COVID-19 - Coronavirus disease 2019

Distanciation sociale et évolution des préférences sociales en période de crise sanitaire aigüe – DISTANCING

Résumé de soumission

Le projet s’inscrit dans la priorité Éthique - Sciences humaines et sociales et le sous-thème Représentations, perceptions, attitudes, comportements relatifs à l’épidémie.

Contexte. Pour lutter contre la pandémie actuelle de coronavirus, les gouvernements de la plupart des pays développés mettent en œuvre des mesures drastiques de confinement des populations, afin de créer de la distanciation sociale et limiter la contagion. Compte tenu du caractère inédit de la situation de crise sanitaire actuelle et de son ampleur mais aussi de l’ampleur des mesures de lutte contre l’infection et de protection des populations, notre connaissance de l’impact de telles mesures de distanciation sociale sur les préférences sociales des individus est nulle. Or, il importe de savoir si la pro-socialité des individus, leur capacité de faire confiance à autrui ainsi que les normes sociales vont être affectées par la pandémie et les mesures de confinement, et si oui, dans quelle direction (renforcement des préférences sociales ou repli égoïste). Cette modification probable des préférences fondamentales pour la vie en société pourrait avoir des effets induits dans de nombreux domaines économiques et sociaux de la prise de décision dans le futur, bien au-delà de la fin de la pandémie.

Objet de l’étude. Notre objectif est d'étudier comment la pandémie de coronavirus en cours (COVID-19) et les politiques publiques massives et drastiques de distanciation sociale mises en œuvre pour freiner la propagation du virus (confinement à partir du 16 mars 2020 et possiblement couvre-feu dans le futur si la situation s'aggrave) affectent les préférences sociales des individus (précisément, leur pro-socialité, leur confiance en autrui, et leur perception de la norme concernant la violation de la règle de distanciation sociale). La question de recherche est d'étudier si le repli sur soi imputable à l'enfermement, à l'isolement social et la peur de la contagion conduit les individus à développer des préférences plus égoïstes et à faire moins confiance aux autres. Au contraire, il est possible que les individus renforcent leurs usages des réseaux sociaux pour rester en contact avec les autres et développent de la compassion vis-à-vis des victimes ; dans ce cas, les individus pourraient développer des préférences plus pro-sociales et faire plus confiance aux autres. La résultante de ces changements est inconnue. L’étude pourra déterminer quelles évolutions en matière de préférences sociales vont résulter de cette crise sanitaire majeure et inédite. L’interrogation est aussi un test important pour l’économie comportementale qui admet la malléabilité des préférences contrairement à l’approche standard qui suppose les préférences stables.

Méthode. L'étude repose sur une démarche d'économie comportementale et expérimentale permettant d'éliciter les préférences sociales des individus à travers la prise de décisions incitées monétairement. Nous prévoyons de mener une expérience en ligne avec environ 350 participants qui se connecteront chaque semaine du 18 mars au 24 juin sur notre site (15 sessions). Chaque session sera similaire et comprendra un test d’orientation en termes de valeurs sociales (SVO ; Murphy et al., 2011), un jeu de confiance et un questionnaire pour mesurer le degré de distanciation sociale avec la famille et les amis, et la norme sociale face à la violation de la règle de distanciation. Ces mesures permettront d'identifier le degré de pro-socialité de l'individu, sa propension à faire confiance à autrui et à réciproquer cette confiance, sa perception de la norme sociale en matière de violation de la règle de distanciation sociale. La répétition des mesures chaque semaine pendant 3 mois permettra de mesurer l’évolution des préférences en fonction du durcissement des mesures de confinement puis de leur levée.

Coordinateur du projet

Madame Marie Claire Villeval (GROUPE D'ANALYSE ET DE THEORIE ECONOMIQUE LYON - ST-ETIENNE)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

GATE GROUPE D'ANALYSE ET DE THEORIE ECONOMIQUE LYON - ST-ETIENNE

Aide de l'ANR 28 620 euros
Début et durée du projet scientifique : - 12 Mois

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