identifier les conceptions idéales-typiques des citoyens sur leur système politique. Il vise ensuite à reconstruire les discours associés à ces conceptions et à analyser leurs fondements normatifs, tout en prêtant une attention particulière aux caractéristiques nationales et individuelles des différents discours et à la question des conflits et des ambivalences traversant ces aspirations contradictoires.

Trois obstacles scientifiques expliquent notre connaissance encore très parcellaire de ces conceptions diverses. Le premier est le manque de comparabilité des protocoles de recherche existants, aboutissant à des résultats souvent contradictoires. Le deuxième obstacle vient du manque d’approches combinant approches qualitatives et quantitatives, en dépit de leur complémentarité. Le troisième et dernier obstacle, théorique, résulte d’un certain désintérêt pour les apports de la théorie politique qui fournit pourtant des concepts clés pour comprendre les conflits normatifs sur la démocratie et la représentation politique.

Pour dépasser ces obstacles, le projet propose une approche comparative et l’usage de méthodes mixtes. Il combine des données de sondage recueillies dans 12 démocraties européennes et des entretiens semi-directifs approfondis en France, en Belgique et en Italie avec des citoyens et des activistes issus de mouvements questionnant la démocratie représentative (les Gilets jaunes, « Tout autre chose », et le Mouvement Cinq Etoiles). La comparaison vise à explorer le rôle des contextes spécifiques. Les méthodes mixtes nous permettront d’étudier les conflits normatifs et l’articulation des caractéristiques nationales, sociales et politiques avec les discours idéal-typiques sur le système politique. Enfin, la mobilisation de travaux de théorie politique portant notamment sur la représentation permettra d’analyse les conflits normatifs structurant ces aspirations contradictoires.

Coordination du projet

Camille Bedock (CENTRE ÉMILE-DURKHEIM - SCIENCE POLITIQUE ET SOCIOLOGIE COMPARATIVES)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

Université Libre de Bruxelles / Centre d'études de la vie politique (CEVIPOL)
Unibo Università di Bologna / Dipartimento di Scienze Dell'Educazione "Giovanni Maria Bertin"
PACTE Pacte - Laboratoire de sciences sociales
CED CENTRE ÉMILE-DURKHEIM - SCIENCE POLITIQUE ET SOCIOLOGIE COMPARATIVES

Aide de l'ANR 228 664 euros
Début et durée du projet scientifique : septembre 2021 - 36 Mois

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