CE28 - Cognition, éducation, formation

Auto-affirmation, normes sociales d’intégration et attitudes envers les immigrés chez les adolescents – AFFIRMATIF

Résumé de soumission

Dans ce programme de recherche, nous utilisons une approche pluridisciplinaire (psychologie sociale et sociologie de l'éducation) pour examiner à la fois les facteurs socioculturels et les mécanismes psychologiques des préjugés, chez les adolescents. Plus spécifiquement, nous examinons comment les normes d'intégration sociale façonnent les préjugés envers les immigrés chez les adolescents. Les normes d'intégration décrivent et prescrivent les façons dont les immigrés et les autres groupes minoritaires sont autorisés à exprimer les marqueurs de leur culture (par exemple, la religion) dans la société d'accueil. Ces normes d'intégration peuvent être plus ou moins favorables à l'immigration et peuvent favoriser ou freiner les préjugés envers les immigrés. Les normes d'intégration renvoient à l'opinion majoritaire sur l'intégration des immigrés (par exemple, "La plupart des Français pensent que les immigrés doivent renoncer à leurs coutumes et traditions"). Les adolescents peuvent connaître ou pas ces normes d'intégration sociale et ils peuvent être personnellement en accord ou en désaccord avec ces normes. Est-ce que les normes d'intégration sont liées aux préjugés envers les immigrés, chez les adolescents ?

Si au niveau collectif, les politiques d'intégration européennes et nationales créent des contextes normatifs favorables ou défavorables aux immigrés, au niveau individuel, les mécanismes psychologiques des préjugés peuvent être modulés par des stratégies d'intervention spécifiques définies en psychologie sociale. En particulier, les interventions basées sur la théorie de l'auto-affirmation ciblent le ressenti de menace de la part de l’immigration et les réactions défensives en termes de préjugés. En effet, les immigrés peuvent être perçus par les adolescents comme une menace culturelle ou économique et ce sentiment négatif peut conduire à des attitudes intergroupes négatives. Selon la théorie de l’auto-affirmation, si les individus peuvent se focaliser sur leurs ressources personnelles /collectives, sur leurs valeurs et réalisations importantes, le sentiment de menace peut être diminué et les préjugés peuvent être réduits. Cependant, les techniques d'auto-affirmation peuvent diminuer ou augmenter la saillance de l'identité sociale et influencer ainsi le lien entre normes et préjugés.

Dans ce programme de recherche, nous avons comme objectifs : (a) d'étudier comment les normes d'intégration des immigrés sont associées aux préjugés chez les adolescents, avec une enquête sur un échantillon représentatif (b) d'examiner comment l'affirmation de soi et l'affirmation de groupe modèrent l'impact des normes d'intégration sur les préjugés envers les immigrants, et (c) de tester une intervention sociale basée sur des procédures d'affirmation, dans des écoles secondaires. Trois laboratoires de recherches y sont impliqués : (1) le LAPPS (Laboratoire Parisien de Psychologie Sociale), Université Paris Nanterre, dont la mission est de porter ce programme, d’assurer la coordination des études et la dissémination des résultats ; (2) l’URMIS (Unité de recherche « Migrations et Sociétés »), Université de Nice, qui assure la réalisation de l’enquête de terrain ainsi que le contact avec les professionnels de l’Éducation Nationale ; (3) le LAPSCO (Laboratoire de Psychologie Sociale et Cognitive), Université de Clermont-Auvergne, qui dirige les études expérimentales et réalisent en collaboration avec le LAPPS la mise en place de l’intervention sur le terrain.

La collaboration avec l’Institut National Supérieur du Professorat et de l’Éducation, de l’Académie de Nice, représente un important atout pour notre projet. La restitution des résultats aux équipes enseignantes et dans le cadre du programme académique de formation en tant que formation continue constitue une phase importante du projet visant à répondre à la demande de divulgation scientifique des programmes ANR.

Coordination du projet

CONSTANTINA BADEA (LABORATOIRE PARISIEN DE PSYCHOLOGIE SOCIALE)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

LAPSCO LABORATOIRE DE PSYCHOLOGIE SOCIALE ET COGNITIVE
University of California / Sherman lab
Université Côte d'Azur - URMIS
LAPPS LABORATOIRE PARISIEN DE PSYCHOLOGIE SOCIALE

Aide de l'ANR 187 181 euros
Début et durée du projet scientifique : décembre 2021 - 36 Mois

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