CE37 - Neurosciences intégratives et cognitives

Dyamique des circuits neuronaux contrôlant la persistance de l’évitement actif de lieu. – NEURAVOID

Résumé de soumission

Le trouble de stress post-traumatique (TSPT) est le quatrième diagnostic psychiatrique le plus répandu englobant trois groupes de symptômes: ré-expérience de l'événement traumatique, les symptômes d'évitement et l'hypervigilance. Le TPST se caractérise par un taux élevé de résistance au traitement et une variabilité interindividuelle, avec une prévalence et une gravité accrues chez les femmes. Le traitement le plus efficace du TPST consiste en une thérapie comportementale telle que la thérapie d'exposition. Cependant, l’évitement excessif et persistant des signaux liés au traumatisme (personnes, conversations, lieux, situations) contribue au maintien du TSPT en empêchant les patients de réévaluer leur perception du danger. L'atténuation des symptômes d'évitement est donc une condition préalable pour améliorer le résultat de la thérapie d'exposition. Contrairement à l'étude des réactions défensives pavloviennes (comme le comportement d’immobilité en réponse à un stimulus conditionné), l'évitement actif et son corrélat neuronal sont mal connus. Des travaux récents chez le rongeur suggèrent que l'évitement actif implique des régions cérébrales profondes telles que l'amygdale, le striatum ventral et les centres moteurs du mésencéphale. En revanche, le gyrus denté de l'hippocampe - une région cérébrale impliquée dans l'apprentissage et la mémoire, la navigation spatiale et l'émotivité - joue un rôle important dans la prévention de la persistance (mais pas l’acquisition) de l'évitement actif. Ceci est particulièrement important car les études de neuroimagerie chez des patients souffrant de TSPT indiquent que l'hippocampe est un site critique de vulnérabilité au stress. Le projet NEURAVOID vise à étudier comment l'hippocampe et son partenaire en aval, le septum latéral, empêchent l'évitement persistant de lieu en inhibant l'activité du striatum ventral. Nous utiliserons des outils optogénétiques chez des souris mâles et femelles libre de mouvement pour caractériser ce circuit neuronal avec une haute précision spatiale et temporelle. Ces approches seront mises en œuvre dans un paradigme d'évitement de lieu actif pour (i) déterminer si l'activité des neurones du septum latéral se projetant vers le striatum ventral prédit la persistance de l'évitement actif de lieu; (ii) caractériser le microcircuit du septum latéral qui lie l’hippocampe et le striatum ventral et qui contrôle la persistance de l'évitement actif de lieu; (iii) concevoir un système en boucle fermée dans ce circuit pour empêcher la persistance de l'évitement actif de lieu en temps réel. À court terme, nous espérons que ces résultats guideront les études d'imagerie cérébrale fonctionnelle afin d'optimiser la réponse au traitement chez les patients hommes et femmes souffrant de TSPT. À long terme, nous espérons que ce travail contribuera à affiner les protocoles de stimulation cérébrale profonde ainsi que les interfaces cerveau-machine pour freiner les comportements d'évitement excessifs dans le TSPT.

Coordination du projet

Antoine Besnard (Institut de génomique fonctionnelle)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

IGF Institut de génomique fonctionnelle

Aide de l'ANR 299 331 euros
Début et durée du projet scientifique : septembre 2021 - 48 Mois

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