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Diversité religieuse et traditions au Burkina Faso : enjeux historiques et actuels – DivTradBF

Diversité religieuse et traditions au Burkina Faso

Diversité religieuse et traditions au Burkina Faso : enjeux historiques et actuels (DivTrad_BF)

Interroger l'histoire et la comtemporanéité des notions de tradition et de religion traditionnelle

Ce projet a pour objectif d’interroger l’ambiguïté entre les notions de tradition et de religions traditionnelles, souvent dénommées par un même terme dans les langues locales au Burkina Faso. Partant de ce constat, et au lieu de se focaliser sur des entités conceptuelles définies au préalable, il propose une approche pragmatique et épistémologique des pratiques et discours d’artistes, intellectuels, cadets et notables coutumiers, pour observer la mise en relation de la tradition et des religions du terroir, et interroger les enjeux de leurs réappropriations. Loin d’être relégués au passé, les débats sur ce que sont la religion traditionnelle et/ou la tradition restent d’actualité dans la société burkinabè. Il s’agit ainsi de questionner les enjeux historiques et contemporains de ces « traditions » au sein de la diversité religieuse burkinabè. Comment les glissements, limites et similitudes entre religion traditionnelle et tradition s’opèrent-ils dans les pratiques et les discours des acteurs ? Dans quelle mesure se réapproprient-ils la « tradition » ? Et comment cela fait-il sens dans le contexte actuel du Burkina Faso ? Les religions traditionnelles sont de nos jours très attendues dans la lutte contre l’extrémisme violent sans que l’on puisse spécifier clairement quelle pourrait être leur contribution. Il s’agit d'étudier les positions multiples vis-à-vis de la tradition et des religions traditionnelles des acteurs dans des processus sociaux, politiques et historiques précis. Afin de répondre à ces questions, le projet a été organisé autour de cinq axes (WP) : WP1. Les discours des élites politiques et intellectuelles ; WP2. Les arts de la scène ; WP3. La chefferie ; WP4. Des pratiques « ordinaires » comme la nomination ; WP.5 Les ré-articulations de la tradition et sa patrimonialisation en milieu rural. Le projet DivTrad_BF s’appuie sur une équipe française (IRD-Imaf) et une équipe allemande (Université de Mainz, Ifeas) qui co-encadrent quatre étudiants en Master au Burkina Faso et qui collaborent également avec des chercheurs (INSS/CNRST ; Université Joseph Ki-Zerbo) et des artistes burkinabè, à la fois dans les phases de recherche de terrain, les réflexions méthodologiques et dans la valorisation de la recherche.

Ce projet rassemble des chercheurs issus de plusieurs horizons disciplinaires, notamment de la socio-anthropologie, de l'histoire et de la littérature comparée/études théâtrales. Tous interrogent les notions de traditions et de religions traditionnelles selon les méthodologies qui sont propres à leurs disciplines, mais qui ont en commun une approche qualitative et la nécessité de passer par une étape de recherche empirique sur le terrain, en l'occurence au Burkina Faso.
La collecte de données qualitatives sur le terrain est également à la base de la démarche des artistes qui collaborent avec les chercheurs dans le projet DivTrad_BF. Le projet comprend ainsi une démarche méthodologique de recherche-création en collaboration avec le collectif de théâtre de rue ACMUR et le conteur KPG. Cette collaboration passe par des enquêtes de terrain communes, des sessions de travail autour de l'écriture de pièces composées dans le cadre du projet en lien avec les recherches, l'organisation de deux workshops au début du projet à mi-parcours.

Le projet étant actuellement à mi-parcours, il est encore prématuré de donner des résultats scientifiques définitifs. Néanmoins, les activités organisées dans la première phase du programme mettent en avant les multiplicités des usages sociaux de la notion de tradition dans la société burkinabè. Des recherches de terrain ont ainsi pu être menés dans les 5 WP du projet et leur avancement présenté dans les deux workshops organisés à Ouagadougou. Dans le Yatenga, une rencontre des buguba, une exposition photographique itinérante et un concours de dessin scolaire ont été organisés. Enfin, une pièce de théâtre-débat («Les traditions du futur«) a pu être jouée plusieurs fois au Burkina Faso en 2022, et ce processus documenté. Parallèlement un groupe de 4 étudiants de Master (histoire, études théâtrales, littérature comparée et anthropologie) a pu être constitué et co-encadré par des enseignants-chercheurs de leurs universités d'inscription et des chercheurs membres du projet.

Dans la période à venir, les chercheurs vont poursuivre leurs activités de terrain, tout en travaillant sur une publication commune, sous forme d’ouvrage collectif et/ou d’un numéro spécial de revue. Un nouvel axe de recherche commun à plusieurs membres de l’équipe, et qui rejoint celui sur la nomination (WP.4) se dégage autour des religions, des traditions et des nouvelles configurations familiales. Cet axe permet ainsi d’explorer la manière dont la pluralité religieuse et les pratiques traditionnelles s’articulent dans le quotidien de familles burkinabè, notamment de familles « mixtes » sur le plan religieux. Les travaux sur les prénoms et sur les nouvelles formes de mariage s’inscrivent dans cette perspective. Les chercheuses travaillant sur ces questions envisagent, en plus des publications scientifiques, de mener une recherche photographique avec un artiste burkinabè. Nos partenariats avec des artistes nous ont conduit à approfondir la méthodologie de la recherche-création, actuellement en plein développement. Dans cette perspective, nous envisageons d’organiser en 2023 une journée d’étude à Paris, axée sur des questions méthodologiques et théoriques. Un événement scientifique final sera également organisé en juin 2024.

Les productions scientifiques seront mises en ligne sur le site du projet (en cours de construction)

2021, Katrin Langewiesche, « L’enquête ethnographique comme performance. Comment les collaborations avec des artistes façonnent les recherches », Ateliers du 27-30/9/2021 L’engagement ethnographique – observer, décrire et comprendre l’expérience humaine, Université de Genève

2022, Katrin Langewiesche, présentation du projet lors du Colloque « Pour une Europe des Sciences humaines et sociales, 15 ans de recherche Franco-allemande », 14-15 juin 2022, Paris

2022, Film « Rencontre des Buguba », 15 minutes

Ce projet prend pour point de départ l’ambiguïté entre tradition et religions traditionnelles, souvent dénommées par un même terme dans les langues locales au Burkina Faso. Partant de ce constat, il propose une approche pragmatique et épistémologique des pratiques et discours d’artistes, intellectuels, cadets et notables coutumiers, pour observer la mise en relation de la tradition et des religions du terroir, au lieu de se focaliser sur des entités conceptuelles définies au préalable, et interroger les enjeux de leurs réappropriations.
Loin d’être relégués au passé, les débats sur ce que sont la religion traditionnelle et/ou la tradition demeurent d’actualité dans la société burkinabè. Ce projet ambitionne ainsi de questionner les enjeux historiques et contemporains de ces « traditions » au sein de la diversité religieuse burkinabè. La question principale porte ainsi sur les relations que ces concepts font exister, ce qu’ils neutralisent, réarrangent ou perturbent dans la société burkinabé. Comment les glissements, limites et similitudes entre religion traditionnelle et tradition s’opèrent-ils dans les pratiques et les discours des acteurs ? Dans quelle mesure se réapproprient-ils la « tradition » ? Et comment cela fait-il sens dans le contexte actuel du Burkina Faso ?
Le Burkina Faso avec ses différentes traditions religieuses et culturelles semble être un bon laboratoire pour penser la diversité, les rencontres et les interactions, bien que les études portant sur les développements actuels des religions traditionnelles au Burkina Faso soient rares. Les religions traditionnelles y sont par ailleurs de nos jours très attendues dans la lutte contre l’extrémisme violent sans que l’on puisse spécifier clairement quelle pourrait être leur contribution. Il s’agira d'étudier les positions multiples vis-à-vis de la tradition et des religions traditionnelles des acteurs dans des processus sociaux, politiques et historiques précis. Comment réinvestissent-ils la religion traditionnelle dans un moment de rupture dans l'histoire du Burkina Faso, actuellement marqué par une montée du terrorisme, des incertitudes politiques majeures et des tensions intercommunautaires particulièrement inquiétantes ?
Cinq axes (WP) permettront de mener à bien ce projet : les discours des élites politiques et intellectuelles, les arts de la scène, la chefferie, des pratiques « ordinaires » comme la nomination et, enfin, les ré-articulations de la tradition et sa patrimonialisation en milieu rural. Il s’appuiera sur une équipe française (IRD-Imaf) et une équipe allemande (Université de Mainz, Ifeas) qui co-encadreront des étudiants en master au Burkina Faso et qui prévoient également des collaborations avec des artistes burkinabè, à la fois dans les phases de recherche de terrain, les réflexions méthodologiques et dans la valorisation de la recherche.

Coordination du projet

Alice Degorce (Institut de recherche pour le développement)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

IRD Institut de recherche pour le développement
Johannes Gutenberg Universität Mainz

Aide de l'ANR 382 649 euros
Début et durée du projet scientifique : août 2021 - 36 Mois

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