CE32 - Dynamique des socio-écosystèmes et de leurs composants en vue de leur gestion durable

Les interactions entre l'établissement des arbres et la gestion contrôle la répartition des forêts de plaine avec le changement climatique – SEEDFOR

Résumé de soumission

A quoi ressembleront les forêts tempérées dans 100 ans ? Et au-delà ? Pouvons-nous, et devons-nous, gérer les forêts en prévision du changement climatique ? Ces questions sont cruciales, les forêts étant l’un des écosystèmes les plus importants sur terre, notamment par ce qu’elles sont des points chauds de biodiversité et un important puits de carbone terrestre. Les forêts couvrent 31% du territoire français métropolitain et sont gérées afin de répondre à la demande en bois et aux exigences environnementales. C’est particulièrement vrai pour la forêt feuillue tempérée de plaine européenne, caractérisée par des espèces comme Fagus sylvatica, Quercus robur ou Quercus petraea. Ces espèces à haute valeur économique occupent environ 67% de la surface en France. Par ailleurs, la valeur écologique et patrimoniale de ce biome est forte, comme en témoigne la création récente du premier parc national en zone de forêt feuillue de plaine en France. Cependant, l’avenir et la survie de ces forêts pour le siècle à venir est sujet à de nombreuses interrogations. Les prédictions issues des modèles climatiques indiquent une augmentation drastique de la température ainsi que de la fréquence et intensité des sécheresses, qui affecteront la survie des essences qui les composent. Des études scientifiques basées sur des modèles bioclimatiques prédisent une substitution de ces espèces par d’autres plus adaptées aux contextes secs, mais à plus faible valeur économique (Quercus pubescens, Q. ilex).

Les forêts tempérées sont composées de gros arbres, sur lesquels des efforts de recherche considérables ont été entrepris afin d’anticiper leur réponse au changement climatique. Des outils tels que l’inventaire forestier appartenant à l’institut national de l’information géographique et forestière permettent de construire à large échelle des modèles de dynamique forestière future. De prime abord, il semble que les scientifiques soient équipés pour prédire la façon dont les forêts vont évoluer. Néanmoins, nous avons très peu de données et de connaissances sur le stade le plus sensible de toute forme de vie : les juvéniles. C’est pourquoi, afin de prédire le comportement des arbres adultes de demain, nous devons comprendre les arbres juvéniles d’aujourd’hui, et particulièrement leur sensibilité au changement climatique.

Dans le projet SEEDFOR, nous combinons des expériences de semences, des capteurs climatiques et des techniques de modélisation informatiques poussées pour projeter le futur de la forêt feuillue tempérée de plaine en France. Premièrement, nous sèmerons plusieurs graines d’arbres sous différentes conditions climatiques, en utilisant des graines de deux provenances (climat référence, climat sec). L’objectif premier est de comprendre si certaines graines et juvéniles sont plus adaptées que d’autres aux conditions plus sèches. Dans un second temps, nous mettrons à contribution les données issues d’un réseau de suivi de placettes pour comparer l’aire climatique potentielle pour l’établissement d’un juvénile et l’aire de distribution réelle de l’espèce. Ensuite, nous évaluerons si le climat est une contrainte pour le recrutement de jeunes arbres, ou bien si d’autres facteurs (prédation des graines, herbivores) sont les contraintes principales. Enfin, nous imaginerons des scenarios de gestion forestière dans un modèle de simulation de dynamique forestière. Cela fournira des informations cruciales sur le potentiel de récolte et l’intérêt de planter des graines adaptées au changement climatique. Toutes ces informations permettront d’apporter des réponses à notre principal défi : Serons-nous en mesure de conserver des forêts feuillues tempérées dans un environnement plus chaud ?

Coordination du projet

, JOSE MARIA SERRA DIAZ (SILVA)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

SILVA SILVA

Aide de l'ANR 298 024 euros
Début et durée du projet scientifique : - 48 Mois

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